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Grandes cultures, Avertissement No 1, 16 avril 2021

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Grandes cultures
 
7 ASTUCES EN CE DÉBUT DE SAISON POUR PROTÉGER LA SANTÉ DE VOS CULTURES
   
 

Plusieurs actions peuvent être mises en œuvre pour prévenir et mieux contrôler les ennemis des grandes cultures tout en favorisant la rentabilité des entreprises agricoles. 

1. Planifiez vos rotations
En plus des bénéfices économiques découlant de l’amélioration de la qualité des sols, l’alternance d’au moins trois cultures différentes dans un champ donné permet de réduire la pression de certains insectesmauvaises herbes et maladies. Un sol bien structuré et riche en matière organique rend les racines moins sujettes aux maladies. Autre exemple, la rotation des cultures est très efficace pour contrôler la chrysomèle des racines du maïs. Le printemps est un bon moment pour planifier l'ensemencement d'une céréale d'automne après la culture du soya ou pour planifier vos engrais verts d’automne à la dérobée.


2. Pensez à désherber en début de saison
Les températures chaudes des derniers jours ont favorisé la germination et la croissance des mauvaises herbes. Il est donc nécessaire de prévoir dès maintenant une stratégie de désherbage puisque les cultures tirent avantage à être exemptes de mauvaises herbes au moment de la levée.

Des périodes critiques durant lesquelles les cultures doivent être préservées de cette compétition pour l’eau, la lumière et les éléments fertilisants ont été établies. Par exemple, la période critique pour le maïs s'étend du stade 2 feuilles au stade 8 feuilles. Les mauvaises herbes qui apparaîtront au-delà de ces périodes auront beaucoup moins d’impacts sur le rendement. Pour en savoir plus sur ces périodes critiques, consultez la fiche technique Désherbage de début de saison.

Un retard sur le désherbage des vivaces et des volontaires de céréales d'automne rend l’opération de désherbage plus difficile à réaliser. 

Une autre bonne raison de désherber tôt en saison est que des papillons pouvant s’attaquer à certaines grandes cultures, comme la légionnaire uniponctuée et le ver-gris noir, cherchent la présence de mauvaises herbes pour y pondre leurs œufs. Afin de prévenir la migration de chenilles vers la culture, on recommande de détruire les mauvaises herbes de 10 à 14 jours avant le semis. Dans le cas des céréales d'automne, ce délai préviendra aussi le transfert des champignons qui décomposent les racines de céréales vers les racines du maïs, ce qui pourrait causer de la fonte des semis. 

Désherbage mécanique
En 2020, le CETAB a publié 7 fiches techniques portant sur l’utilisation et l’ajustement des différents outils utilisés pour désherber mécaniquement les grandes cultures. La fiche sur les séquences de passage présente des schémas de désherbage en fonction du stade du maïs ou du soya et celui des mauvaises herbes tout en adressant certaines problématiques pouvant être rencontrées sur le terrain.

Les périodes plus froides, qui retardent l’émergence des cultures et des mauvaises herbes, ou plus sèches offrent de bonnes fenêtres pour planifier des opérations de désherbage mécanique.

Désherbage chimique
Pour les entreprises ayant recours aux herbicides, voici quelques considérations importantes :
  • La première action à poser en début de saison est de procéder à la calibration de son pulvérisateur afin de s'assurer d'appliquer la bonne dose du produit. Vous pouvez consulter les personnes accréditées pour la calibration en consultant le site Web Action-réglage
  • De façon à désherber efficacement, il est important de connaître les espèces de mauvaises herbes qui y sont dominantes pour choisir le bon traitement.
  • Les herbicides de prélevée ont une période d’action qui est généralement limitée à quelques semaines. Pour en savoir plus sur la durée d’efficacité des produits, référez-vous à l’information sur l’activité résiduelle dans les fiches des produits commerciaux sur le site Web SAgE pesticides ou, dans le cas du soya, à l’information relative à la demi-vie au sol disponible dans le tableau de l’outil OptiSoya.
  • Les herbicides de prélevée ont besoin d’eau pour être activés, on doit viser une pluie d’au moins 10 mm dans les 10 jours suivant la pulvérisation pour fixer le bon moment d’application.
  • Un dépistage post-traitement est un incontournable pour vérifier si une autre intervention serait nécessaire en cours de saison.
  • La vidéo suivante résume les principaux éléments à prendre en considération lors du dépistage :


