Oignon, ail et poireau, Avertissement No 10, 9 juillet 2026


Thrips en augmentation. Début d'activité des larves de teigne. Brûlure de la feuille en légère augmentation. Brûlure stemphylienne en augmentation. Mildiou de l'oignon présent sous forme de foyers en Montérégie. Plusieurs maladies opportunistes à la suite des intempéries.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS  
 

La période du 1er au 7 juillet a été généralement chaude au Québec, avec deux ou trois jours au-dessus de 30 °C en début de période. Un léger refroidissement a eu lieu vers le 4, mais les températures de jour sont restées au-dessus ou près des normales de saison. Les températures de nuit ont été élevées en début de période, souvent au-dessus de 20 °C. L’ensoleillement a été bon pendant toute la période. Les précipitations ont été variables et généralement faibles (voir la carte des précipitations). Pour certaines régions, les dernières précipitations datent maintenant de quelques jours et cette situation pourrait durer encore, bien que des averses soient prévues par endroits jeudi. L’irrigation est déployée ou en voie de l’être dans plusieurs cultures. 

  

AVANCEMENT DES TRAVAUX ET DÉVELOPPEMENT DES CULTURES

Ail
La croissance est généralement bonne, la récolte des fleurs est terminée ou tire à sa fin. La bulbaison se poursuit et les premières récoltes sont déjà en cours sur quelques sites.

 
Tableau 1 : Stades d'avancement de la culture
Région Stade d'avancement
Ail d'automne Ail de printemps
Capitale-Nationale
Récolte des fleurs
ND
Chaudière-Appalaches Récolte des fleurs ND
Estrie Récolte des fleurs Fleur d’ail fait presque un tour
Lanaudière Stade : 50 % bulbe Début fleur d’ail
Montérégie 7-8 feuilles ND
Saguenay–Lac-Saint-Jean Récolte des fleurs  8 feuilles
Outaouais Fleur d'ail ND
  ND  : donnée non disponible


Oignon et poireau
Dans l'oignon, la croissance est généralement bonne et la bulbaison est amorcée par endroits dans l’oignon planté. Les conséquences des excès d’eau se font encore sentir, le jaunissement des pointes des feuilles est observé et de la mortalité par zone est aussi rapportée. La croissance est également bonne dans le poireau et, là aussi, des zones de plus faible croissance sont observées à la suite des excès d’eau. 
 

Tableau 2 : Stade d'avancement des cultures
Région Stade oignon Stade poireau
Capitale-Nationale 4-5 feuilles 4 feuilles
Chaudière-Appalaches 5-6 feuilles 4 feuilles
Estrie 4-6 feuilles 4 feuilles
Montérégie 4-6 feuilles 20 cm et 50 cm
Centre-du-Québec  ND 8-9 feuilles
Lanaudière 4-6 feuilles 4-5 feuilles
Outaouais ND 4-6 feuilles
ND : donnée non disponible


Échalotes 
En Montérégie, les échalotes plantées sont au stade 5-8 feuilles avec début de bulbaison, tandis que les semées sont au stade 2-7 feuilles.
 

INSECTES
 
Thrips

Dans l’oignon, l'activité des thrips est en légère augmentation en Montérégie où certains champs atteignent jusqu'à 80 % de plants porteurs, mais pour la majorité des champs, le pourcentage est moindre. Des traitements ont été réalisés et d’autres sont prévus. Dans Lanaudière, leur présence est variable. En Estrie, leur présence est en augmentation, mais elle reste encore faible. Des traitements seront toutefois nécessaires par endroits. Dans la Capitale-Nationale, la situation est sous contrôle à la suite des traitements effectués et le suivi se poursuit, car de nouveaux adultes sont présents par endroits.  
 
Leur présence est aussi notée dans l'échalote en Montérégie et, dans une moindre mesure, dans l'oignon vert. Des traitements ont été nécessaires dans ces deux cultures. 
 
Ils sont aussi présents dans l'ail et le poireau, sans que des traitements aient été nécessaires.
 
