Pommier, Avertissement No 8, 27 mai 2026

Les stades « calice » et « début nouaison » sont atteints en Montérégie. L'éclaircissage a commencé dans le sud du Québec. Premières apparitions de taches de tavelure sur les feuilles en Montérégie-Ouest. Stratégie post-florale en cours contre l'hoplocampe, le charançon de la prune et la TBO. Premiers dommages de cécidomyies observés. Premières observations du puceron rose, du tétranyque à deux points et du tétranyque McDaniel en Montérégie.

 
DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(J. Tinslay et S. Gervais)

Le stade « calice » et la fin de la floraison sont atteints en Montérégie. Le stade « nouaison », soit lorsque les fruits sont visibles sur les fleurs fécondées et atteignent environ 5 mm de diamètre, a déjà débuté dans certains cultivars et certains sites.

En Montérégie-Est, les calibres rapportés sont :
 
  • de 3 à 4 mm pour la McIntosh.
  • de 3,5 mm pour la Spartan.
  • de 4 à 5 mm pour la Cortland.
  • de 3 à 4 mm pour l’Empire.
 
En Montérégie-Ouest, les calibres rapportés sont :
 
  • de 6 mm pour la McIntosh.
  • de 8 mm pour la Paula Red.
 
Dans les Laurentides et en Estrie, la pleine floraison a été atteinte pour la plupart des variétés et le stade « chutes des pétales » a débuté pour certaines variétés et dans les sites plus chauds.

Dans les régions de la Mauricie, de la Capitale Nationale, du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches, le stade « bouton rose » est atteint.

Dans la région du Centre-du-Québec et de la Mauricie, la floraison est débutée.

En Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, les stades du pommier varient de « pré-bouton rose » à « bouton rose ».

Consultez la section « Pollinisateurs et espèces utiles » de l’avertissement N° 5 du 13 mai 2026 pour obtenir des conseils sur la protection de ces espèces et sur la prévention de l’intoxication des abeilles et des pollinisateurs indigènes.

Des épisodes de gel ont été rapportés au cours de la semaine dernière dans différentes régions dont l'Estrie, la Mauricie et Québec, sans dommages jugés importants.
 
Calice avec un tout début de nouaison, le 27 mai 2026
Source : CSO

 
Selon le modèle prévisionnel de CIPRA consulté le 27 mai 2026, voici les prochains stades à venir pour le cultivar McIntosh, pour les régions plus au nord :
 
  • Québec : la floraison est prévue autour du 1er juin pour plusieurs sites.
  • Chaudière-Appalaches : la floraison est imminente.
  • Bas-Saint-Laurent : le stade « bouton rose avancé » est prévu entre le 1er et le 5 juin.
  • Gaspésie : le stade « bouton rose avancé » est prévu autour du 7 juin.
 
Surveillez vos pommiers! Vous pouvez sélectionner le modèle prévisionnel Phénologie McIntosh pour la station météo près de chez vous sur le site Web Agrométéo Québec.

 
 PLANIFIER L’ÉCLAIRCISSAGE, ÇA COMMENCE MAINTENANT
(S. Gervais)
 
Consultez l'avertissement N° 7 du 20 mai 2026 pour les outils et informations concernant le contrôle de la charge fruitière et l’éclaircissage.

 
TAVELURE
(V. Philion)

Les observateurs du réseau confirment l’apparition des premières taches foliaires de tavelure dans la région de Franklin. Selon RIMpro, les taches issues des petites infections de la fin avril et du début mai sont déjà en partie visibles et celles attendues avec l’infection majeure du 14-15 mai ont commencé à apparaître. D’ici au 3 juin, la plupart des taches de l’infection majeure de la mi mai seront visibles. Les infections secondaires prendront ainsi le relais aux infections primaires qui se termineront vers le 5 juin dans les secteurs les plus avancés. La saison des grosses infections primaires va s’achever avec la pluie prévue d’ici au 1er juin. Surveillez attentivement la croissance foliaire : les feuilles déployées et exposées à la pluie suite à votre traitement ne sont pas protégées.

Dans les vergers dépistés où il n’y a pas de tavelure apparente, la stratégie ne change pas. Adaptez vos traitements selon le risque sur l’échelle de RIM d’ici la fin des infections primaires. Dans les vergers où des taches sont visibles, le modèle RIMpro des infections primaires n’est pas applicable puisque les spores d’été (conidies) sont beaucoup plus nombreuses que les spores du printemps (ascospores). Dans les vergers avec taches, la protection régulière des fruits devient l’objectif, plutôt que de tenter de réprimer chaque infection. Consultez la fiche La tavelure : traitements d’été.
 

