Au cours de la dernière période, la chaleur et l'humidité ont dominé. Malgré le passage de cellules orageuses, les précipitations cumulées sont demeurées généralement faibles dans la plupart des régions. Dans les champs avec des sols plus lourds, leur assèchement a induit la formation d'une croûte de battance pouvant causer des blessures au feuillage, par frottement.
Les différents stress abiotiques subis par les cultures au cours des dernières semaines, qu'ils soient liés à la chaleur ou aux déséquilibres hydriques, favorisent l'apparition de désordres physiologiques. On rapporte par exemple des cas de montaison prématurée dans certaines cultures. Là où les précipitations ont été plus abondantes, notamment dans les zones à drainage imparfait, on observe des symptômes d'asphyxie racinaire, qui se traduisent par le flétrissement et le dépérissement des plants.
INSECTES RAVAGEURS
Malgré la chaleur, l'activité des insectes ravageurs reste relativement stable, à l'exception de la fausse-teigne des crucifères qui est plus active. La pression de larves est en hausse dans l'ensemble des régions et elles causent des dégâts variables, selon les cultures et la régie. La pression de la piéride du chou demeure faible.
On observe des oeufs de la mouche du chou, tandis que les dégâts causés par les larves sont d'intensité variable. Les crucifères-racines et les crucifères asiatiques demeurent sensibles jusqu'à la récolte, puisque les asticots s'attaquent directement aux parties commercialisables. Dans ces cultures, le dépistage destructif (arracher les plants pour mieux voir les racines et détacher les feuilles pour mieux observer le feuillage) permet d'évaluer l'étendue des dommages causés par la mouche du chou. Les autres crucifères tolèrent généralement mieux les dommages après le stade de 10 à 12 feuilles. Il est toutefois important de rappeler que les galeries creusées par les asticots constituent des portes d'entrée pour plusieurs agents pathogènes.
Les populations d'altises (des navets et des crucifères) sont généralement faibles. L'activité des thrips est encore stable dans les cultures de chou et de chou chinois du sud de la province. La vigilance reste de mise, puisqu'il faut intervenir dès le début d'une infestation, avant la densification de la pomme. La répression de ce ravageur à l’aide d'insecticides n’est pas toujours efficace lorsqu’il est à l’abri dans les pommes de chou.
Dans les crucifères asiatiques, des dommages de punaise terne (déformation des feuilles au coeur du plant) sont observés. La pression des pucerons est encore faible.
Finalement, la pression de la cécidomyie du chou-fleur demeure généralement faible, mais elle est en augmentation dans plusieurs secteurs.
MALADIES ET DÉSORDRES
Les conditions chaudes et humides ont favorisé le développement de plusieurs maladies bactériennes et fongiques. On observe toujours des symptômes de pourriture molle bactérienne et de pourriture sclérotique dans les zones mal drainées.
La tache noire (Alternaria brassicicola) est présente dans certaines régions du sud de la province. La chaleur et l'humidité sont favorables à son développement et la progression peut être rapide. Une vigilance accrue est recommandée, particulièrement dans les crucifères-fleurs, où les lésions sur les inflorescences peuvent entraîner un déclassement des récoltes se traduisant en pertes de rendement.
Un premier cas de mildiou des crucifères a été observé dans un champ de rutabagas. Les conditions météorologiques prévues les prochains jours devraient être peu favorables au développement de la maladie, puisque le temps chaud et sec réduit la survie des spores et limite la propagation de l'agent pathogène.
On observe toujours des symptômes de nervation noire dans plusieurs champs du sud de la province, mais la pression reste stable. Plusieurs cas de hernie des crucifères et de fonte des semis ont également été rapportés. La pression de tache bactérienne demeure faible et stable.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Marilou Ratté, agr. et Isabel Lefebvre, M. Sc. (CIEL), et Mélissa Gagnon, agr., (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
