Amarante tuberculée : le plan d'intervention phytosanitaire du Québec

Image Agri-Réseau

Le Plan d’intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée vise principalement à offrir, aux producteurs touchés par la présence d’amarante tuberculée (AT), un encadrement agronomique, assurant une réponse rapide et efficace contre cette mauvaise herbe envahissante.


L’encadrement de la ferme, réalisé par un(e) agronome, permettra d’établir une stratégie de lutte sur l’entreprise en tenant compte des cultures et des différents moyens de contrôle disponibles sur l’entreprise. Cette aide ponctuelle a pour objectif de faciliter la prise en charge de la problématique par l’entreprise.  Un encadrement agronomique sera également apporté au sujet des mesures de biosécurité à appliquer sur l’entreprise afin d’éviter de disséminer l’AT.


Si vous suspectez la présence d’amarante tuberculée sur votre ferme, demandez à votre conseiller agricole de vous inscrire au Plan d’intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée au Québec. Ce dernier est résumé au Bloc 3 et précise les étapes à suive pour participer au projet.


Faites une demande



Enjeux


L’amarante tuberculée (AT) constitue une problématique en devenir, depuis le premier constat de sa présence au Québec en 2017, sur le territoire agricole de la Montérégie. Cette population a été confirmée résistante aux herbicides des groupes 2, 5 et 9. Depuis, six nouveaux foyers d’amarante tuberculée ont été identifiés en Montérégie et un au Centre-du-Québec, pour un total de huit populations connues au Québec. Les populations d’amarante tuberculée découvertes au Québec ont présenté de la résistance aux herbicides des groupes 2, 5, 9 et 14. Des tests sont en cours au CÉROM afin de vérifier si ces populations pourraient aussi être résistantes aux herbicides du groupe 27. Pour plus de détails sur la répartition de l’AT sur le territoire québécois, consultez le document Bilan de l’amarante tuberculée au Québec.

Pour plus de détails, l’amarante tuberculée est considérée comme l’une des pires mauvaises herbes pouvant s’installer dans un champ. Il s’agit d’un envahisseur important et redoutable à cause de ses caractéristiques :
  • Espèce très compétitive, elle peut causer des pertes de rendements jusqu’à 74 % dans la culture du maïs et 73 % dans celle du soya;
  • Grande variabilité génétique, elle développe rapidement de la résistance aux herbicides. Ainsi, au Québec, toutes les populations retrouvées sont résistantes à au moins deux groupes d’herbicides à la fois;
  • Grande prolificité, un plant femelle produit en moyenne 300 000 graines, mais jusqu’à quelques millions peuvent être produites dans certains cas. Les graines sont très petites et peuvent facilement être transportées par la machinerie agricole, les bottes, etc.
  • Graines germant tard en saison, soit à partir de la mi-juin, et elles continuent de germer tout au long de la saison de croissance;
  • Croissance rapide, dans des conditions favorables, la plante croît de 2,5 cm à 3 cm par jour.

Pour plus d’informations sur la plante, vous pouvez consulter la fiche technique sur l’amarante tuberculée, IRIIS phytoprotection ainsi que la fiche synthèse de l’amarante tuberculée.  

Il importe de mentionner que cette mauvaise herbe n’est pas régie par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), ce qui n’oblige en rien les producteurs à signaler sa présence.

Une intervention d’urgence, menée sur l’ensemble du territoire agricole québécois, s’avère nécessaire afin de :
  • Offrir un encadrement agronomique à tout producteur agricole concerné par la présence de l’AT sur son entreprise, et ce, dans toutes les régions agricoles du Québec.
  • Éviter la prolifération de l’AT, où qu’elle puisse se trouver.
  • Diffuser massivement les renseignements nécessaires au contrôle de l’AT.
  • Bonifier l’état des connaissances sur l’AT afin d’en améliorer la gestion sur le territoire québécois.

L'amarante tuberculée : description et biologie


L’amarante tuberculée est une espèce annuelle et indigène en Amérique du Nord. Sa tige est dressée et glabre (sans poils). Les plants peuvent mesurer jusqu’à 2 m de hauteur. Les feuilles sont de forme rhombique (forme d’un losange) à allongée, de couleur verte et la surface de la feuille est luisante. L’amarante tuberculée est une espèce dioïque, c’est-à-dire que les fleurs femelles et mâles sont présentes sur des plants différents. Les fleurs sont très petites, elles mesurent de 1 mm à 3 mm et sont réunies en épis allongés qui forment une panicule lâche au sommet de la tige. La graine qui est produite est très petite, elle mesure au plus 1 mm de diamètre, est noire et luisante.

