Lors de la dernière période, la température a été en hausse par rapport aux semaines précédentes, ce qui a été profitable pour le développement des cultures. Les précipitations ont généralement été suffisantes pour répondre aux besoins des plants dans plusieurs régions. Toutefois, certaines zones plus au nord ont dû recourir à l'irrigation afin de compenser un déficit hydrique.
On signale encore plusieurs cas de carences minérales, principalement en bore et en molybdène. Les symptômes observés comprennent notamment la déformation et la décoloration du feuillage ainsi que l'avortement du point de croissance à l'origine de plants borgnes. Comme mentionné dans les avertissements précédents, les conditions climatiques observées au cours des dernières semaines ont pu favoriser l'apparition de divers désordres physiologiques et de carences. L'arrivée de températures plus clémentes et les précipitations attendues au cours des prochains jours devraient contribuer à améliorer les conditions au champ.
Pour l'instant, la chaleur des derniers jours ne semble pas avoir eu d'incidence sur l'activité des ravageurs. La pression de ponte de la mouche du chou demeure faible dans la plupart des régions, alors qu'on observe une faible présence de larves principalement au sud de la province. Les traitements appliqués à la plantation continuent d'assurer une bonne protection des cultures.
Rappelons que dans les régies utilisant des filets anti-insectes, les filets doivent être installés de façon étanche dès le semis ou la transplantation. Si l'installation est retardée, les ravageurs, dont la mouche du chou et les altises, vont s'établir dans la culture avant la mise en place des filets, ce qui peut entraîner des infestations et des dommages importants.
Les thrips ont fait une apparition hâtive dans les cultures de chou et de chou chinois au sud de la province. La stratégie de lutte contre les thrips commence par la prévention, puisque le contrôle à l’aide d'insecticides n’est pas toujours efficace, surtout lorsqu’ils sont à l’abri dans les pommes de chou. Il est donc important de suivre les champs de près, particulièrement avant la densification de la pomme, afin d'intervenir dès le début d'une infestation.
Les populations d'altises (des navets et des crucifères) demeurent faibles et sous contrôle. On indique la présence d'adultes de punaise terne et des pucerons, principalement dans les crucifères asiatiques.
Des adultes de piéride du chou et de fausse-teigne des crucifères en vol sont observés jusqu'en Chaudière-Appalaches, alors qu'on rapporte une pression modérée à élevée de larves de piéride du chou au sud de la province.
Finalement, la cécidomyie du chou-fleur est active sur l'ensemble de la province. Si ce n'est pas déjà fait, il est important d'installer dès maintenant les pièges à phéromone dans les cultures implantées pour intervenir lorsque les premières captures seront faites, puisque le seuil d'intervention correspond à la présence de l'insecte, notamment pour les crucifères-feuilles et fleurs. Nous tenons à rappeler qu'en cette période de la saison, il est plus probable que la déformation des points de croissance soit causée par un stress ou par une carence en bore (comme mentionné précédemment) plutôt que par les larves de cécidomyie du chou-fleur, dont l'émergence des adultes de la génération hivernante vient à peine de commencer.
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Larves de vers gris recherchées Dans le cadre d'un projet de recherche sur le parasitisme des vers gris au Québec, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) et l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) sont à la recherche de larves qui peuvent être collectées dans les différentes cultures, maraîchères et grandes cultures. Les échantillons peuvent provenir de partout à travers la province. Consultez ce document pour en savoir plus. |
MALADIES ET DÉSORDRES
On rapporte toujours la présence de symptômes de tache bactérienne, alors que la pression reste faible et stable. Les infections associées à cette bactérie proviennent généralement de la serre. Les chaudes températures étant défavorables à la maladie, sa présence ne devrait pas s'amplifier. Restez toutefois à l'affût des premiers symptômes de la nervation noire qui se manifestent après la transplantation au champ, lorsque les températures atteignent 25 à 35 °C, sous une forte humidité relative (80 à 100 %). La prévention demeure le meilleur moyen de lutte contre les maladies bactériennes.
Les conditions fraîches des dernières semaines ont pu favoriser le développement de maladies racinaires telles que la fonte des semis et la hernie des crucifères. Dans le cas de la hernie, les symptômes foliaires (jaunissement et flétrissement des feuilles basales) s'expriment par temps chaud et sec, le système racinaire étant déformé et ayant de la difficulté à prélever l'eau du sol.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Marilou Ratté, agr. et Isabel Lefebvre, M. Sc. (CIEL), et Mélissa Gagnon, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Eve Bérubé, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
