
Plantations et récoltes dans toutes les régions. Punaises, pucerons et chenilles. Maladies de sol surtout en Montérégie. Mildiou et tache bactérienne en Montérégie. Brulure de la pointe, assèchement marginal et autres désordres.
La période du 1 au 7 juillet a été généralement chaude au travers du Québec avec 2 ou 3 jours au-dessus de 30 °C en début de période. Un léger refroidissement a eu lieu vers le 4, mais les températures de jour sont restées au-dessus ou près des normales de saison. Les températures de nuit ont été élevées en début de période, souvent au-dessus de 20 °C. L’ensoleillement a été bon pendant toute la période. Les précipitations ont été variables et généralement faibles (voir la carte des précipitations). Pour certaines régions, les dernières précipitations datent de quelques jours, cette situation pourrait durer encore bien que des averses soient prévues par endroits jeudi. L’irrigation est déployée ou en voie de l’être dans plusieurs cultures.
Les plantations et les récoltes se poursuivent dans toutes les régions.
En Montérégie-Ouest, les populations de punaises demeurent au-delà des seuils d’intervention dans plusieurs champs, justifiant des traitements surtout contre les punaises ternes adultes et les larves de punaise brune. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, les punaises ne nécessitent toujours pas de traitement.
Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant pour détecter la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures de champs.
Seuils d'intervention contre les punaises
| Laitue pommée | Moins de 10 feuilles | 7 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants | |
| Laitue romaine et en feuille | Moins de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 3 individus pour 30 plants |
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
En Montérégie, les populations de puceron de la laitue sont en augmentation, nécessitant quelques interventions visant aussi parfois les punaises. Quelques pucerons sont rapportés près de Québec (Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches), mais pas assez pour nécessiter de traitement pour l’instant.
Voir les pages 10 et 11 ainsi que la Figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec.
Dépistage et prévention
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.
Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Autres insectes
Une intervention a été nécessaire contre des fausses-arpenteuses présentes dans la pomme de laitue pommée en Montérégie-Ouest. Dans cette région, les sauterelles causent des dommages aux laitues près de la récolte. La situation demeure tolérable. La présence d’altises, cicadelles, limaces, thrips et perce-oreilles (Capitale-Nationale seulement) est aussi rapportée, sans être problématique.
En Montérégie, les cas d’affaissement pythien (Pythium sp.) et de pourriture blanche (Sclerotinia spp.) sont encore élevés dans les champs touchés par l’excès d’eau. Les cas de pourriture basale (Rhizoctonia sp.) augmentent, mais demeurent modérés. Toujours en Montérégie, les cas de moisissure grise (Botrytis sp.) sont peu nombreux. En Chaudière-Appalaches, la pourriture blanche est plutôt stable.
Pour plus d’information, veuillez consulter les fiches techniques relatives à ces maladies à la fin de l’avertissement.
MALADIES FOLIAIRES
Mildiou de la laitue (Bremia lactucae)
En Montérégie-Ouest, la maladie était encore en augmentation en début de période, affectant les feuilles basses et intermédiaires, et des traitements fongicides ont été réalisés. La sporulation a fortement diminué par la suite, grâce aux traitements et au temps chaud et ensoleillé. Le mildiou n’a pas été rapporté dans les autres régions.
Dépistage : Il faut prendre soin d’inspecter les deux côtés de toutes les feuilles du plant, en portant une attention particulière au feuillage près du sol (sous le plant), car la maladie y est souvent latente. Les principaux symptômes observés sont des taches jaunes délimitées par les nervures sur le dessus de la feuille, accompagnées de sporulation blanche semblable à du sucre en poudre. C’est la présence de cette sporulation blanche qui indique que la maladie est encore active et qui justifie la décision d’intervenir ou non. Les taches séchées ou qui ne sporulent pas ne permettent pas à la maladie de se propager.
Prévention : Pour retarder la progression du mildiou, il est recommandé de planter les laitues dans le sens inverse des vents dominants afin d’éviter que le vent transporte les spores de mildiou des plantations plus âgées vers les plantations plus jeunes. Des cultivars résistants sont aussi disponibles pour certains types de laitue.
Voir cette fiche technique pour plus d’information.
Tache bactérienne (Xanthomonas campestris)
La tache bactérienne est élevée par endroits en Montérégie, mais atteint les feuilles intermédiaires de la laitue romaine dans certains champs.
Prévention : La propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps.
DÉSORDRES
Les cas de brûlure de la pointe sont en augmentation en Chaudière-Appalaches et en Montérégie-Ouest, causant quelques pertes à la récolte dans cette dernière région. Des interventions (irrigation, apports foliaires) peuvent être effectuées afin de limiter les dommages. Pour plus de détails sur les symptômes, les causes et la prévention de la brûlure de la pointe, consultez la section « Stratégie d’intervention contre la nécrose marginale (brûlure de la pointe) dans la laitue, et le cœur noir dans le céleri » présentée aux pages 4 et 5 de l’avertissement N° 4 du 2 juin 2005.
Avec les fortes chaleurs, les cas d’assèchement marginal ont connu une forte augmentation dans quelques champs de romaine en Montérégie-Ouest. Ce désordre apparaît sur les bordures de feuilles matures ou presque matures, ce qui est différent de la brûlure de la pointe qui se développe sur les feuilles en croissance active. Ce désordre apparaît généralement pendant les périodes chaudes, lorsque le taux d’humidité de l’air est très faible.
On rapporte aussi quelques cas de montaison prématurée en Chaudière-Appalaches et en Montérégie, ainsi que des coups de soleil sur les pommes de laitue pommée en Montérégie.
Pour bien planifier votre saison, consultez les fiches techniques suivantes
- Pucerons
- Punaise terne et punaise brune
- Pourriture blanche (affaissement sclérotique)
- Affaissement pythien ou affaissement sec
- Pourriture basale (rhizoctone brun)
- Mildiou de la laitue
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Laitue et chicorée ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.