Stade « boutons verts serrés » à « boutons verts dégagés » en champ. Rougissement du feuillage causé par le froid. Anthonomes en hausse, mais seuil généralement non atteint. Peu d'évolution dans les maladies et les ravageurs cette semaine. Savoir reconnaître les prédateurs des tétranyques.
MÉTÉO EN BREF
Les températures ont été en dents de scie durant la dernière période. Il y a d'abord eu du temps chaud, suivi par des températures sous la normale et du gel au sol quelques nuits, notamment lors de la nuit du 21 au 22 mai. Des températures allant jusqu'à -7 ºC ont été enregistrées sur certains sites. Il y a ensuite eu un réchauffement des températures à partir du 25 mai. Le gel ne semble pas avoir affecté de façon significative les plants, mais on observe un rougissement du feuillage par endroits. Les symptômes peuvent ressembler à une carence en phosphore, ce qui est possible puisque le sol froid rend moins disponible cet élément au printemps. Toutefois, le changement de couleur pour cette carence apparaît généralement d'abord sur les feuilles matures. Dans les deux cas, la situation se rétablira lorsque les températures augmenteront. Il est également possible que certaines feuilles, jeunes et plus sensibles au moment du gel, prennent un aspect gaufré dans les prochaines semaines.
Il y a eu plusieurs épisodes de grands vents durant la période et plusieurs collaborateurs nous rapportent des dommages aux feuilles et aux tiges. Un orage est survenu dans la région de la Capitale-Nationale le 26 mai, sans grandes conséquences. En moyenne, 20 mm de pluie ont été reçus, principalement les 24 et 25 mai, et ont été bénéfiques pour la croissance des plants. Le détail de la météo de la dernière semaine se trouve dans le sommaire agrométéorologique du 20 au 26 mai 2026.
ND : données non disponibles
Il y a eu plusieurs épisodes de grands vents durant la période et plusieurs collaborateurs nous rapportent des dommages aux feuilles et aux tiges. Un orage est survenu dans la région de la Capitale-Nationale le 26 mai, sans grandes conséquences. En moyenne, 20 mm de pluie ont été reçus, principalement les 24 et 25 mai, et ont été bénéfiques pour la croissance des plants. Le détail de la météo de la dernière semaine se trouve dans le sommaire agrométéorologique du 20 au 26 mai 2026.
STADES DE DÉVELOPPEMENT
Stades en champ
| Région | Cultivar le plus hâtif (été) | 'Killarney' (été) |
'Pathfinder' (automne) |
|
| Stade | Stade | Hauteur nouveaux drageons | Hauteur nouveaux drageons | |
| Montérégie | Boutons verts dégagés | Boutons verts dégagés | 15 à 30 cm | 20 à 30 cm |
| Laurentides, Lanaudière et Outaouais | Boutons verts dégagés | Boutons verts regroupés | 10 à 20 cm | ND |
| Estrie, Centre-du-Québec et Mauricie | Boutons verts dégagés | Boutons verts regroupés à boutons verts dégagés | 10 à 20 cm | 15 à 20 cm |
| Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale | Boutons verts serrés à boutons verts dégagés | Boutons verts serrés | 5 à 20 cm | 10 à 20 cm |
| Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et Abitibi-Témiscamingue | Boutons verts serrés | Boutons verts serrés | 5 à 15 cm | 15 à 20 cm |
MALADIES
Il y a eu très peu de changements par rapport à la semaine dernière. De l'anthracnose est observée sur de vieilles tiges et sur des feuilles, mais la pression demeure faible. Des traitements ont été recommandés pour protéger les nouvelles tiges. Les traitements préventifs contre la rouille jaune tardive se poursuivent sur les sites avec historique. Des traitements contre la moisissure grise sont prévus sous peu dans les régions plus au sud, soit dès la floraison.
ANTHONOMES
L'anthonome de la fleur du fraisier est en hausse, mais il n'a généralement pas encore atteint le seuil d'intervention. La présence de boutons coupés est encore marginale cette semaine. Il reste toutefois sous surveillance. Pour en savoir plus sur ce ravageur, consultez la fiche technique Les anthonomes dans le fraisier.
PRÉSENCE MINEURE D'AUTRES RAVAGEURS
Des adultes et quelques larves de punaise terne ont été observés dans plusieurs régions, mais les populations restent faibles et la culture n'est pas encore au stade sensible. Des bytures sont toujours observés en champ, avec ou sans boutons percés. Son contrôle est prévu en même temps que l'anthonome.
TÉTRANYQUES ET SES PRÉDATEURS
Comme la semaine dernière, des tétranyques (adultes et œufs) sont observés en champ et en hors-sol, mais les populations restent faibles à modérées et souvent localisées. Très peu de sites ont nécessité un traitement cette semaine. Certains collaborateurs nous rapportent la présence de prédateurs, comme Stethorus punctillum et des acariens phytoséiides. Voici quelques indications pour les reconnaître :
- Stethorus punctillum : une petite coccinelle noire d'environ 1,5 mm. Les larves et les adultes se nourrissent de tous les stades de plusieurs espèces de tétranyques, dont le tétranyque à deux points. L'adulte pourrait consommer de 40 à 100 tétranyques par jour.
- Les acariens phytoséiides : ils sont en forme de poire, souvent de couleur beige, et ont un aspect brillant. Ils sont de taille similaire aux tétranyques, mais se déplacent très rapidement en bougeant rapidement leurs pattes avant. Il existe plusieurs espèces de phytoséiides, dont Neoseiulus fallacis et Amblyseius andersoni, et celles-ci sont très similaires à l'œil nu. Certaines espèces sont indigènes et d'autres peuvent avoir survécu à l'hiver à la suite des introductions.
- Scolothrips sexmaculatus : les larves et les adultes de ce thrips prédateur se nourrissent de tétranyques. Ils mesurent environ 3 mm et on peut les distinguer des autres espèces de thrips par les six points noirs sur le dos de l’adulte. La larve peut consommer 10 œufs ou larves d’acariens par jour, alors que l’adulte pourrait en consommer 60.
Pour les favoriser, il faut éviter d’utiliser des produits phytosanitaires toxiques pour les ennemis naturels. Une cote de toxicité sur les ennemis naturels des principaux insecticides, acaricides et fongicides est présente dans l’affiche Production fruitière intégrée Framboise - Édition 2024-2025 et peut vous aider dans le choix des produits.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Stéphanie Patenaude, agr., M. Sc., puis révisé par Stéphanie Tellier, agr., M. Sc. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Framboise ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Eve Bérubé, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.