3. Semez au bon moment et à la bonne profondeur
Un semis effectué dans un sol suffisamment ressuyé et réchauffé permet aux plantules de se développer plus vite et plus uniformément. Une levée rapide expose moins les plantules à des ravageurs des semis (comme les vers fil-de-fer et la mouche des semis) et aux maladies fongiques. Une bonne profondeur de semis favorise également une levée rapide et donne aux plants une meilleure protection vis-à-vis du gel, de la grêle ou de la sécheresse. En prenant l’exemple du canola, semer au bon moment est la meilleure façon de gérer à la fois les risques liés aux altises et à la cécidomyie du chou-fleur, les deux insectes les plus menaçants pour cette culture.

Pour déterminer si les sols sont suffisamment réchauffés pour semer, l’utilisation du thermomètre du sol est utile. Le site Web d’Agrométéo Québec est une référence intéressante pour accéder aux températures du sol à différentes stations météorologiques. Les températures minimales du sol pour la germination sont environ 3 °C (blé), 4,5 °C (orge), 6 °C (avoine), 10 °C (maïs), 12 à 15 °C (soya) et 7 à 10 °C (canola). Il faut surveiller les prévisions de températures et de précipitations afin de s'assurer que les sols se réchauffent à la suite des semis hâtifs.

La profondeur du semis doit être fixée en fonction de l'humidité. Le semoir doit être ajusté de façon à ce que les grains soient déposés sur une couche qui gardera une humidité suffisante dans la dizaine de jours suivant le semis et qu'ils soient semés à une profondeur constante au sein d'un même champ. En fonction des conditions lors du semis, la profondeur visée va varier entre 3,8 et 6,4 cm (1,5 et 2,5 po) pour le maïs et entre 2,5 et 5 cm (1 et 2 po) pour le soya.

4. Évitez le développement de résistance aux pesticides
La résistance de mauvaises herbes à certains herbicides est maintenant une réalité bien présente au Québec. Parmi les principaux moyens pour prévenir ce problème, il est important de choisir un traitement approprié pour les mauvaises herbes détectées et de s’assurer d’effectuer une rotation des groupes de résistance des herbicides utilisés. Les numéros du groupe de résistance sont indiqués sur les étiquettes des produits. Une visite au champ, après un traitement herbicide, permettra de vérifier si les mauvaises herbes ciblées ont été bien contrôlées. Si ce n’est pas le cas et que vous soupçonnez la présence de plants résistants, n’hésitez pas à vous prévaloir du service de détection de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides pour faire valider le tout. La présence de populations de mauvaises herbes résistantes exige davantage d’investissement pour les combattre et complique les programmes de désherbage.

Le principe de rotation des groupes de résistance s’applique également aux insecticides et aux fongicides.

Les insectes sont également en mesure de développer de la résistance aux hybrides de maïs Bt. C'est pourquoi leur utilisation doit être limitée qu’aux champs à risque d’être affectés par les insectes contre lesquels on désire une protection. Référez-vous à la liste des différents hybrides de maïs Bt disponibles au Canada pour en savoir plus sur les insectes qu'ils contrôlent et les exigences de refuge non-Bt. Une résistance à plusieurs protéines Bt est suspectée chez certaines populations de chrysomèles des racines du maïs en Ontario. À ce sujet, il existe une fiche technique sur la Stratégie de prévention contre la résistance de la chrysomèle des racines du maïs aux protéines Bt.


