Ajouté à Mes favoris.

Logo Agri-Réseau
S'informerLe savoir et l'expertise du réseau agricole et agroalimentaire
Logo Agri-Réseau
S'informerLe savoir et l'expertise du réseau agricole et agroalimentaire

S'informer

Le savoir et l'expertise du réseau agricole et agroalimentaire

Chargement en cours

Filtrer la recherche
  • Sujet(s) :
  • Production(s) :

Retour sur la saison des annuelles 2016, partie 1

Une autre saison de production qui est terminée. Voici le résumé de commentaires des serristes et les tendances qui se dégagent pour la prochaine année en 2017.
 
Sur la saison de culture
L’année 2016 s’est amorcée avec une météo plutôt clémente. En effet, par rapport à 2015, les moyennes des températures du premier trimestre ont été nettement plus élevées soit +6C, +8C et +4C pour janvier, février et mars respectivement. Alors que février 2015 avait affiché un record de froid qui ne s’était pas vue depuis 135 ans.

Le mois d’avril a été par contre plus froid que l’an dernier (-2C). Cette condition a entrainé un ralentissement des ventes hâtives pour les chaines et les centres jardins surtout vers la fin du mois ou la température frôlait le point de congélation. En mai, un réchauffement avant la fête des Mères (8 mai) a favorisé les ventes de paniers suspendus et autres potées fleuries. La fin de semaine suivante fut froide et pluvieuse. À ce moment, on notait des retards dans les livraisons de l’ordre de 30 à 60% par rapport à 2015 selon les exploitations. Heureusement, un retournement météorologique favorable a permis, à partir du 17 mai, des ventes soutenues jusqu’au début de juin. Pour la majorité des serristes, la saison 2016 fut classée comme « correcte » au point de vue des ventes et mieux que celle de 2015. Cependant au mois de mai, elle a été éprouvante en stress à cause des retards de livraison et des frais additionnels de chauffage, d’applications de fongicides et de nettoyage des plantes.

En 2017, il n’y aura pas d’écart de 14 jours entre la fête des Mères et la fête des Patriotes, ce qui veut dire que ces périodes évènementielles seront une à la suite de l’autre à une semaine d’intervalle. Cette situation peut mener à une période d’achat plus courte de la part du consommateur. Il faudra palier à cette situation avec une période de publicité plus longue (circulaires, réseaux sociaux, médias locaux et nationaux, etc) afin de demeurer dans le radar du consommateur.
 
Sur les valeurs sures en 2016
Les produits qui ont attiré l’attention du consommateur cette année tout comme en 2015 :
  • Les plants de légumes et de fines herbes;
  • Les impatiens;
  • Les plantes d’accompagnement;
  • Les plantes tropicales (ex : Déco-Style, palmiers, etc);
  • Les paniers suspendus;
  • Les géraniums sans le géranium lierre;
  • Le bégonia Rieger et les autres espèces de bégonia;
  • Les pots « prêt-à-décorer » 12, 14, 16 po.

Sur la commercialisation et les tendances
La production de plants de légumes et de fines herbes présente une croissance soutenue et se démarque ainsi des autres productions en raison de la forte demande des consommateurs. Cultiver ses légumes sur un balcon, une terrasse ou dans un potager est un espace de vie pour manger sain à la cuisine, pour en connaitre la provenance et trouver le plaisir du « faire soi-même ». Le consommateur recherche des légumes à développement rapide comme les mini-légumes. Plus de 4 Montréalais sur 10 (42%), soit environ 600 000 personnes, pratiquent le jardinage en ville. Selon le sondage Crop-Marcon de la revue Québec-Vert de septembre 2016, 50% des Québécois ont acheté des plants de légumes et de fines herbes, la valeur des achats est de moins de 50$ pour 68% des acheteurs et 70% sont intéressés à acheter des arrangements contenant des plantes potagères.

Pour le bégonia Rieger, le marché semble avoir atteint sa phase de maturité en ce sens que les ventes augmentent plus lentement et ont tendance à se stabiliser.

Les impatiens comme les SunPatiens, Bounce, les Nouvelle-Guinée de boutures et de semis sont dorénavant acceptées auprès des consommateurs. Depuis 2014, l’industrie a appris à jardiner autrement avec des plantes aussi ou sinon plus performantes et plus rentables à produire que les impatiens de jardin (Impatiens walleriana). Devrait-on remettre sur le marché de l’impatiens walleriana? Au cours des 3 dernières années, il y a eu peu de plantation d’impatiens walleriana conséquemment pas de présence de mildiou. Nos étés et nos automnes ont été relativement secs. Dans les états de la Nouvelle-Angleterre (NY, Pennsylvanie, Delaware), l’Ohio et le Maryland, le mildiou de l’impatiens a été détecté en août 2016. Le risque que l’impatiens de jardin contracte du mildiou est toujours réel. Remettre sur le marché des quantités importantes d’impatiens walleriana comporte des risques. En effet, si les plantes sont touchées par le mildiou, bien des consommateurs seront déçus par un résultat insatisfaisant de leur activité de jardinage. L’industrie doit mettre en marché des plantes à valeurs sures et éviter les plantes sujettes à des défauts dans l’environnement du consommateur.
 
Sur l’achat local = tendance forte
De nombreux consommateurs ont la perception que les annuelles sur le marché ne proviennent pas du Québec. L’achat local et de proximité sont des tendances fortes. Les serristes doivent profiter de cette opportunité. En effet, le deux-tiers des Québécois est sensible à l’achat local. Entre un produit local et un produit importé, le consommateur favorise l’achat local si le produit est de qualité et de valeur égale (estimation entre le coût du produit et la solution à son problème). Environ 55% des Québécois veulent trouver sur l’étiquette l’origine du produit. L’étiquette est un vendeur silencieux. Elle est votre contact direct avec le consommateur sur le lieu d’achat et après l’achat. Par conséquent, il est impératif d’y apposer toute l’information nécessaire sur l’utilisation et la provenance du produit. Par exemple, on voit de plus en plus d’étiquettes avec le nom du producteur, la mention « Produit du Québec », des informations sur la qualité nutritionnelle pour les légumes et les fines herbes, des logos de certification, un site web, etc. On doit féliciter ces initiatives. En terminant, 82% des consommateurs souhaitent acheter des produits/services bons pour l’environnement. C’est ce que l’on appelle la consommation « écoresponsable ». Une plante d’ici n’est-elle pas un produit écoresponsable? Pourrait-on appliquer sur l’étiquette de la plante vendue, la mention « Cette plante est un produit écoresponsable »?

Quelques références
 
Durif, F. et Boivin C. (2015). Baromètre de la consommation responsable, édition Québec 2015. Observatoire de la Consommation Responsable ESG UQAM. 27 p.
 
CROP-MARCON. (2016). Les québécois et les jardins potagers. Québec-Vert, Septembre (38) 4, p.17-19, 21-22.
 
Fortier, M. (2016, 27 et 28 août). La multiplication des légumes de bitumes. Le Devoir, Cahier B-2.
 

 


                                           -          Lire le billet suivant
Commentaires (0)
Me connecter

Organisation : Michel Senécal, agr.
Date de publication : 12 décembre 2016

Ceci est la version du site en développement. Pour la version en production, visitez ce lien.