Cucurbitacées, Avertissement No 7, 8 juillet 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Cucurbitacées
Peu de nouveaux foyers de Phytophthora capsici. Premier signalement de la tache plectosporienne dans la courgette. Taches foliaires généralement stables. Nouvelle homologation du XENTARI WG contre le perceur de la courge. Flétrissement bactérien en augmentation. Papillons du perceur de la courge en vol dans plusieurs régions.

 
CONDITIONS MÉTÉO

La chaleur et l’humidité ont été au rendez-vous durant la période du 1er au 7 juillet. Aussi, il n’est tombé que très peu de pluie dans les sept derniers jours, ce qui fait que, sans irrigation, les champs sont assez secs dans l’ensemble. Par contre, la croissance des cucurbitacées a été forte et rapide durant la période. Si les prévisions météo se confirment, les précipitations annoncées, bien que faibles, seront les bienvenues.

Le sommaire agrométéorologique cucurbitacées vous présente le tableau des précipitations et des degrés-jours cumulés pour chacune des régions. 


ÉTAT DES CULTURES
 
Les récoltes de concombres, de cornichons et de courgettes battent leur plein. La qualité est bonne. On nous rapporte cependant la présence d'un peu de mauvaise pollinisation dans la courgette. Cette situation pourrait être causée par les températures très chaudes actuelles qui font moins butiner les abeilles ou encore à cause d’un manque de fleurs mâles en début de récolte.
 
Dans les champs les plus avancés, les courges d’hiver et les citrouilles sont au stade de la floraison ou de la fructification, alors que les melons brodés et les melons d’eau sont au stade de grossissement des fruits. Les champs qui ne sont pas irrigués semblent flétris le jour, mais reprennent leur turgescence en soirée. Par contre, les réserves en eau du sol diminuent, ce qui pourrait amener des stress hydriques importants dans les prochains jours, s'il ne pleut pas.

 
PEU DE NOUVEAUX FOYERS DE PHYTOPHTHORA CAPSICI RAPPORTÉS DEPUIS UNE SEMAINE
 
Depuis une semaine, peu de nouveaux cas de Phytophthora capsici  se sont ajoutés à ceux qui avaient déjà été dépistés en Montérégie et dans Lanaudière, dans la courgette, le concombre et la courge. Ces derniers sont stables. Consulter l'avertissement N° 6 du 2 juillet 2026 pour en savoir davantage sur la maladie et les moyens de lutte.

 
PREMIER FOYER DE TACHE PLECTOSPORIENNE DANS LA COURGETTE
 
Un premier foyer de tache plectosporienne (Plectosphaerella cucumerina/Plectosporium tabacinum) a été dépisté dans la courgette en Montérégie. Plectosporium tabacinum est un champignon commun dans les sols et sur le matériel végétal en décomposition. Les souches pathogènes peuvent se maintenir sur les résidus de culture et survivre quelques années dans le sol en absence d’hôte. Les spores de P. tabacinum entrent en contact avec leurs plantes hôtes par les éclaboussures d'eau et par le vent.

Les lésions prennent l’apparence de taches blanchâtres. Celles-ci sporulent beaucoup et enclenchent de nombreux cycles d'infections secondaires propices à la contamination d’autres plants. Une fois la maladie installée dans un champ, le vent est très efficace pour disperser les spores sur de longues distances.

Les cucurbitacées les plus sensibles à la maladie sont les courgettes et les citrouilles. Plus récemment, la tache plectosporienne a aussi fait son apparition sur les courges butternuts, sur des cucurbitacées appartenant aux Cucurbita maxima (hubbard, buttercup, ambercup, citrouilles géantes) et sur quelques gourdes.

Pour en savoir davantage sur la tache plectosporienne, consulter la fiche technique Tache plectosporienne.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de la tache plectosporienne où les lésions sont en forme de lentilles ou de losanges, sur les courants et pétioles des courgettes (7 juillet 2026)

Photo : Karine Bertrand, agr. (Bio-Action)

 

AUTRES MALADIES FOLIAIRES

La tache angulaire (Pseudomonas syringae) et la tache alternarienne (Alternaria sp.), dépistées il y a plus de 15 jours, sont généralement stables et se maintiennent sur les vieilles feuilles dans la plupart des cas. Il n'y a pas eu de progression des lésions ni de nouveaux foyers d'anthracnose (Colletotrichum orbiculare) depuis une semaine. On signale quelques lésions de tache septorienne dans la citrouille, dans la Capitale-Nationale.

 

NOUVELLE HOMOLOGATION DU XENTARI WG CONTRE LE PERCEUR DE LA COURGE 


L'insecticide biologique à base de Bacillus thuringiensis var. aizawai, le XENTARI WG, est maintenant homologué contre le perceur de la courge dans toutes les cucurbitacées. Pour l'obtention de son homologation dans les cucurbitacées contre le perceur de la courge, des tests d'efficacité ont été réalisés de 2022 à 2024 par le sous-réseau Cucurbitacées du RAP, à la plateforme biologique de Saint-Bruno, en Montérégie, puis transmis à la Direction de la réglementation des pesticides (DRP), anciennement appelée l'ARLA.

Si vous avez eu des dommages par le passé, il est très utile d'implanter un piège Heliothis avec phéromone du perceur de la courge dans la parcelle.

En production biologique, dans la courgette ou dans les autres courges buissonnantes, si vous avez eu des dommages par le passé, nous vous suggérons de faire un traitement lorsqu'au moins 5 papillons du perceur de la courge sont capturés par semaine. Vous pourriez donc avoir à traiter une fois par semaine pendant plusieurs semaines si la pression est grande sur votre entreprise. Pour les citrouilles et autres courges qui ne sont pas buissonnantes, le seuil est de 12 papillons par semaine pour déclencher les premiers traitements. Un grand volume d'eau est nécessaire pour bien couvrir le pied du plant, où seront pondus les oeufs. 
 

INSECTES


Le perceur de la courge (Melittia cucurbitae) est maintenant bien présent dans plusieurs régions, car les captures dans les pièges Heliothis sont en hausse en Montérégie, en Estrie, au Centre-du-Québec, en Mauricie, dans Lanaudière, dans les Laurentides et dans la région de Québec.

Pour connaître les captures hebdomadaires du réseau du perceur de la courge, consulter le tableau des captures du perceur de la courge.

Les champs de petite dimension sont plus à risque, car un plus grand nombre d’œufs sont pondus par plant et, conséquemment, les nombreuses larves qui peuvent se trouver dans la tige tuent le plant. Les courgettes sont particulièrement vulnérables aux dommages du perceur de la courge, tandis que les courges butternuts, les concombres et les melons ne sont habituellement pas attaqués.

Dans certains secteurs, la chrysomèle rayée nécessite encore des traitements dans des champs au stade végétatif. Dans le concombre et la courge, on observe davantage de flétrissement bactérien cette semaine.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de flétrissement bactérien (Erwinia tracheiphila) sur un plant de concombre (7 juillet 2026)
Le plant à gauche n'est pas affecté alors que celui de droite l'est.

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)


 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.


 
Cet avertissement a été rédigé par Isabelle Couture, agr., M. Sc. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Cucurbitacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.