SEMIS ET PLANTATIONS
Les semis et les plantations de crucifères se poursuivent au sud de la province et débuteront cette semaine dans les autres régions. Les températures fraîches et la pluie ralentissent toutefois les opérations au champ dans plusieurs secteurs, sans trop d'impact sur les calendriers d'implantation pour l’instant. Pour assurer une surveillance phytosanitaire efficace, commencez le dépistage dès l’implantation de vos cultures.
Par endroits, les épisodes de gel nocturne ont affecté les crucifères implantées. L'effet s'observe par une décoloration du feuillage. Aucune mortalité due au gel n'a toutefois été rapportée.
En adoptant des pratiques agricoles préventives, plusieurs problèmes phytosanitaires peuvent être limités, par exemple :
- Pour diminuer le risque de maladies, favorisez l'aération et l'assèchement du feuillage en respectant un espacement suffisant entre les plants.
- Cultiver dans des sols bien drainés, non compactés, dont la température et le pH sont adaptés afin de permettre un bon développement racinaire; une plante en santé sera plus résistante aux ennemis.
INSECTES RAVAGEURS
Aucun ravageur n'a été observé pour l'instant. Les températures fraîches et humides peuvent ralentir certains insectes, notamment les altises.
L'installation des pièges pour la cécidomyie du chou-fleur commence cette semaine dans certaines régions. Nos activités de surveillance menées depuis quelques années montrent que les premiers adultes de la génération hibernante émergent généralement du sol à partir de la fin mai, de la Montérégie jusqu’au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Pour la mouche du chou, le modèle prévisionnel NEWA de l’Université Cornell, qui prédit l'émergence des adultes sur la base du cumul des degrés-jours, indique qu'elle aurait débuté son cycle dans le nord-est des États-Unis. Au Québec, le début de la ponte coïncide généralement avec la floraison de la barbarée vulgaire, qui n'a pas atteint le stade de bouton floral dans plusieurs régions.
Pour le contrôle préventif de la mouche du chou, VERIMARK (cyantraniliprole) est le seul produit homologué pour une application dans le sillon ou dans l’eau de transplantation. Pour le traitement des transplants de crucifères du sous-groupe de cultures 5-13 avant leur repiquage, SUCCESS (spinosad), ENTRUST (formulation de spinosad certifiée biologique) et VERIMARK sont homologués. Attention de respecter les restrictions à l’étiquette concernant le bassinage des plateaux de transplants. Référez-vous à l'avertissement N° 1 du 30 avril 2026 pour toute information relative aux homologations d'urgence et extension d'étiquette à usage limité pour des traitements en saison contre la mouche du chou.
MALADIES ET DÉSORDRES
Même si aucun symptôme n'a été rapporté par nos collaborateurs, il faut surveiller les maladies sur les transplants en serre et ceux nouvellement implantés. Des maladies, notamment la fonte des semis et la tache bactérienne, peuvent se développer en conditions de serre. La bactérie causant la nervation noire peut demeurer latente sur les feuilles des plantules en serre, qui semblent alors saines. Une fois au champ, les symptômes pourront apparaître si les conditions sont propices. Il faut donc demeurer vigilant.
Les désordres sont également à surveiller. Ils peuvent découler d’une phytotoxicité, d’une carence nutritive ou de stress climatiques (froid, excès d’eau, sécheresse ou gel, comme observé à certains endroits). Attention : l'ajout de fertilisants n’est pas toujours la solution et peut même aggraver les problèmes en augmentant la salinité du sol.
Pour plus d'information sur la qualité des transplants, la prévention des maladies, la protection contre le gel et l’efficacité des herbicides, consultez la fiche technique Être bien préparé pour le début de la saison.
Si vous avez des doutes sur les symptômes que vous observez, votre conseiller ou les experts du Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ pourront vous aider. D'ailleurs, afin d'encourager le secteur de l'agriculture biologique et la relève agricole à faire appel à ses services, le LEDP offre gratuitement des analyses à ces clientèles.
BIOSÉCURITÉ
Lors de vos visites de champs, il est essentiel d'appliquer les principes de biosécurité en productions végétales afin de prévenir et/ou de contrer les dangers liés à la propagation d'organismes nuisibles (ex. : nervation noire).
Voici quelques ressources utiles :
- Webinaire Protocole de biosécurité : déplacements dans les productions végétales;
- Section Organismes nuisibles réglementés du site Web du MAPAQ;
- Protocoles de déplacement en productions végétales et sur les entreprises serricoles.
Pour toute information concernant les produits phytosanitaires homologués dans les crucifères, consultez les bulletins d'information 2025 N° 1 (herbicides), N° 2 (insecticides) et N° 3 (fongicides). Les bulletins 2026 seront disponibles sous peu.
Avant d’utiliser un pesticide, il est important de lire attentivement l’étiquette du produit et de suivre les recommandations qui y sont indiquées. En tout temps, si l’information de ce communiqué diffère de celle de l'étiquette, cette dernière prime.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Isabel Lefebvre, M. Sc. et Marilou Ratté, agr. (CIEL), et Mélissa Gagnon, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Eve Bérubé, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.