Capture d’écran du modèle prévisionnel tavelure à Franklin, le 27 mai 2026
Source : RIMpro

 
STRATÉGIE POST-FLORALE : POUR UNE APPLICATION BIEN CIBLÉE CONTRE LE CHARANÇON DE LA PRUNE, L’HOPLOCAMPE DES POMMES ET LA TORDEUSE À BANDES OBLIQUES
(S. Gervais)

Entre les phases du « calice » et de la « nouaison », plusieurs insectes ravageurs atteignent un stade où ils sont particulièrement vulnérables aux traitements insecticides, avant même d’avoir causé des dommages aux fruits. Le choix du moment d’intervention — au stade « calice » ou à la « nouaison » — doit être déterminé selon la présence du ravageur, le dépassement du seuil d’intervention et les antécédents du verger.

Une bonne planification des traitements après la floraison est essentielle et doit s’intégrer à la stratégie de protection estivale. En effet, plusieurs insecticides homologués pour lutter contre le charançon de la prune et l’hoplocampe des pommes sont également utilisés contre le carpocapse de la pomme et la mouche de la pomme. Il est donc important d’adopter une approche de gestion de la résistance en évitant les applications répétées de produits appartenant au même groupe chimique. Pour connaître les catégories et groupes chimiques des pesticides, consultez l’affiche PFI 2026, dans la section de droite consacrée à cette information.
 
Hoplocampe des pommes
Les captures d’hoplocampes des pommes sont généralement faibles selon les collaborateurs en Montérégie avec un peu plus de pression en Montérégie-Ouest et l’atteinte d’un pic de captures. Les premiers dommages sur fruit ont été observés en Montérégie-Ouest. Dans la région des Laurentides, les captures demeurent élevées, quoique le ravageur ait été moins actif au cours de la dernière semaine dans certains secteurs de cette région. Le début des captures est noté dans les régions de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches. Pour les méthodes de dépistage, consultez la fiche Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI et la fiche L’hoplocampe des pommes pour plus d’information sur le ravageur et les stratégies d’intervention.
 

Jeune dégât sur fruit d’hoplocampe des pommes
Source : IRDA

 
Charançon de la prune et autres charançons
L’activité du charançon de la prune est commencée et une première capture dans un piège à phéromones a été notée dans la région de l’Estrie. La méthode de dépistage de ce ravageur est décrite au tableau-synthèse « Dépistage par observation des fruits ou du feuillage » de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers. Vous pouvez suivre l'activité de la ponte chez la femelle sur le site d'Agrométéo, en sélectionnant le modèle « charançon de la prune ».  Pour connaître les stratégies d’intervention et les moments de traitement, consultez la fiche Le charançon de la prune du guide PFI.

Les traitements de kaolin (SURROUND WP) ont débuté en Montérégie-Ouest dans les vergers biologiques. Il y a eu une première mention du charançon de la pomme dans la région de Québec. D’autres charançons phytophages, tels que Phyllobius oblongus et le charançon radicole européen, sont également observés, parfois en grand nombre dans des vergers biologiques, avec des dommages visibles sur les fleurs et les feuilles.

Tordeuses
Une première chrysalide de la tordeuse à bandes obliques a été observée en Montérégie-Ouest, ce qui marque le début de la fin de la période d’intervention possible contre les larves de cette espèce dans cette région. Aucune capture de papillon n’a été signalée jusqu’à présent.

Dans les régions du nord, la présence de larves de tordeuses à bandes obliques est généralement faible. Pour la région de la Gaspésie, les seuils d’intervention concernent surtout les chenilles printanières.

La méthode de dépistage des tordeuses sur le feuillage est décrite au tableau-synthèse « Dépistage par observation des fruits ou du feuillage » de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers et les interventions possibles sont décrites dans la fiche La tordeuse à bandes obliques.
 

Chrysalide de tordeuse à bandes obliques
Source : Joseph Moisan-De Serres (MAPAQ)

 
ACARIENS
(S.Gervais)

Une forte pression du tétranyque rouge mobile est observée dans les régions de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches. Dans la région de Québec, l’éclosion des œufs est observée et la pression en début de saison semble également élevée.

Les premières observations de tétranyque à deux points et de tétranyque McDaniel ont été rapportées par les collaborateurs en Montérégie. Un premier seuil d’intervention est déjà atteint en Montérégie-Ouest.

Les prédateurs d’acariens sont également déjà présents dans les vergers de la Montérégie. Les premières observations de phytoséiides, de stigmaéides ainsi que de la punaise de la molène ont été signalées. Cette dernière peut avoir un double rôle : elle est un excellent prédateur d’acariens et de pucerons, mais lorsque les populations sont élevées et que la nourriture se fait rare, elle peut aussi s’attaquer aux fruits en les piquant, particulièrement lorsque les conditions météorologiques sont chaudes et sèches. Consultez la fiche Les punaises mirides occasionnelles du fruit afin d’estimer le risque qu’elle peut représenter et les stratégies d’intervention appropriées.

Afin de déterminer si une intervention est nécessaire, consultez la section « Dépistage par observation des fruits ou du feuillage » de la fiche Grilles de dépistage pour les vergers  et la fiche Stratégie globale de lutte contre les acariens pour les stratégies d’intervention en début de saison.