  • Dépistage : dans les oignons, le dépistage des thrips commence dès le stade 2 feuilles. Regardez au cœur du plant afin d’y dénombrer les thrips adultes et les larves.  
  • Seuil d'intervention et stratégie : le seuil d’intervention couramment utilisé est de 1 thrips par feuille, mais celui-ci peut être ajusté en fonction des conditions météorologiques à venir, de l’efficacité des produits utilisés et du marché visé (récolte avec feuillage ou bulbe sec). Pour les oignons secs qui ne seront pas entreposés (sans ROYAL MH), il est possible de tolérer plus de thrips sans nuire au rendement.

Voir la fiche technique pour plus d’information. 


Teigne du poireau 
Les captures restent élevées dans les régions plus chaudes où le pic, tel que calculé par le modèle, est passé. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, elles sont en augmentation sur certains sites, alors que les captures sont encore faibles ailleurs. Elles sont en augmentation au Saguenay–Lac-Saint-Jean et restent faibles ou nulles dans les autres régions.

En Montérégie, de jeunes larves et leurs dommages commencent à être observés, surtout en bordure de champ dans l’ail, l’oignon et le poireau. Des traitements sont prévus sur certains de ces sites. En Estrie, des dommages ont été observés sur la fleur d’ail récoltée. Dans les autres régions, les larves de la deuxième génération ne sont pas rapportées.

Voir la carte des vols de la teigne du poireau.  
 
Toutes les espèces d'Allium peuvent être affectées par cette génération. Le poireau est la culture la plus attirante et celle qui subit les dommages les plus importants. Dans l’ail et l’oignon, la présence de larves dans le feuillage affecte généralement peu le rendement. Par contre, il est quand même conseillé de traiter étant donné que les dommages aux feuilles peuvent servir de porte d’entrée pour les maladies. Il arrive parfois aussi que les larves décident de quitter le feuillage pour s’attaquer aux bulbes. Ceci se produit lorsque le feuillage commence à se dessécher (maturation) alors que de grosses larves sont encore présentes dans les plants. 

Dans le cas de l’oignon, ce ne sont cependant pas tous les champs qui doivent être traités. Par exemple, les grands champs d’oignons de la Montérégie sont rarement affectés par la teigne. Ce sont le plus souvent les petites superficies d’oignons relativement isolées qui sont endommagées. Les petits champs d’oignons verts sont aussi plus à risque que les grands champs. Dans ces cultures, il n’est conseillé d’intervenir que si des dommages significatifs ont été observés par le passé.
 
 
À quelle date traiter?

Pour les fermes où du piégeage est effectué
  • Stratégie à un traitement : intervenir environ 10 jours après la date correspondant au milieu de la période où les papillons ont été les plus actifs.
  • Stratégie à deux traitements : effectuer le premier traitement environ 3 jours après la date qui correspond au milieu de la période où les papillons ont été les plus actifs et le deuxième traitement, 14 jours après le premier.
     
Région Stratégie à 1 traitement Stratégie à 2 traitements
Date Date 1 Date 2
Montérégie-Est* 9 juillet 2 juillet 16 juillet
Montérégie-Ouest* 8 juillet 1er juillet 15 juillet
Lanaudière* 12 juillet 5 juillet 19 juillet
Hautes-Laurentides* 13 juillet 6 juillet 20 juillet
Basses-Laurentides* 9 juillet 2 juillet 16 juillet
Outaouais * 14 juillet 7 juillet 21 juillet
Estrie 1 15 juillet 8 juillet 22 juillet
Centre-du-Québec * 13 juillet 6 juillet 20 juillet
Chaudière-Appalaches1 18 juillet 11 juillet 25 juillet
Mauricie1 16 juillet 9 juillet 23 juillet
Capitale-Nationale1 19 juillet 12 juillet 26 juillet
Témiscamingue 19 juillet 12 juillet 26 juillet
Abitibi À venir À venir À venir
Saguenay–Lac-Saint-Jean À venir À venir À venir
Charlevoix À venir À venir À venir
Bas-Saint-Laurent À venir À venir À venir
Gaspésie À venir À venir À venir
Côte-Nord À venir À venir À venir
* Certains sites de ces régions montrent un retard dans les captures. Si vous avez accès à des données de piégeage à proximité de votre site, calculez la date du ou des traitements à partir de ces données.
1.Les captures étant encore en augmentation sur des sites de ces régions, mieux vaut retarder les traitements de quelques jours, sauf si la présence de larves au champ est déjà confirmée.

