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Pesticides et risques pour la santé. Quels moyens de protection les producteurs ont-ils à leur disposition ?

La pomiculture est la première production fruitière au Québec. Pour éliminer les ravageurs et les maladies, protéger les cultures et favoriser la productivité, l’utilisation de pesticides reste importante (MAPAQ, 2012). En ce qui a trait spécifiquement à la protection de la santé et de la sécurité (SST) des travailleurs, le cadre législatif et réglementaire, de même que les interventions des acteurs du système de SST, préconisent une approche en trois niveaux :
  1. La prévention primaire par la réduction à la source de l’utilisation des pesticides est privilégiée. Dans cette perspective, la conversion vers la production fruitière intégrée, approche systématique de production préconisant la réduction de l’utilisation et le remplacement des pesticides par diverses approches culturales, est en progression au Québec depuis les années 2000 (Chouinard, Zoghlami et Pelletier, 2008).
 
  1. La prévention secondaire, soit par la mise en oeuvre de mesure d'ingénierie comme le tracteur-cabine, principal équipement de protection collective utilisé dans la production des pommes[1], est utilisé pendant la pulvérisation des pesticides.
 
  1. La prévention tertiaire, soit la protection individuelle par les EPI (protection respiratoire, vêtements de protection cutanée, gants, bottes) est requise pour un large éventail d’autres tâches associées à une exposition aux pesticides (Garrigou, 2010). Le port de ces EPI par les utilisateurs est par ailleurs au nombre des conditions d’utilisation sécuritaire des produits homologués par l’Agence de réglementation et de lutte antiparasitaire (ARLA)[2].
 
L’approche de prévention décrite concerne le risque d’exposition aux pesticides. Cependant, d’autres risques peuvent être présents lors de l’utilisation des pesticides tel que le maniement de la prise de force du pulvérisateur, des coûts de chaleur, du stress, etc. Ainsi, comme le souligne Mohammed-Brahim et Garrigou (2009), il est important de prendre en compte l’activité de travail pour la conception de moyens de protection, et ce pour avoir un portrait réel des situations. L’approche en ergonomie permet d’aller chercher les contraintes vécues par les producteurs et ainsi connaître l’ensemble des critères à considérer pour favoriser l’adoption d’un moyen de protection (Mohammed-Brahim, 2009).
 
Au Québec, les agriculteurs ne sont pas formés spécifiquement à l’utilisation des pesticides, en termes de pratique de travail. Ils développent toutefois sur le tas des pratiques qui leur permettent de se protéger lors de l’utilisation des pesticides, nous nommons celles-ci des pratiques de protection. Ainsi, promouvoir les pratiques de protection permettrait d’offrir aux producteurs un moyen de se protéger complémentaire à l’approche de prévention existante. C’est dans cette optique que je poursuis actuellement un doctorat en ergonomie. Mon projet de thèse a pour objectif de valider l’intérêt des pratiques de protection en pomiculture permettant aux producteurs de travailler de façon sécuritaire sans hypothéquer leur santé.
 
 
  
 En ergonomie il est essentiel de recueillir le point de vue des producteurs. Ainsi, deux méthodes permettent ce recueil d’information :  
  • Les entrevues, réalisées sur l’exploitation, se déroulent sous forme de discussions. Au préalable, les chercheurs ont déterminé une liste de thèmes (informations sur l’exploitation, personnes utilisant les pesticides, formation, choix des pesticides, choix des équipements de protection, disponibilité de l’information, préparation de la bouillie, épandage, etc.) afin d’orienter les discussions, qui seront avec l’accord du producteur enregistrées pour faciliter le travail des chercheurs. Dans cette méthode, chaque élément de la discussion va permettre aux chercheurs de comprendre le contexte de travail des producteurs.
  • Les observations, réalisées pendant le travail des producteurs, permettent aux chercheurs de comprendre l’activité réelle. Avec l’accord du producteur, elles sont filmées et photographiées pour permettre une analyse à posteriori. Sans interférer dans le déroulement habituel des opérations, les chercheurs ont ainsi accès aux contraintes vécues par les producteurs (caractéristiques du pulvérisateur, des emballages, aménagement du site de remplissage, de l’entrepôt à pesticide, etc.).
 
Chaque participation est volontaire et l’ensemble des données recueillies sont anonymes.
 
Rendez-vous sur vos exploitations si vous participez à l’étude ou à la fin de mon doctorat afin que je vous présente les résultats de ma thèse. Mais en attendant, abonnez-vous à l’infolettre du domaine Santé et Sécurité du Travail afin de rester informé des nouveautés, pour votre santé et votre sécurité à la ferme.

 
Pour plus d’informations :
 « Prévention des risques liés aux pesticides chez les producteurs de pommes, état des lieux et actions à mener pour une meilleure protection individuelle »
http://www.irsst.qc.ca/publications-et-outils/publication/i/100902/n/prevention-risques-pesticides-producteurs-pommes-etat-actions
 
« Prévention de l’exposition cutanée aux pesticides par le port d’EPI : identification des facteurs facilitant et faisant obstacle au port des vêtements de protection cutanée par les producteurs de pommes québécois »
http://www.irsst.qc.ca/recherche-sst/projets/projet/i/5410/n/prevention-de-l-exposition-cutanee-aux-pesticides-par-le-port-d-epi-identification-des-facteurs-facilitant-et-faisant-obstacle-au-port-des-vetements-de-prote-2015-0036
 
En parallèle à ces projets, l’équipe de recherche a participé à l’organisation d’une journée de discussion regroupant des acteurs impliqués dans la problématique pesticides et risques pour les agriculteurs.
http://www.irsst.qc.ca/animation-pesticides-agriculture.html
 
Et un article dans le bulletin du Réseau d’Avertissement Phytosanitaire a été publié.
https://www.agrireseau.net/documents/Document_90114.pdf
 
 
Références :
Chouinard, G., Zoghlami, S., et Pelletier, F. (2008). Enquête sur l'adoption des pratiques de production fruitière intégrée (PFI) dans les différentes régions pomicoles du Québec et recommandations pour son implantation: IRDA.
Garrigou, A. (2010). Le développement de l'ergotoxicologie : une contribution de l'ergonomie à la santé au travail. (Mémoire d'habilitation à diriger des recherches), Université de Bordeaux 2.  
MAPAQ. (2012). Synthèse - Résidus de pesticides dans les fruits et légumes frais vendus au Québec 2007-2011: Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec.
Mohammed-Brahim, B., et Garrigou, A. (2009). Une approche critique du modèle dominant de prévention du risque chimique - L'apport de l'ergotoxicologie. Activités, 6(1).
Mohammed-Brahim, B. (2009). Travailler en présence de substances toxiques : un corps à corps quotidien. Corps, 6(1), 53-59.
 
[1] Les systèmes de préparation automatisée de la bouillie sont utilisés dans certaines grandes cultures, mais pas dans la production des pommes.
[2] LPA : Loi sur les produits antiparasitaires, L.C. 2002, ch. 28; Santé Canada http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/P-
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Organisation : IRSST
Date de publication : 05 mars 2017

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