Gestion du fumier de cheval en hiver

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La lecture de l’article sur l’optimisation de la gestion du fumier de cheval est fortement recommandée en complément de ce texte.
La gestion du fumier de cheval mérite une grande attention, en particulier en hiver, puisque des mesures supplémentaires sont nécessaires. De petits changements lors du nettoyage hivernal du fumier et de la litière peuvent avoir des répercussions lors du dégel, notamment en ce qui concerne le risque de contamination des eaux de surface. Voyons plus précisément les éléments dont il faut tenir compte en hiver.

Quoi faire durant l’hiver

En vue de préserver les pâturages qui alimenteront les animaux en saison estivale, il est préférable de loger les chevaux dans des parcs extérieurs en hiver. L’objectif est de sacrifier une petite partie de vos ressources en pâturages et en prairies pour garantir que la majeure partie de vos terres auront le répit nécessaire pour rester saines et productives. Il s’agit d’un élément clé d’un bon système de pâturage. Ces parcs extérieurs sont constitués d’un abri, d’un abreuvoir à l’épreuve du gel et de mangeoires. Comme la végétation y est habituellement très peu abondante, ils peuvent offrir, en période estivale, un espace extérieur aux chevaux qui souffrent de troubles métaboliques et qui ne peuvent pas aller au pâturage.
Ces parcs sont considérés comme des cours d’exercice au sens réglementaire. Selon le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), dans une cour d’exercice, l’apport en phosphore des déjections est plus grand que le prélèvement par les plantes. Au contraire, on trouve un plus grand prélèvement par les plantes dans un pâturage, prélèvement décrit au tableau Prairies et pâturages de l’annexe I du REA.  
Ainsi, les exigences réglementaires suivantes s’appliquent :
  • Une cour d’exercice doit être aménagée pour que les eaux de ruissellement ne puissent l’atteindre (article 17).
  • Les eaux contaminées provenant d’une cour d’exercice ne doivent pas atteindre les eaux de surface ni les eaux souterraines (articles 5 et 18).
  • Les déjections animales accumulées au cours d’une année dans une cour d’exercice doivent être retirées et valorisées ou éliminées au moins une fois par année (article 17.1).
Plusieurs facteurs sont à prendre en considération lors du choix de l’emplacement d’un parc extérieur :
  • L’emplacement du fumier : Où sera entreposé le fumier pour éviter les risques de contamination des eaux de surface et souterraines, et ainsi respecter les distances réglementaires?
  • Caractéristiques et structure du sol : Le type de sol est-il résistant à l’action continue des sabots? L’eau s’égoutte-t-elle bien? Où s’écoule-t-elle après de fortes pluies?
  • Facilité d’utilisation : Où se trouve le parc par rapport à la source d’eau, à l’entreposage des aliments et à l’entreposage du fumier?
  • Espace : Le parc offre-t-il un espace d’exercice suffisant?
Le fumier provenant des parcs intérieurs et extérieurs est accumulé en amas. Le volume de l’amas augmente donc de jour en jour. Retournez celui-ci pour favoriser l’aération et l’activité microbienne, et ainsi accélérer le processus de compostage. Portez une attention particulière aux fils électriques à proximité pour ne pas les accrocher avec la machinerie qui retourne l’amas.

Gestion de la boue

Enlever la neige des parcs extérieurs permet de réduire le volume d’eau lors de la fonte au printemps ou lors des redoux hivernaux. Attention cependant à ne pas entreposer la neige avec l’amas de fumier, car cela peut entraîner un volume plus important de ruissellement contaminé lors de la fonte.

Autres considérations relatives à l’hiver

Une attention particulière doit être portée à la hauteur des clôtures et des abreuvoirs. En effet, l’accumulation de neige ne doit pas enterrer les clôtures et les abreuvoirs. De plus, les clôtures électriques doivent fonctionner malgré la présence de neige au sol qui rend plus difficile la mise à la terre. Il faut également s’assurer que les fils du bas ne sont pas enterrés dans la neige, provoquant ainsi des courts-circuits.
Les abreuvoirs doivent être vérifiés quotidiennement pour veiller à ce qu’ils ne gèlent pas et que le sol ne soit pas glacé autour de ceux-ci.
Par ailleurs, selon le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des équidés, les chevaux doivent avoir accès à un abri (construit ou naturel) qui les protège des effets nuisibles des conditions climatiques extrêmes.
Une bonne préparation est également nécessaire en cas de tempête hivernale. Il faut s’assurer d’avoir suffisamment de foin à proximité et un chemin sécuritaire pour se rendre à l’écurie. Si de l’électricité est nécessaire pour faire fonctionner un chauffage, une pompe à eau, un chauffe-eau ou autre, il faut prévoir une génératrice avec une réserve de trois jours de carburant.
Enfin, bien que la fin de vie des équidés soit un sujet délicat, il faut tout de même prévoir l’élimination des carcasses, peu importe la saison. Conformément aux règlements en vigueur, trois possibilités s’offrent aux propriétaires de chevaux :
  1. Récupération pour équarrissage

Le service de ramassage d’animaux morts à la ferme est offert par le secteur privé.
  1. Récupération pour incinération

Le service de crémation pour grands animaux au Québec est seulement offert par l’entreprise Incimal. La crémation peut être individuelle ou commune.
  1. Enfouissement à la ferme

L’enfouissement à la ferme est possible, mais sous quelques conditions. Il doit se faire à l’extérieur des zones d’inondation, à 75 m d’un cours d’eau ou d’un plan d’eau et à au moins 150 m de toute prise d’eau potable, superficielle ou souterraine. Le fond de l’excavation doit se situer au-dessus du niveau des eaux souterraines et être entièrement recouvert de chaux caustique. Les carcasses déposées dans le trou ne doivent pas excéder le niveau du sol à l’état naturel et doivent immédiatement être recouvertes de chaux caustique et d’une couche de sol d’une épaisseur d’au moins 60 cm. Consultez le guide sur l’enfouissement des animaux morts à la ferme pour connaître les obligations réglementaires.
Peu importe la solution envisagée, il est nécessaire d’avoir une bonne planification en cas de mortalité équine.  

Liens complémentaires :

  • Le fumier de vos chevaux : votre responsabilité!
  • Gestion du fumier de cheval : stockage et valorisation

Adaptation et traduction libre de Marie-Ange Therrien, agronome, conseillère en productions animales, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).
Rédigé à partir du webinaire « Stable Solutions : Managing Manure in Winter », organisé par Mary Keena, spécialiste en gestion environnementale du bétail, Carrington Research Extension Center, dans NDSU Extension Horse Management Webinar Series.
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Article révisé par Chloé Boucher-Ravenhorst, agronome et ingénieure, conseillère en génie agricole, et Hugo Tremblay, médecin vétérinaire, conseiller en bien-être animal, MAPAQ.

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