Lorsque les initiatives étudiantes et les installations de recherche mènent à du concret


McGill Feeding McGill, vous connaissez?

On pense parfois que la recherche universitaire est déconnectée de la réalité et souvent difficilement applicable.

Toujours en pleine croissance, le projet Nourrir McGill a été créé en 2009. Un groupe d’étudiants au baccalauréat se sont mis au défi de réévaluer la relation que l’université avait avec la nourriture qui y était consommée.  Cette première initiative, connue sous le nom de McGill Food Systems Management Project a évolué à travers le Sustainability Projects Fund, un fonds financé par les étudiants pour assurer l’évolution et la pérennité du programme.  

Pour mettre les choses en perspective, les services alimentaires de l’Université McGill représentent 4 à 5 millions de transactions alimentaires par an, allant du simple café au repas complet, pour un budget d’environ 20 millions de dollars annuellement ; faisant de McGill un des plus importants fournisseurs de services alimentaires de l’île de Montréal avec 12 000 repas par jour qui y sont servis.

Un travail de coordination important a donc été nécessaire pour faire en sorte que l’université atteigne son but d’avoir un approvisionnement plus durable et local. D’un côté, le chef exécutif des services alimentaires, Oliver de Volpi, tentait de trouver une solution tout en améliorant l’offre alimentaire, de l’autre, le responsable du Centre de recherche horticole du Campus Macdonald, Michael Bleho, produisait souvent plus de fruits et légumes qu’il en avait réellement besoin.  L’union entre les deux campus était donc une opportunité à saisir.

Plusieurs défis se sont présentés.  Le premier était de trouver une façon de mettre en place le programme, ce qui a été possible par l’entremise d’un fonds dédié au développement durable ainsi que par des volumes d’achats provenant des services alimentaires de McGill.

Le deuxième défi consistait à transporter ces denrées produites entre les deux campus, ce qui a nécessité l’achat d’un véhicule de transport adéquat.

Le dernier défi et non le moindre, a été de gérer la désynchronisation entre l’offre et la demande.  Le Centre de recherche horticole possède une capacité de production qui fait en sorte qu’il est plus facile de produire énormément de fruits et légumes l’été, alors que la demande pour les fruits et légumes de la ferme est de septembre à décembre (session d’automne) et de janvier à avril (session d’hiver).

La première année, une commande d’un peu plus de 2 000 kg de fruits et légumes a été effectuée. L’année suivante, ce chiffre a grimpé à près de 7 000 kg.  Il atteindra 15 000 kg en 2011, 25 000 kg en 2012 pour s’établir maintenant à 30 000 kg par an.
C’est donc un total de 165 000 kg de fruits et légumes qui ont transigés entre la ferme du Campus Macdonald et le campus principal ces sept dernières années.  Aujourd’hui, les principales espèces végétales livrées sont :
  • solanacées (tomates, poivrons, aubergines)
  • cucurbitacées (melons, concombres, pastèques, courges et citrouilles)
  • alliums (oignon, ail)
  • brassicas (chou frisé, chou, chou-rave)
En plus de livrer de la laitue, des poireaux, des carottes, des patates douces, des pommes, des poires et des prunes.

Depuis 2012, la ferme fourni également du bœuf et des œufs, ce qui permet un approvisionnement en œufs pour les cafétérias du centre-ville. En fait, c’est 100% des œufs du centre-ville qui proviennent du Campus Macdonald, ce qui représente 25% de la production totale d’œufs des 2 300 pondeuses de la ferme.  Il est incontestable que cette initiative a rapproché les deux campus.

En plus de l’approvisionnement des quatre principales cafétérias de l’université, le programme McGill Feeding McGill a permis d’augmenter la production à un point tel qu’il est maintenant possible pour la ferme de livrer à l’Université Concordia et au couvent des Sœurs Grises.  Des ententes d’approvisionnement sont également en cours avec d’autres institutions publiques.
 
Les avantages pour la ferme sont importants, car bien au-delà de remplir le mandat d’approvisionnement durable de l’Université McGill, le programme permet d’engager six étudiants à temps plein pour travailler sur la ferme en plus d’offrir une trentaine de postes à temps partiel pendant les récoltes.  L’aspect éducatif étant toujours important pour une institution d’enseignement, le projet a donné l’opportunité aux étudiants d’avoir une formation pratique incomparable tant au niveau de la production horticole que du développement durable.  Par l’ampleur qu’il a pris, le programme a permis de donner des quantités importantes de nourriture lors d’événements spéciaux tant à l’université qu’à l’extérieur de celle-ci.

Sources:
-Montreal Gazette, Feeding a University, Lesley Chesterman, Special to the Gazette 09.04.2014 (http://www.montrealgazette.com/health/Feeding+university/10179017/story.html)
-Michael Bleho, Technicien, Centre horticole de la Ferme du Campus Macdonald, Université McGill