Solanacées, Avertissement No 4, 18 juin 2026

Bonne reprise et bon développement des plants. Altises et pucerons à surveiller. Doryphore de la pomme de terre : premières éclosions en Montérégie et adultes dans d’autres régions : rappel des seuils et des stades larvaires. Autres insectes à surveiller : thrips, ver gris, pucerons et punaise terne, chrysomèle trirayée dans la cerise de terre. 

 
MÉTÉO ET ÉTAT DES CULTURES   


Le début de semaine a été chaud, toutes les régions ayant atteint au moins 30 °C. Dans toutes les régions, le cumul des degrés-jours en base 5 à partir du 1er avril est maintenant en avance sur 2025 et sur la moyenne (1981-2010).

Ce temps chaud et humide en début de semaine s’est conclu par de fortes pluies durant la fin de semaine et a été suivi par des températures plus saisonnières. Les précipitations ont été variables, allant de 8 à 75 mm. Le cumul de précipitations dépasse maintenant de beaucoup celui de l'année précédente, sauf en Chaudière-Appalaches.  

Le sommaire agrométéorologique Solanacées vous informe des précipitations et du cumul des degrés-jours entre le 10 et le 16 juin 2026 : 

  • Précipitations des sept derniers jours 
  • Sommaire des degrés-jours base 15 

 
Pour la prochaine semaine, on peut s'attendre à de la pluie tous les jours à l'exception de dimanche et mardi dans certaines régions, ainsi que des températures demeurant plus fraîches qu’en début de semaine dernière. 

Les plantations se terminent, la reprise est bonne en général et les plants se développent bien, avec très peu de symptômes de maladie signalés. Le tuteurage est commencé dans la tomate et les premiers fruits verts sont visibles dans les poivrons et les aubergines sous abri.  


 

MALADIES


L'alternariose reste limitée aux vieilles feuilles dans la tomate. Comme le temps humide annoncé peut favoriser l’apparition et la dispersion des maladies, les traitements préventifs ont débuté et la vigilance est de mise.  

 

INSECTES 

Doryphores 
Les premiers adultes ont été signalés dans l'aubergine dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, et une première éclosion a été observée en Montérégie.  

Les traitements insecticides doivent viser les jeunes larves. Comme le délai d’éclosion varie de 5 à 11 jours selon la température et que les larves passent rapidement du stade L1 au stade L4 en 10 à 20 jours, il est important d’effectuer un dépistage régulièrement. 
 
Les œufs pondus récemment sont de couleur jaune et deviennent de plus en plus orangés lorsqu'ils se rapprochent de l’éclosion.
 
Image Agri-Réseau
Masses d’œufs du doryphore de la pomme de terre : en haut des œufs pondus récemment (couleur jaune) et en bas des œufs avec une éclosion imminente (couleur plutôt orangée)
Photo : 
Patrice Thibault, agr. (RLIO inc.)

Les photos suivantes permettent de visualiser les 4 stades larvaires :
Image Agri-Réseau

Larves de stades L1 (1,5 à 2 mm) (à droite) et L2 (5 mm) (à gauche) : le pronotum est entièrement noir
Photo : Nadia Surdek, agr. (Groupe PleineTerre)

 

Image Agri-Réseau

Stade L3 : la larve mesure environ 8 mm et une coloration orangée apparaît sur le pronotum
Photo : Nadia Surdek, agr. (Groupe PleineTerre)

 

Doryphore de la pomme de terre L4

Stade L4 : la larve est plus pâle, il lui reste une mince bande noire entre la tête et le thorax, et elle mesure jusqu’à 12 mm
Photo : Nadia Surdek, agr. (Groupe PleineTerre)

 

Les seuils d’intervention suggérés proviennent du Recueil des seuils d’intervention contre les insectes et les maladies en cultures maraîchères et correspondent à un dépistage de 25 à 30 plants par champ pour lequel on fait une moyenne des individus observés par plant.
 

Seuils d'intervention du doryphore de la pomme de terre dans l'aubergine 

Stade de l'aubergine Seuil d'intervention suggéré 
Plants de moins de 15 cm de hauteur  
  • 2 petites larves (L1-L2)  
    ou
  • 1 grosse larve (L3-L4) en moyenne par plant  
    ou  
  • 10 % de défoliation causée par les adultes  
Plants de plus de 15 cm de hauteur  
  • 4 petites larves (L1-L2)  
    ou  
  • 2 grosses larves (L3-L4) en moyenne par plant  
    ou  
  • 20 % de défoliation causée par les adultes  


Ne pas confondre avec 
Les oeufs de plusieurs espèces de coccinelles ressemblent beaucoup à ceux du doryphore et peuvent être trouvés sur les plants d'aubergine. La couleur et la disposition sont similaires, mais les oeufs de coccinelle sont plus pointus, tandis que les oeufs de doryphore ont un aspect parfois un peu plus gluant. 
 
Image Agri-Réseau

Oeufs de doryphore de la pomme de terre

Photo : Joseph Moisan-De-Serres (LEDP)

Image Agri-Réseau

Oeufs de coccinelle, plus pointus
Les oeufs vont du jaune à l'orangé. 

Photo : Joseph Moisan-De-Serres (LEDP)


Autres insectes
Parmi les insectes plus occasionnels, on note la présence de thrips sur les poivrons et sur les aubergines. Les thrips, comme le thrips des petits fruits, causent parfois des dommages d’alimentation sur les feuilles. Les zones affectées présentent des plages bronzées ou argentées avec des petites boules d'excréments noirs. Les thrips peuvent également transmettre des virus, notamment le virus de la maladie bronzée de la tomate (TSWV). Il n'y a pas de seuil d'intervention au Québec et cet insecte ne cause pas de dommages économiques sur les fruits.

Des dommages de vers gris (jeunes plants de piments coupés ou avec des feuilles mangées) sont signalés dans Lanaudière. La fiche technique Les vers gris dans les cultures maraîchères donne de l’information sur les différentes espèces et les méthodes de lutte.

Les populations d’altises sont en baisse et celles de pucerons sont à surveiller : rappel des seuils de traitement dans le poivron.

Les premières punaises ternes sont rapportées dans Lanaudière (poivron et aubergine) et les populations sont stables ou en augmentation en Montérégie, mais observées seulement sur quelques sites : rappel des seuils de traitement et technique de dépistage.

La chrysomèle trirayée dans la cerise de terre est encore active, mais sous contrôle.  

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.


 

Cet avertissement a été rédigé par Alex-Antoine Fortier-Brunelle, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Solanacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agr., Ph. D. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.