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Si les tendances se maintiennent pour le maïs-grain



En juillet 2003, j’ai diffusé un texte dans la revue Grandes Cultures (devenue depuis la revue Grains) dont le titre était : « Maïs-Soya : Si les tendances se maintiennent… ». Dans ce texte, j’analysais les tendances des variations des rendements de maïs-grain et de soya pour les régions du Québec et de l’Ontario pour la période s’échelonnant de 1991 à 2001.

Selon mon analyse réalisée en 2003, laquelle était basée sur une courbe de tendance des rendements de 1991 à 2001, les rendements moyens du maïs-grain au Québec avaient progressé de 6266 kg/ha en 1991 à 7304 kg/ha en 2001. Cette augmentation de 1038 kg/ha sur 11 ans représentait une augmentation annuelle moyenne de 94 kg/ha ou 1,5 % annuellement. Chez nos voisins ontariens, les rendements moyens de maïs-grain observés au cours de la même période étaient de 6860 kg/ha en 1991 et de 7280 kg/ha en 2001, soit une progression de 420 kg sur 11 ans représentant donc une augmentation annuelle moyenne de 38 kg/ha ou de 0,6 % par année. En 2001, les rendements moyens observés de maïs-grain étaient donc pratiquement égaux dans les deux provinces.
Toujours dans mon texte de 2003, j’avançais l’hypothèse que si les tendances se maintenaient, les rendements en maïs-grain devraient continuer à progresser, mais peut-être de façon moins soutenue que ce qu’on avait observé au cours de la décennie 1991-2000.

Que s’est-il passé depuis l’an 2000?
Pour répondre à cette question, j’ai établi des courbes de l’évolution des rendements moyens pour les deux provinces au cours des vingt dernières années, soit pour la période de 2000 à 2019 à partir des données de Statistiques Canada. Selon la courbe de tendance des rendements de 2000 à 2019 du Québec, les rendements moyens du maïs-grain ont progressé de 6789 kg/ha en 2000 à 9907 kg/ha en 2019. Cette augmentation de 3118 kg/ha sur 19 ans représentait une augmentation annuelle moyenne de 164 kg/ha ou de 2,4 % par année. Chez nos voisins ontariens, les rendements moyens observés de maïs-grain au cours de la même période étaient de 7119 kg/ha en 2000 et de 10763 kg/ha en 2019, soit une progression de 3644 kg sur 19 ans représentant donc une progression annuelle moyenne de 192 kg/ha ou de 2,7 % par année.

Pour leur part, et toujours selon une courbe de tendance des rendements de 2000 à 2019 déterminée à partir des chiffres du Département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), nos voisins américains ont obtenu des rendements moyens de 6698 kg/ha en 2000 et de 8510 kg/ha en 2019. Cela représentait une progression annuelle de 95 kg/ha ou de 1,4 % par année.

L’hypothèse que j’avais avancée en 2003 à savoir que si les tendances se maintenaient à ce rythme, les rendements en maïs-grain devraient continuer à progresser, mais peut-être de façon moins soutenue que ce qu’on avait observé au cours de la décennie 1991-2000 a donc été vérifiée, et même largement dépassée. En effet, la progression annuelle des rendements est passée de 1,5 à 2,4 % au Québec respectivement pour les périodes de 1991 à 2001 et de 2000 à 2019. Pour les mêmes périodes, cette progression a été de 0,6 et de 2,7 % en Ontario. Toute une amélioration?

Comment peut-on expliquer de telles augmentations de rendements au cours des deux dernières décennies? Les deux dernières décennies correspondent, entre autres, à l’expansion des superficies de maïs génétiquement modifié. De 2000 à 2019, les superficies de maïs génétiquement modifié sont passées de 25 à plus ou moins 90 %. L’utilisation accrue de cette technologie n’explique pas à elle seule la progression des rendements. L’amélioration des pratiques agricoles explique, sans doute, une certaine fraction de l’amélioration des rendements.

Bien sûr, il y a eu des fluctuations annuelles au cours des 20 dernières années. Nous avons vécu plusieurs belles années (2007, 2010, 2015, 2016), mais aussi quelques mauvaises années (2000, 2006, 2009, 2014, 2019). Ces fluctuations font partie de la normalité des choses.

Les rendements observés en Ontario au cours des quatre dernières années (2016-2019) ont toutefois été relativement stables, variant de 9,9 à 10,5 tonnes à l’hectare. Ce n’est pas ce qui a été observé au Québec pour la même période. En effet, nous avons observé une baisse marquée et relativement stable des rendements. Les rendements de maïs-grain québécois sont passés de 10,6 à 8,9 tonnes à l’hectare au cours de la période de 2016 à 2019. Cette baisse annuelle de 500 à 600 kg/ha au cours des trois dernières années s’explique en bonne partie par des conditions météorologiques défavorables.

Suite à une progression plus forte au cours de la décennie 1990-2000, les rendements moyens du maïs-grain au Québec étaient donc similaires à ceux de l’Ontario au début des années 2000. Puis, au fil des ans au cours de la période 2000-2019, les rendements moyens ontariens ont progressé plus rapidement que les rendements québécois. Ces progressions ne pourront pas tenir éternellement, bien sûr. Mais, selon plusieurs spécialistes du maïs-grain, cette culture possède un potentiel de rendements encore inexploité. Ce plein potentiel ne pourra toutefois pas s’exprimer sans la collaboration de dame nature.

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Organisation : Direction régionale de la Montérégie-Est du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
Collaborateur(s) : Gilles Tremblay, agronome
Date de publication : 20 août 2020

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