 
Image Agri-Réseau

Figure 1. Amarante tuberculée aux stades plantule, végétatif et floraison

Photos : LEDP, MAPAQ



Pour plus de détails et pour visualiser de nombreuses images, vous pouvez consulter IRIIS phytoprotection.


L’amarante tuberculée peut être confondue avec les autres amarantes présentes au Québec, soit l’amarante à racine rouge et l’amarante de Powell. Cependant, l’amarante tuberculée se distingue par sa tige glabre, ses feuilles plus allongées et son inflorescence lâche qui comprend uniquement des fleurs mâles ou femelles.
 
Image Agri-Réseau

Figure 2. Inflorescence des amarantes

Photos : LEDP, MAPAQ et Gilles Ayotte, Université Laval


Pour plus de détails et des images aidant à la comparaison des espèces, vous pouvez consulter la fiche technique sur la différenciation des amarantes.

Nous vous invitons à vous abonner au RAP – Malherbologie ainsi qu’au RAP – Grandes cultures. De l’information est publiée régulièrement concernant cette mauvaise herbe.
 

Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l’amarante tuberculée



Le plan provincial pour lutter contre l’AT se décline en sept étapes réparties en deux phases. Le texte suivant les présente.


                                                                       PHASE 1                                                                              

Étape 1 - Vous êtes producteur et vous soupçonnez la présence d’AT dans un champ?
 
Contactez votre conseiller agricole.
Vous n’avez pas de conseiller? Communiquez avec la CSC ou le réseau Agriconseils de votre région pour obtenir des références. 


Étape 2 - Vous êtes conseiller agricole et vous soupçonnez la présence d’AT dans le champ d’un client, inscrivez–le à la phase 1 du Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée.
 
Inscrivez une entreprise agricole à la phase 1 du plan de lutte contre l’AT. Cliquez sur le bouton « Faire une demande » et remplissez le formulaire.  
Faites une demande


Étape 3 - Recevez le kit du conseiller pour les étapes à suivre et pour faire la demande d’analyse gratuite
 
À la suite de votre inscription, vous recevrez par courriel, les instructions pour remplir adéquatement le formulaire de demande d’analyse du LEDP gratuite et les coordonnées des conseillers experts en appui à votre démarche (conseillers mentors et conseillers du MAPAQ).

Consultez la documentation suivante au besoin: 
  • Fiche détaillée d’identification de l’AT
  • Fiche synthèse sur l’AT
  • Formulaire de consentement à faire signer au producteur et à retourner à la CSC1
  • Protocole d’échantillonnage en vue d’une analyse au LEDP pour confirmer l’identification  
  • Fiche 2 et fiche 2A sur les consignes de biosécurité
  • Protocole de dépistage
Aide financière disponible pour la phase 1 :

Un montant forfaitaire de 385 $ (temps et déplacement) pour le processus d’échantillonnage s’il est effectué par un conseiller admissible aux réseaux Agriconseils.
Un montant de 25 $ pour les frais d’envoi des échantillons au laboratoire.
La CSC défraie également les frais d’identification au LEDP (30 $).


Étape 4 - Résultat de l’indentification: Le conseiller et le producteur seront informés rapidement du résultat
 
Votre analyse est négative :  

La CSC ferme le dossier et procède au paiement de l’aide financière qui s’applique.

Votre analyse est positive : 

L’aide financière qui s’applique pour la phase 1 sera versée.
La phase 2 est automatiquement enclenchée.
Le LEDP procède à l’analyse de résistance (frais de 80 $ couvert par le Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée). Le Plan finance un test moléculaire par entreprise.
Le conseiller expert et le conseiller en grande culture du MAPAQ de votre région seront avisés du résultat et prendront contact rapidement avec vous afin d’élaborer la meilleure stratégie possible.
Vous recevrez le modèle de recommandation souhaité et les consignes budgétaires pour la réclamation de la   phase 2.




