La construction d'une serre

Crédit photo : Sébastien Roy, CRAAQ

De par la transparence de son revêtement et son armature minimale, une serre est conçue pour laisser pénétrer la plus grande quantité de lumière naturelle possible. Elle doit aussi retenir le mieux possible la chaleur (effet  de serre)  la nuit et par temps  froid, tout en étant ventilée adéquatement par temps chaud. 
 
L’emplacement de la serre
Il ne suffit pas d’ériger une serre pour y créer automatiquement une oasis de verdure ou de fleurs. Il faut bien choisir son emplacement. Qu’elle soit préfabriquée ou construite sur place, la serre est idéalement installée sur un site très ensoleillé.  Évidemment, la proximité des arbres et autres sources d’ombrage (bâtiments, etc.) est à éviter. Un emplacement bien drainé est essentiel;  la serre sera ainsi plus stable et bien au sec. Aussi, en prévision de l’hiver, le site choisi ne doit pas être propice aux fortes accumulations de neige qui occasionneraient une surcharge le long des murs de la serre. À tout le moins, la neige doit pouvoir être déblayée facilement.
 
Bien sûr, avant d’effectuer toute installation, il est recommandé de consulter les autorités municipales afin de connaître leur règlementation et les normes applicables (distances minimales de dégagement par rapport aux terrains voisins, etc.), s’il y a lieu.
 
Les fondations
Les fondations sur poteaux conviennent aux serres recouvertes d’un matériau relativement léger. Les poteaux peuvent être des piliers de béton coulés sur place, ou encore des pieux « à patio » pour éviter d’avoir à creuser et à couler du béton. Comme pour un patio, les poteaux servent d’ancrage aux poutres de de la serre qui supporteront le reste de l’armature. Les fondations des serres en verre doivent être continues et leur base placée sous la ligne de gel pour assurer la stabilité de la serre et éviter les bris.

L’armature
L’armature de la serre doit  être assez solide pour supporter  son propre poids et celui du revêtement, s’il y a lieu,  en plus de résister aux charges dues à  la neige, au vent et aux accessoires (paniers suspendus, etc.)  qui y seront éventuellement fixés.

 
SerreSerre à double feuilles de polyéthylène - plan disponible sur Agri-Réseau Banques de plans
Une armature en bois est relativement facile à réaliser par tout bricoleur possédant un certain niveau d’habileté en construction.  Le bois est un matériau économique; cependant, il nécessite un entretien régulier pour optimiser sa durée de vie. Légères et très résistantes aux charges, les structures métalliques (profilés  d’aluminium préfabriqués ou tubes d’aluminium)  ne demandent qu’un entretien minimal.  Elles ont une durée de vie plus longue que le bois, mais leur coût est plus élevé. Quant à l’acier  galvanisé, il est  surtout utilisé pour les grandes serres. La base des serres d’aluminium vendues en kit est souvent en acier galvanisé.
 
Dans le choix de l’armature de leurs serres, les serriculteurs tiennent compte du fait qu’une armature en bois fait obstacle à la lumière, diminuant ainsi la luminosité à l’intérieur de la serre. Si ce facteur est important pour les serres exploitées à des fins commerciales, il ne faut pas trop s’en inquiéter pour une serre de jardin.   
 
Le revêtement
Du point de vue de la transmission lumineuse, le verre est sans doute un des meilleurs matériaux, mais il est lourd et fragile. Il requiert une très forte armature qui repose sur de solides fondations. Pour une petite serre, il vaut mieux utiliser un autre type de revêtement.
 
Le faible coût, la légèreté et la facilité d’installation des films plastiques en font des matériaux bien adaptés pour le revêtement  d’une petite serre. Le plus connu et le plus utilisé est le film de polyéthylène. Le film de polyéthylène de serre se différencie du polyéthylène de construction de par les inhibiteurs de rayons UV qui lui sont ajoutés. Ces additifs confèrent au matériau une durée de vie plus longue, pouvant atteindre 3 ou 4 ans plutôt que seulement quelques mois. Offert en plusieurs largeurs, le film de polyéthylène est généralement utilisé en double épaisseur pour réduire les pertes de chaleur et lui assurer une meilleure tenue sur la structure. Le film de polyéthylène standard ne retient pas la chaleur aussi bien que le verre, mais il existe des films dits « thermiques », plus performants à cet égard. D’autres types de films sont également disponibles, tels les films  « anti-dégouttement » qui atténuent le problème occasionné par la condensation de la vapeur d’eau sur les films. Enfin, pour ce qui est des films, les férus d’innovations ne manqueront pas de s’informer sur la pellicule ETFE.

Les films sont fixés sur leur pourtour seulement, mais de façon continue sur toute la longueur  de façon à ne pas être arrachés par le vent. Bien posés, ils sont très résistants. Leur flexibilité permet aussi un certain degré de déformation avant que survienne un bris lié à une forte accumulation de neige.
 
Du côté des panneaux de plastique rigides, le polycarbonate s’avère un excellent choix : il est durable, léger et facile à poser. Le polycarbonate a l’apparence de l’acrylique et est la plupart du temps utilisé pour les serres vendues en kit.  Sa durée de vie est de 15 à 20 ans, bien qu’une légère perte de luminosité de l’ordre d’environ 1 % par année soit observée en raison du vieillissement du matériau.

La ventilation
C’est à n’en point douter : une serre est un « capteur  de chaleur ». Pour y maintenir une température optimale pour les plantes, voire agréable pour l’humain, il faut  être en mesure d’évacuer le surplus de chaleur et l’humidité. Pour les petites serres, le tout se fait grâce à la ventilation naturelle sous l’effet du vent, par l’intermédiaire de la porte et de l’installation d’ouvrants sur le toit et les murs.
 
Pour en savoir plus
D’autres paramètres que ceux mentionnés doivent être examinés pour optimiser les conditions de culture dans une serre plus imposante qu’une serre de jardin, surtout si on souhaite l’utiliser à longueur d’année. Le cas échéant, l’orientation de la serre par rapport aux vents dominants, l’approvisionnement en eau et son évacuation, le câblage et le système électrique,   l’éclairage artificiel, l’installation de ventilateurs, le système de chauffage et l’isolation du pourtour de la serre sont autant de facteurs qu’il faudra considérer.  
 
Ce texte est une adaptation d'un contenu publié initialement dans le magazine La Maison Saine. 
 
Pour découvrir le Guide de production des annuelles en caissettes dont l’auteure s’est inspirée pour écrire cet article et d’autres publications du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) touchant aux cultures en serre, visitez le  www.craaq.qc.ca/Publications/cultures-en-serre.

Découvrez également les feuillets des Références économiques :
- Serre - Coûts de construction, qui vous permet d'évaluer les coûts pour la construction de serres individuelles et jumelées (installation, structure et chauffage)
- Chauffage des serres - Consommation mensuelle de combustible, qui vous permet d'évaluer la consommation mensuelle en équivalent combustible pour le chauffage de ces deux types de serres.