Le tableau ci-dessus indique les dates d’intervention recommandées pour les stratégies à un ou deux traitements. Notez cependant que la date proposée correspond à une date moyenne pour la région. Si le champ est situé dans la partie la plus chaude de la région, intervenez deux ou trois jours plus tôt. Si, au contraire, il est dans un secteur plus froid, intervenez deux ou trois jours plus tard. Tenez compte également du microclimat particulier du champ (ex. : champ entouré de boisés) en traitant, s’il y a lieu, un ou deux jours avant la date indiquée. 
 

Pour plus d'information
  • Technique de piégeage de la teigne du poireau
  • La teigne du poireau : Stratégie de lutte
  • La teigne du poireau : Biologie et impact sur les cultures
 
 
MALADIES 
 
Ail 

Virus
Jusqu’à maintenant, la présence de virus est confirmée en Estrie, en Montérégie et en Outaouais, et elle est suspectée au Saguenay–Lac-Saint-Jean. L'incidence de la maladie est en augmentation dans un site de la Montérégie où elle atteint maintenant 25 % de plants porteurs, sans toutefois causer de retard de croissance aux plants atteints.

Ces confirmations et observations rappellent qu’il est important d’agir en prévention.

La fiche technique Ail - Virus de la striure du poireau présente des précautions à prendre en présence de plants virosés au champ. 

Brûlure de la feuille
La brûlure de la feuille est rapportée avec une faible incidence sur l’ail dans Lanaudière.

Fusariose du plateau
Cette maladie est stable sur les sites où elle est rapportée en Montérégie.

Brûlure stemphylienne
La maladie est rapportée en Montérégie et dans Lanaudière encore cette semaine. Voir la section sur l’oignon pour plus de détails.

Pourriture du col
La pourriture du col est rapportée en Montérégie et dans Lanaudière. Lorsque la maladie est détectée dans un champ, le séchage et l’entreposage adéquat des bulbes sont importants, comme décrit dans la fiche technique citée ci-haut.


Oignon sec, oignon vert et échalote

Brûlure de la feuille
L'incidence de la maladie est en légère augmentation en Montérégie et dans Lanaudière, et son incidence est faible en Estrie. Pour le moment, elle n’est pas rapportée dans les autres régions.

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.

Brûlure stemphylienne
L’incidence de la maladie est en augmentation dans l’oignon sec en Montérégie, les tâches étant observées surtout sur les dommages d’herbicides, les pointes des feuilles et les vieilles feuilles. Elle est aussi rapportée dans Lanaudière, où les vieux dommages sont sous contrôle, alors que de nouveaux cas sont rapportés sur des lésions causées par la pluie abondante, le vent et la grêle.

La brûlure stemphylienne est une maladie opportuniste dont les spores colonisent généralement les tissus blessés ou sénescents. Elle est favorisée par des températures chaudes (entre 18 et 25 °C) et une période de mouillure du feuillage d'au moins 16 heures.
 
  • Dépistage : il est recommandé d'effectuer un dépistage une fois par semaine et de noter le pourcentage de plants porteurs de la maladie.
  • Prévention et stratégie : les mesures préventives à instaurer en cours de saison consistent à éliminer les oignons volontaires, à effectuer une bonne gestion des mauvaises herbes et des thrips, à diminuer les risques de mouillure du feuillage et à alterner les groupes de fongicides utilisés.  

Pour plus d'information sur les stratégies d'intervention et les symptômes, voir la fiche technique Brûlure stemphylienne (Moisissure noire des feuilles).

Mildiou 
La maladie est présente sous forme de foyers en Montérégie où les traitements se poursuivent. Des traitements préventifs ont lieu dans Lanaudière.

Les premiers symptômes du mildiou sur l’oignon apparaissent sur les vieilles feuilles, sous la forme de taches vert pâle ou jaune clair en forme de demi-lune. Les spores leur donnent une apparence duveteuse, de teinte grise ou violacée. Avec le temps, ceux-ci disparaissent et les lésions deviennent beiges et sèches. Sans intervention et dans des conditions favorables, la feuille entière devient éventuellement jaune et meurt.   