Pour les régions plus au sud où le stade « calice-nouaison » a été atteint, nous sommes rendus à la deuxième fenêtre d’intervention, soit la section « traitements en début de saison » de la fiche correspondante, avec des acaricides tels que l’AGRI-MEK.
 
 
LES PUCERONS
(J. Tinslay et S.Gervais)

Les premières observations de pucerons ont été rapportées en Montérégie et dans les Laurentides. Plusieurs espèces ont été observées : les pucerons roses, les pucerons verts et les pucerons des graminées.

Le puceron rose est un ravageur secondaire en PFI et s’attaque aux bourgeons à fruits et végétatifs. Afin d’estimer le risque associé à ce puceron, observez 100 bouquets floraux par bloc (10 par arbre standard et 5 par arbre nain ou semi-nain). Le seuil d’intervention est atteint lorsque plus de 10 % des bouquets contiennent plus de 20 pucerons. Consultez la fiche Grilles de dépistage pour les vergers pour la technique du dépistage et la fiche Les pucerons pour les stratégies d’intervention.
 

Pucerons roses
Source : IRDA

 
Les pucerons verts et pucerons graminées sont très semblables et faciles à confondre. Toutefois, les pucerons graminées apparaissent plus tôt dans les vergers (au débourrement). Selon la fiche Les pucerons, « les bourgeons peuvent supporter de fortes populations de pucerons des graminées sans qu’il y ait de pertes économiques. » Quant aux pucerons verts, les populations atteignent leur maximum au mois de juin. Le suivi des pucerons verts se fait toutes les semaines dès le mois de juin, en observant 100 pousses sur 10 arbres par bloc. Le seuil d’intervention varie selon la sévérité des pousses affectées (voir la fiche Grilles de dépistage pour les vergers pour plus de détails).
 
 
Pucerons des graminées (gauche) et pucerons verts (droite)
Source : Francine Pelletier et Franz Vanoosthuyse

 
Les prédateurs de pucerons ont déjà été observés par plusieurs conseillers dans différentes régions. En effet, des coccinelles, des larves de syrphes, des larves de chrysopes et des punaises de la molène ont été signalées. Consultez la fiche Description et efficacité des prédateurs de pucerons pour plus de détails sur les prédateurs de pucerons.

 
CARPOCAPSE DE LA POMME
(S. Gervais)

C’est toujours le début des captures du carpocapse de la pomme et des petits carpocapses de la pomme en Montérégie.

Pour les régions les plus au nord, l’installation de diffuseur pour la confusion sexuelle du carpocapse de la pomme est toujours possible. La confusion sexuelle est une pratique à moindre risque efficace dans la répression des carpocapses de la pomme. L'article Focus sur une pratique à moindre risque (1): la confusion sexuelle contre le carpocapse de la pomme détaille l’efficacité et le fonctionnement de cette méthode.

Consultez la fiche Grilles de dépistage pour les vergers et la fiche Le carpocapse de la pomme pour plus de détails sur le suivi et la répression du carpocapse de la pomme.

 
CÉCIDOMYIE DU POMMIER
(S. Gervais)


Dommages de cécidomyie du pommier
Source : Stéphanie Gervais

 
Les premiers dommages foliaires causés par la cécidomyie du pommier ont été observés en Montérégie-Ouest et dans les Laurentides. Il s’agit d’un ravageur mineur en PFI qui attaque principalement les jeunes feuilles des pousses terminales. Il affecte surtout la croissance, ce qui peut être problématique dans les nouvelles plantations. Une intervention peut être nécessaire dans ces cas. Plusieurs insectes prédateurs s’attaquent à ce ravageur, notamment les coccinelles et la punaise de la molène, déjà présentes dans les vergers. Consultez la fiche La cécidomyie du pommier pour plus d’information.

 
FERTILISATION FOLIAIRE
(S. Gervais)

Consultez le Calendrier de fertilisation foliaire des pommiers afin d’apporter les éléments nutritifs essentiels et d'obtenir des rendements optimaux et des fruits de qualité, sans pour autant accroître les problèmes de maladies et d’insectes.
 

RESSOURCES ET OUTILS
(S. Gervais)
 
Accès aux modèles prévisionnels RIMpro pour la tavelure, le feu bactérien, l’oïdium et l’éclaircissage des pommiers :

Tavelure
  • La tavelure : traitements contre les infections primaires.

Feu bactérien
  • Vos questions, nos réponses , Réseau-pommier;
  • Le feu bactérien : biologie, Réseau-pommier;
  • Le feu bactérien : stratégies de lutte, Réseau-pommier;
  • Outil décisionnel pour la gestion de la brûlure bactérienne, Agri-Réseau.

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.
 
 

Cet avertissement a été rédigé par Stéphanie Gervais, agronome, M. Sc. (IRDA) et Vincent Philion, agronome, M. Sc., phytopathologiste (IRDA). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Pommier ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agronome, Ph. D. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.