L’anaplasmose est transmise par la piqûre d’une tique infectée. Les tiques ne naissent pas contaminées; elles sont infectées par un autre hôte (petits mammifères, oiseaux, etc.) avant d'atteindre le cheval. Les signes cliniques de l’anaplasmose apparaissent dans les 14 jours suivant l’infection et peuvent être très variés :
- Fièvre;
- Baisse de l’appétit;
- Attitude morose;
- Enflure des membres inférieurs, du fourreau et de l’abdomen (vascularite/œdème);
- Jaunisse;
- Signes neurologiques,
- Ecchymoses sur les gencives.
La maladie de Lyme est également une infection transmise par la piqûre d’une tique infectée et ses manifestations cliniques chez le cheval sont dites non spécifiques : elles peuvent être observées dans de nombreuses autres affections. Cette maladie doit néanmoins être envisagée chez un animal présentant fièvre, raideur, boiterie intermittente touchant plusieurs membres, sensibilité musculaire accrue, perte de poids progressive, modifications du comportement ou encore hyperesthésie, caractérisée par une réaction exagérée au toucher ou à la lumière. Certains chevaux peuvent aussi développer une uvéite, des nodules cutanés ou des troubles neurologiques comme la dépression ou une dysphagie (difficulté à avaler).
Il peut être difficile de détecter la pathologie. De 14 à 33 % des chevaux présents dans une région à risque auront des anticorps, car ils ont déjà été exposés à la maladie. Or, la présence d’anticorps n’équivaut pas à un diagnostic de maladie de Lyme. Pour la dépister, le médecin vétérinaire doit exclure les autres causes des signes cliniques. Des traitements antibiotiques sont possibles. Il n’existe aucun vaccin contre la maladie de Lyme homologué pour les chevaux au Canada.
À surveiller
La piroplasmose équine est une autre pathologie à surveiller, car elle pourrait être importée au Canada. Elle est causée par deux parasites dans le sang, transmis par les tiques, et est une maladie à déclaration obligatoire. Actuellement, il n’existe au pays ni traitement approuvé ni vaccin pour prévenir la piroplasmose chez les chevaux.Comment réduire les piqûres de tiques?
Le cycle de vie des tiques comprend quatre stades : œuf, larve, nymphe et adulte (voir figure 1). Les larves et les nymphes s’alimentent sur plusieurs animaux et oiseaux, alors que les adultes se nourrissent majoritairement sur les grands mammifères, comme les chevaux.La combinaison de plusieurs méthodes individuelles de prévention contre les piqûres de tiques offre une meilleure protection.
Réduire l'habitat des tiques
Les tiques n’aiment pas les endroits secs. Il faut donc éviter les arbres ou les branches tombés au sol ainsi que les aires ombragées avec des herbes hautes. Le risque de trouver des tiques en forêt est élevé.Traitements acaricides
De nombreux répulsifs et traitements topiques sont offerts sur le marché, mais tous n’ont pas fait l’objet d’évaluations quant à leur efficacité contre les tiques. Par ailleurs, la concentration en matière active varie considérablement d’un produit à l’autre. Il est donc essentiel de bien choisir les produits et de respecter les indications du fabricant. Le médecin vétérinaire demeure une ressource clé pour déterminer l’approche préventive la plus appropriée. À ce jour, aucun traitement systémique n’est homologué chez le cheval au Canada.Il est important de souligner que la perméthrine concentrée ne doit jamais être appliquée chez le cheval, celui-ci étant particulièrement sensible à cette matière active fréquemment présente en faible dose dans les acaricides. Une grande prudence s’impose également en présence de chats, pour qui la perméthrine est extrêmement toxique.
L’efficacité des répulsifs repose aussi sur une application adéquate. Les chevaux doivent être propres et secs au moment du traitement. Le produit doit couvrir l’ensemble du corps, puis être frotté afin de permettre aux gouttelettes de pénétrer dans le pelage. Une application fréquente est nécessaire pour maintenir une protection efficace.
Couverture, bottes et masques
La tique doit avoir accès au cheval pour le piquer. Une barrière physique comme une couverture, des bottes et un masque est donc une bonne option. Un essai de l’équipe équine de PennState Extension, en Pennsylvanie, a permis de démontrer que les risques de piqûres de tiques sont réduits de 62 % avec un masque et des bottes antimouches.Vérifications quotidiennes pour détecter les tiques
Bien que cela est plus difficile lors des périodes où les enclos sont boueux, une inspection régulière est la clé pour détecter rapidement les tiques. Pour faire une bonne vérification, il faut accéder à toutes les parties du cheval et l’habituer à être touché à des endroits différents. Il est important de penser à la sécurité des humains et d’y aller par étapes pour désensibiliser le cheval à cette vérification. La figure 2 présente les zones à risque pour les tiques, selon un sondage réalisé auprès de propriétaires de chevaux en Pennsylvanie par l’équipe équine de PennState Extension. Il est possible d’en retrouver ailleurs sur l’animal.Que faire si on trouve une tique?
Ne jamais écraser, pincer ou appliquer de produits sur la tique avant de la retirer, car elle pourrait relâcher des fluides infectés dans le sang du cheval.Il existe plusieurs outils pour retirer une tique tels qu’une pince à pointe fine ou un tire-tique. Peu importe l’outil utilisé, il faut la prendre le plus près de la peau et porter attention à ce qu’aucun morceau ne reste coincé dans la peau du cheval.
Après le retrait, un onguent peut être appliqué sur la zone de la piqûre. Il est recommandé de conserver la tique dans un contenant hermétique et de surveiller si des symptômes apparaissent de trois jours à trois mois après la piqûre. En cas d’apparition de symptômes, il est important de consulter un médecin vétérinaire, qui pourra faire analyser la tique en laboratoire.
Liens utiles
- Prévenir et traiter les tiques et les piqûres de tiques sur votre cheval
- La maladie de Lyme chez le cheval : questions et réponses
- Se protéger et protéger ses animaux des piqûres de moustiques et de tiques
- Plate-forme PraTIQUE
- Site eTick
- Guide d’identification des tiques du Québec
Sources et remerciements
Cet article a été écrit par Marie-Ange Therrien, agronome. Il est basé sur une traduction et une adaptation du webinaire Biting Pests: Understanding Tick Risks for Horses, présenté par Toby Pinn-Woodcock, DVM, DACVIM (Cornell University) et Erika T. Machtinger, Ph. D., CWB (Penn State University), et organisé par Danielle Smarsh (Penn State University).Il s’appuie également sur l’information présentée dans les sources suivantes :
- Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV). La maladie de Lyme chez le cheval. Université de Montréal.
- Onyett H, McDonald J, Le Saux N; Société canadienne de pédiatrie, comité des maladies infectieuses et d’immunisation. La maladie de Lyme au Canada : un regard sur les enfants. Figure traduite avec l’autorisation des Centers for Disease Control and Prevention (Atlanta, États-Unis) www.cdc.gov/ticks/about/tick-lifecycles.html?CDC_AAref_Val=https://www.cdc.gov/ticks/life_cycle_and_hosts.html
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Marie-Ange Therrien