Le bilan carbone: l’outil pour une transition énergétique à la ferme
Publié le 07 mai 2026
Marie-Josée Vézina
CRAAQ
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Mise à jour
Au cours des dernières années, plusieurs entreprises agricoles se sont engagées à améliorer leur empreinte carbone à travers la réalisation d’un bilan carbone. Ce dernier est un outil qui permet de cartographier les sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES) associées aux opérations de l’entreprise. Pour les fermes laitières, qui sont confrontées à des attentes sociétales élevées, le bilan carbone représente une étape essentielle vers la carboneutralité. Il permet d’identifier les postes d'émission les plus significatifs et, surtout, il propose des pratiques de gestion bénéfiques (PGB), soit des pistes de solutions concrètes adaptées à la ferme.
Comprendre les sources d'émissions
En moyenne, les fermes laitières Québécoises génèrent entre 0,93 et 0,95 kg d’équivalent CO2/kg de lait corrigé par le gras et les protéines (LCGP). Le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O) sont les trois principaux GES considérés dans le bilan. Si le CO2 est principalement issu de la combustion d'énergie, le CH4 résulte de la fermentation entérique et du stockage des fumiers, tandis que la production du N2O provient principalement de l’emploi d’azote sous forme d’engrais minéral ou d’effluents d’élevage. Selon le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), le secteur agricole est responsable de 75 % des émissions anthropiques de N2O au Québec. Parmi les postes d'émissions, les animaux représentent le poste générant le plus de GES, suivi de la gestion des fumiers, des champs et des intrants.
Des solutions concrètes pour les producteurs
Afin d’améliorer le bilan carbone, plusieurs stratégies sont possibles, telle une meilleure gestion du troupeau et de l’alimentation par la réduction du nombre d’animaux de remplacement ou l’ajout de fourrages ou de sous-produits alimentaires (drèche, lactosérum) à faible empreinte carbone. Pour ce qui concerne la gestion des fumiers, la diminution de la durée d’entreposage, l’épandage printanier ou encore, l’acidification des lisiers sont des pratiques qui contribuent à réduire les émissions de GES. La séquestration du carbone dans les sols agricoles ainsi que dans les arbres et arbustes est une autre solution efficace. Les sols agissent comme des puits de carbone, ce dernier se retrouvant notamment dans la matière organique. Quant aux arbres et arbustes, ils captent le carbone de l'atmosphère qu’ils stockent dans leurs racines et leurs parties aériennes.
Le rôle stratégique des plantes fourragères
Une des solutions les plus prometteuses est le retour des prairies et des plantes fourragères. En effet, ces dernières jouent plusieurs rôles essentiels : elles améliorent la santé des sols, favorisent la biodiversité et réduisent les émissions de N2O en utilisant de façon plus efficace que les autre cultures l’azote disponible durant leur croissance. De plus, selon une étude menée par des chercheurs de l’Université Laval, les émissions de N2O sous cultures pérennes sont généralement inférieures à celles sous cultures annuelles. Pour la durée de ce projet de 7 ans, les 4 rotations qui intégraient les plantes pérennes ont affiché des émissions de N2O cumulatives inférieures aux rotations composées uniquement de productions annuelles.
La sélection de pratiques de gestion bénéfiques doit se faire selon la situation et les capacités de chacune des fermes laitières. Car pour atteindre la carboneutralité, les fermes doivent sélectionner les solutions les mieux adaptées à leur contexte et avancer un pas à la fois. Pour en apprendre davantage, vous pouvez consulter la collection de 4 fiches techniques sur le bilan carbone d’une ferme, qui a été réalisée par le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ) dans le cadre du projet Agriclimat, en collaboration avec le CRAAQ.
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Ce texte a été publié originalement dans le Le Bulletin des agriculteurs en mai 2026.




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