                                                                          PHASE 2                                                                        

Étape 5 - Dépistage sur l’entreprise
 
Le conseiller agricole, encadré par un conseiller expert, doit procéder au dépistage des champs de votre entreprise susceptibles d’avoir été contaminés.

Il sera important de respecter et d’appliquer les consignes de biosécurité. Visionnez la vidéo Nettoyage d'une moissonneuse-batteuse - Biosécurité dans le secteur des grains et consultez les fiches 2, 2A, 2B et 2C qui font partie de la trousse d’information La biosécurité dans le secteur des grains.

Ce dépistage vise à faire le portrait de la situation sur l'entreprise en vue de l'éradication de l'AT à l'échelle de l'entreprise. A cet effet, veuillez consulter le protocole de dépistage fourni lors de l'inscription. 


Aide financière disponible pour l’étape 5 :
 
Un montant pouvant aller jusqu’à 840 $ couvrant 90 % des frais de dépistage sera réservé pour l’entreprise.


Étape 6 - Élaboration et application de la stratégie adéquate

Chapeautée par le conseiller expert, la stratégie visera l’éradication et le contrôle de l’AT sur l’entreprise. Les représentants du MAPAQ et le producteur devront être d’accord avec la stratégie retenue.

La recommandation de la stratégie remise au producteur vise à documenter les différents types d'intervention que les conseillers recommandent et dont le Plan couvrira jsuqu'à 90 % des frais selon les maximums établis. 

Si l’entreprise a besoin de  main-d’œuvre pour appliquer la stratégie, le conseiller agricole, les conseillers du MAPAQ et la CSC devront en être informés avant l’application de la stratégie.

Tout sera mis en place afin de trouver une solution rapide.


Aide financière disponible pour l’étape 6 :
 
90% des dépenses des producteurs liées aux stratégies recommandées sont remboursables sur la base du rapport de dépenses des producteurs selon les maximums établis (formulaire de réclamation standardisé).
 
90% des honoraires du conseiller seront payés par la CSC pour un maximum de 2 800 $ par cas. 

Total des aides financières pour la phase 2 

Le maximum total d’aide financière disponible par entreprise en phase 2 pour les services agronomiques et l’application des stratégies est de 7 460 $ par entreprise.
 
                                                          ANNÉES SUBSÉQUENTES                                                            

Étape 7 - Suivi

Surveillance l’année suivante par l'entreprise et ses services agronomiques standard.
 


1Il est important de mentionner que les données recueillies dans le cadre du Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée seront gardées confidentielles et pourront servir seulement à des fins d’analyse et de bilan. Le consentement est obligatoire pour accéder au plan d’intervention phytosanitaire.

 

Stratégies d’interventions possibles dans le cadre du Plan

Chaque méthode de lutte proposée dans le cadre du Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée sera adaptée selon la situation à la ferme (cultures, rotation, etc.) et la population d’amarante tuberculée présente (densité, nombre de champs touchés, résistance aux herbicides, etc.).

Voici quelques moyens pouvant être recommandés pour lutter contre l’amarante tuberculée dans le cadre du Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée, ces méthodes sont des propositions et seront adaptées selon la situation :
1. Rotation des cultures pour favoriser des cultures compétitrices à l’amarante tuberculée;
2. Désherbage mécanique entre les rangs;
3. Arrachage manuel des plants;
4. Traitement(s) herbicide(s);
5. Destruction de la culture aux endroits où les populations d’AT sont très fortes.

Pour plus d’information sur les moyens de lutte à préconiser face à l’amarante tuberculée, vous pouvez consulter IRIIS phytoprotection ainsi que la fiche technique sur l’amarante tuberculée.



N’hésitez pas à communiquer avec Marie-Claude Lapierre, chargée de projet pour le Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée à la Coordination services-conseils, si vous avez des questions.

Ce projet a été financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dans le cadre du volet 2 du programme Prime-Vert.
 

Ce billet a été rédigé par le comité de coordination du Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée composé de Brigitte Duval, Stéphanie Mathieu, David Miville et Amélie Picard (MAPAQ), David Girardville (Club agroenvironnemental du Suroît inc.), Louis Dionne et Marie-Claude Lapierre (CSC).

Image de l'entête : Infestation d'amarante tuberculée dans un champ de soya. Crédit photo : LEDP, MAPAQ