Cucurbitacées, Avertissement No 6, 2 juillet 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Cucurbitacées
Quelques foyers de Phytophthora capsici détectés à la suite des pluies abondantes. La tache angulaire est stable ou en légère augmentation. Présence modérée de la tache alternarienne dans le melon brodé. Premières lésions d’anthracnose dans le concombre. Chrysomèles encore présentes et apparition de symptômes de flétrissement bactérien. Perceur de la courge un peu plus présent.

 
CONDITIONS MÉTÉO

Pour la période du 24 au 30 juin, dans la plupart des secteurs, les précipitations ont été moins abondantes que les semaines précédentes. Des températures près des normales de saison ont été enregistrées en début de période, puis, partout, une chaleur humide s’est installée à partir du 28 juin. Celles-ci devraient perdurer encore quelques jours et être accompagnées de risques d’orages.

Le sommaire agrométéorologique cucurbitacées vous présente le tableau des précipitations et des degrés-jours cumulés pour chacune des régions. 


ÉTAT DES CULTURES
 
De façon générale, la croissance des cucurbitacées est très bonne et rapide, la chaleur et l'humidité aidant. Par contre, pour les secteurs ayant eu beaucoup de précipitations les dernières semaines, on observe, dans les zones moins bien égouttées, du dépérissement. On signale également les premiers foyers de Phytophthora capsici.

Les récoltes de courgettes, de concombres et de cornichons sont en augmentation. La qualité est bonne. 

 
QUELQUES FOYERS DE PHYTOPHTHORA CAPSICI RAPPORTÉS
 
À la suite des pluies abondantes des dernières semaines, quelques foyers isolés de Phytophthora capsici ont été rapportés en Montérégie et dans Lanaudière, dans la courgette et le concombre. 

Les premiers foyers apparaissent souvent dans les secteurs mal drainés où des signes d'asphyxie racinaire peuvent être visibles. Bien que très difficile à contrôler, l’application de fongicides AVANT l’apparition de la maladie dans les champs à risque et qui ont un historique de maladie peut aider à freiner le développement de l'agent pathogène. Les fongicides suivants ont démontré une capacité à freiner le développement de la maladie, lorsqu'appliqués préventivement : ORONDIS ULTRA (groupes de résistance 40 et 49), ZAMPRO (groupes 40 et 45), PRESIDIO (groupe 43) et REVUS (groupe 40). Plus récemment, le fongicide XIVANA PRIME, dont la matière active est le fluoxapiproline (groupe 49), a également été homologué contre Phytophthora capsici et le mildiou.

Si Phytophthora capsici est présent dans vos champs
Lors de vos opérations au champ, dans la mesure du possible, visitez d'abord les champs sains pour terminer par les champs contaminés. Lavez bien les tracteurs et les récolteuses après le passage dans un champ contaminé, car Phytophthora capsici peut se transmettre d’un champ à l’autre par les particules de sol qui restent collées sur les roues de la machinerie.
 
Consulter le bulletin d'information N° 2 du 10 juin 2026 afin de connaître l'ensemble des produits biologiques et conventionnels homologués contre la maladie qui pourront exercer une répression ou une répression partielle du pathogène. 
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de Phytophthora capsici sur un plant de courgettes
Noter les pétioles flasques et le fruit avec mycélium poudreux et blanc.

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)

 

MALADIES FOLIAIRES

La tache angulaire (Pseudomonas syringae), dépistée la semaine dernière dans le concombre, les courgettes, les courges d'hiver, les citrouilles et les melons, est plutôt stable dans la plupart des régions ou en légère augmentation.
 
Image Agri-Réseau

Tache angulaire (Pseudomonas syringae) sur les vieilles feuilles, les nouvelles feuilles sont épargnées (29 juin 2026)

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)

 

On rapporte également de la tache alternarienne (Alternaria sp.) dans le melon brodé en Montérégie. Il peut parfois être difficile de distinguer la tache angulaire de la tache alternarienne dans le melon. L'envoi d'échantillons au Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ permet de confirmer l'agent pathogène avec certitude.
 
Image Agri-Réseau

Tache alternarienne (Alternaria sp.) confirmée par le LEDP (16 juillet 2019)

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)



De petits foyers d'anthracnose (Colletotrichum orbiculare) ont également été dépistés cette semaine dans le concombre frais en Montérégie. Les lésions sont encore peu nombreuses.
 
Image Agri-Réseau

Lésions d'anthracnose sur une feuille de concombre (30 juin 2026)

Photo : Nadia Surdek, agr. (Groupe PleineTerre)



L’oxychlorure de cuivre (CUIVRE EN VAPORISATEUR) et l'octanoate de cuivre (CUEVA COMMERCIAL) sont homologués à la fois contre la tache angulaire, la tache alternarienne et l'anthracnose. Si le nombre de lésions le justifie, réaliser les pulvérisations cuivrées avant une pluie imminente afin que le feuillage soit protégé. Il faut cependant s'assurer que les conditions de croissance soient optimales afin d'éviter tout risque de phytotoxicité. Renouveler l'application s'il y a eu un cumulatif de 20 mm de pluie depuis la dernière pulvérisation de cuivre et si de nouvelles précipitations sont attendues.

Consultez la fiche technique Le cuivre dans les cultures maraîchères pour connaître les stratégies d’utilisation des produits à base de cuivre.

INSECTES


Dans certains secteurs, la chrysomèle rayée nécessite encore des traitements dans des champs au stade végétatif. Nos collaborateurs nous rapportent cependant que les traitements de SEVIN XLR (carbaryl) ou HARVANTA 50SL (cyclaniliprole), réalisés contre la chrysomèle rayée du concombre, ont été efficaces. 

En Montérégie, on observe déjà les premiers plants atteints de flétrissement bactérien.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de flétrissement bactérien (Erwinia tracheiphila) sur un plant de concombre (30 juin 2026)

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)

 
Pour connaître les seuils d’intervention ainsi que les méthodes de lutte, consultez la fiche technique Chrysomèle rayée du concombre. Vous pouvez aussi consulter le bulletin d'information N° 2 du 10 juin 2026 afin de connaître les produits biologiques et conventionnels homologués contre cet insecte.
 
Le perceur de la courge (Melittia cucurbitae) a été capturé en petit nombre dans des pièges Heliothis cette semaine dans plusieurs régions, soit en Montérégie, en Estrie, au Centre-du-Québec, en Mauricie, dans Lanaudière et dans les Laurentides. 
 
Image Agri-Réseau

Perceur de la courge (Melitia cucurbitae)

Photo : LEDP (MAPAQ)
 

Les champs de petite dimension sont plus à risque, car un plus grand nombre d’œufs sont pondus par plant et, conséquemment, les nombreuses larves qui peuvent se trouver dans la tige tuent le plant. Les courgettes sont particulièrement vulnérables aux dommages du perceur de la courge. Toutefois, les courges butternuts, les concombres et les melons ne sont habituellement pas attaqués.

Mis à part les filets d’exclusion, il n’y a pas d’autre moyen de lutte actuellement. Aucun insecticide n’est homologué contre le perceur de la courge au Canada.

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.


 
Cet avertissement a été rédigé par Isabelle Couture, agr., M. Sc. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Cucurbitacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.