5. Informez-vous sur les facteurs de risques des maladies
Plusieurs essais menés au Québec dans les dernières années ont démontré qu’en l’absence de maladies, l’application de fongicide est rarement rentable. Comme la plupart des fongicides doivent être appliqués préventivement, comment savoir dans quels champs ces traitements seraient profitables? Dans le cas de la fusariose de l’épi, il existe un outil d’aide à la décision basé sur les conditions météorologiques et sur un modèle bioclimatique. Celui-ci est disponible sur Agrométéo Québec et présente des cartes du niveau de risque d'infection pendant les stades critiques de la culture. Dans le cas de la pourriture à sclérotes, principale maladie du soya, lorsque le temps est chaud et sec pendant plusieurs jours et que les rangs ne se sont pas refermés, les probabilités que le champ soit infecté sont minces. Le choix de cultivars résistants et une bonne connaissance des conditions favorables au développement des maladies permettent de minimiser les risques d’infestations et de prendre une décision éclairée quant à l’utilisation des fongicides. Avec les bons choix de régie, on protège son rendement, sans dépenser son argent inutilement.

Pour en savoir plus, consultez le document Avons-nous besoin de fongicides dans la culture du soya au Québec? et la fiche Maladies, mycotoxines et fongicides appliqués au champ dans le maïs grain et le maïs ensilage : que savons-nous?


6. Effectuez un dépistage des insectes
En début de saison, certains insectes, dont les vers fil-de-fer, peuvent s’attaquer aux semis. Lorsque des dommages sont constatés, il est souvent trop tard pour intervenir. Au Québec, seul un faible pourcentage des champs présente des populations de vers fil-de-fer suffisamment élevées pour justifier l’utilisation de traitements insecticides de semences. Au printemps, un dépistage des vers fil-de-fer permet d’évaluer les risques que ces insectes puissent être problématiques et ainsi prendre les moyens pour s’en prémunir. VFF QC est aussi un outil d’aide à la décision utile. Il permet d'évaluer le risque, d'identifier les ravageurs et de saisir les données de dépistage. Les vers-fil-de-fer remontent à la surface lorsque le sol se réchauffe et ils sont attirés par le dégagement de CO2 des grains en germination. Ainsi, même si le sol s’est réchauffé dans les derniers jours, il n’est pas nécessaire de se précipiter : le dépistage est réalisé au moment de la germination de la culture.

En cours de saison, d’autres insectes peuvent s’attaquer aux grandes cultures. Pour évaluer un niveau d’infestation, un dépistage rapide peut généralement être effectué et permet de déterminer si la situation requiert une intervention. Pour la majorité de ces insectes, des seuils économiques d’intervention existent et tant qu’ils ne sont pas atteints, l’utilisation d’insecticides n’est pas nécessaire ni rentable.


7. Abonnez-vous aux communiqués du RAP Grandes cultures
Le RAP est un service provincial gratuit qui a pour mission d’informer les entreprises agricoles et les autres acteurs du milieu sur l’évolution des ennemis des cultures et les meilleures stratégies de lutte pour y faire face. Même si tous les communiqués sont accessibles en ligne, la meilleure façon de se tenir informé en cours de saison est de s’abonner pour les recevoir par courriel. Les avertissements, qui sont des communiqués très courts permettant de suivre l’actualité entourant les ravageurs, sont facilement consultables à l’aide d’un appareil mobile. Vous saurez donc rapidement quels ravageurs doivent être suivis dans votre région et comment les dépister. Le RAP Grandes cultures est aussi sur Twitter (@RAP_GC).

 
Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.

      

Cet avertissement a été mis à jour en 2021 par I. Fréchette, agr. (CÉROM), en collaboration avec S. Mathieu, agr. (MAPAQ), Y. Dion, agr. (MAPAQ), V. Samson, agr. (MAPAQ), B. Duval, agr. (MAPAQ) et J. Saguez, Ph. D., chercheur (CÉROM), et révisé par Pierre-Antoine Thériault, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
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Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Réseau Grandes cultures
Date de publication : 16 avril 2021
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