Les conditions favorables au développement de la maladie sont les périodes d'humidité prolongée (rosée) avec des températures entre 7 et 16 °C.  Il est alors conseillé de dépister les champs à risque plus d’une fois par semaine pour détecter les premiers symptômes. La maladie apparaît localement, puis prend de l’expansion en foyers.   

La régie fongicide devrait être commencée dès l’apparition des premiers symptômes. Il est important d’alterner les groupes de fongicides utilisés pour éviter le développement de résistance.   

Il existe des capteurs de spores qui permettent de quantifier la présence de l’agent pathogène dans l’air. Combinée à l’utilisation d’un modèle prévisionnel, cette technique permet de prendre les mesures nécessaires pour prévenir l’apparition des symptômes. Certains biofongicides sont aussi disponibles en prévention.  

Pour réduire le risque d’apparition de la maladie, il faut privilégier la rotation des cultures, éliminer les oignons volontaires, éviter les excès d’azote et favoriser la circulation d’air pour faciliter le séchage du feuillage.   

Pour plus d’information, consultez la fiche technique.
 
Fusariose du plateau 
Cette maladie est rapportée en Montérégie, notamment dans des champs ayant été inondés.

Le premier symptôme observable de cette maladie est le dépérissement de la pointe et le jaunissement des feuilles. Le plateau racinaire prend ensuite une couleur orangée qui se propage vers le haut. S’il y a progression de la maladie, la croissance du plant est ralentie et le plant entier jaunit et flétrit. Les oignons infectés s’arrachent facilement. 

Pourriture bactérienne 
En Montérégie et dans Lanaudière, quelques cas de pourriture bactérienne, avec une incidence maximale de 3 à 5 % de plants avec symptômes, sont rapportés. 

Les premiers symptômes sont observés sur une des feuilles d’âge moyen, située à l’intérieur du bouquet foliaire, qui flétrit et s’affaisse, tandis que les autres feuilles demeurent vertes et en santé. En conditions humides, la feuille affectée a une texture molle et se désagrège facilement, tout en étant gluante au toucher. Si les conditions sont favorables, la pourriture envahit graduellement le bulbe et le plant entier finit par mourir. Lorsque des conditions sèches surviennent peu après l’infection, la feuille affectée sèche rapidement et, parfois, le bulbe est épargné. Par contre, il arrive aussi que la maladie redémarre en entrepôt.

Plusieurs références indiquent que les produits à base de cuivre, habituellement reconnus pour avoir un effet sur les bactéries, seraient peu, voire même totalement inefficaces contre les pourritures bactériennes de l’oignon. En pratique, c’est le retour du temps sec qui semble arrêter le plus efficacement la progression de cette maladie.

Les mesures préventives recommandées sont les suivantes :
  • Évitez les doses excessives d’azote.
  • Évitez d’irriguer après le début de la bulbaison (diamètre du bulbe égal à deux fois le diamètre du col). Si vous devez irriguer par aspersion, faites-le tôt le matin, de manière à profiter des températures plus fraîches et à permettre, par la suite, un assèchement rapide du feuillage.
  • Réprimez adéquatement les mauvaises herbes pour favoriser un assèchement rapide du feuillage.
  • Évitez tout dommage au feuillage ou aux bulbes lors des opérations culturales. 

Autres maladies 
En Montérégie, quelques cas de charbon de l’oignon sont rapportés, avec une incidence maximale de 3 % de plants porteurs et la tache pourpre est signalée.

 

Poireau 
Une faible incidence de Stemphylium est observée au Centre-du-Québec et en Montérégie, notamment sur de vieux dommages de teigne du poireau.
 

  • Brûlure stemphylienne (Moisissure noire des feuilles)
  • Mildiou de l’oignon
  • Brûlure de la feuille
  • Thrips de l’oignon
  • Ainsi que le document Utilisation des herbicides dans l’oignon semé en sol organique
 
 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Eve Abel, agr. (MAPAQ) et Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME), avec la collaboration de Caleb Doamba, étudiant (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Oignon, ail et poireau ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr. M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.