Solanacées, Avertissement No 7, 9 juillet 2026

Poivron : premier cas de Phytophthora capsici, maladies bactériennes en augmentation. Tomate : premier cas de sclérotiniose, maladies bactériennes et alternariose sous contrôle. Aubergine : premiers cas de verticilliose - symptômes et gestion. Cerise de terre : premier cas de tache cercosporéenne. Scarabées japonais, cicadelles et pucerons présents, doryphores sous contrôle. Quelques cas de pourriture apicale. Différencier la chute physiologique de fleurs des dommages d'alimentation de punaise. 

 
MÉTÉO ET ÉTAT DES CULTURES 
 

La semaine a été chaude et humide. Très peu de pluie a été reçue au courant de la semaine. La plupart des régions ont un retard sur le cumul des précipitations comparé à l'année précédente, et les sols sont secs. Cependant, très peu de désordres physiologiques sont signalés, et la croissance des plants reste excellente dans l’ensemble.  

Le sommaire agrométéorologique solanacées vous informe des précipitations et du cumul des degrés-jours entre le 1er et le 7 juillet 2026 : 
 

  • Précipitations des sept derniers jours  
  • Sommaire des degrés-jours base 15 
 
Environnement Canada prévoit des températures plus près des normales de saison au cours de la prochaine semaine, accompagnées d'épisodes de pluie qui seront les bienvenus.  

 
MALADIES 

Si les pluies abondantes ont occasionné une augmentation rapide des maladies fongiques et bactériennes dans les dernières semaines, leur développement a ralenti cette semaine, et les foyers sont généralement sous contrôle.  

Tomate
Dans la tomate, les différentes maladies (alternariose, moucheture et chancre) sont stables et se retrouvent surtout sur les vieilles feuilles, bien que des fruits soient affectés par endroits. Un premier cas de sclérotiniose est signalé en Montérégie.  

Poivron
Un premier cas de Phytophthora capsici est signalé en Montérégie. Les cas de la semaine dernière dans les cucurbitacées sont stables et peu de nouveaux foyers sont signalés. L'avertissement N° 12 du 8 août 2024 résume les conditions d'apparition et les phases du développement de cette maladie dans le poivron.   

Toujours dans le poivron, les maladies bactériennes sont plus présentes qu’à l’habitude. La moucheture bactérienne a été confirmée dans les Laurentides par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ. D’autres cas, qui pourraient être de la moucheture, de la tache bactérienne ou du chancre, sont signalés en Chaudière-Appalaches, en Montérégie et dans Lanaudière. Contrairement au chancre et à la tache bactérienne, la moucheture bactérienne n’affecte pas les fruits dans le poivron. 
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de moucheture bactérienne (Pseudomonas syringae) sur un plant de poivron

Photo : Sabrine Hrimech (Services-conseils Profiteausol)


Cerise de terre
Dans la cerise de terre, un premier cas de tache cercosporéenne est signalé en Montérégie. Pour un rappel des maladies les plus courantes dans la cerise de terre, veuillez consulter l’avertissement N° 8 du 19 juillet 2023. 

Aubergine
Quelques cas de verticilliose sont signalés dans l’aubergine.  

Cette maladie vasculaire est causée par un champignon de sol, Verticillium dahliae. Les symptômes s’expriment lorsque les plants sont chargés de jeunes fruits en grossissement, alors que les systèmes vasculaires et racinaires sont fortement sollicités.  
 
Au début, les feuilles du bas du plant prennent une coloration anormalement pâle pour graduellement jaunir et brunir. Les feuilles fanent et le plant entier peut dépérir. Souvent, le jaunissement de la feuille est apparent uniquement sur une des deux moitiés de la feuille, délimitée par la nervure principale. En général, dans le champ, les plants affectés sont disposés en foyers circulaires.  
 
Une gestion optimale de la conduite de la culture (sol bien irrigué, non compacté et sans zones d’accumulation d’eau, fertilisation adéquate, etc.) peut contribuer à diminuer la pression de la maladie. La seule façon de lutter à long terme contre la verticilliose est de favoriser des rotations de quatre ans sans cultures de solanacées, de cucurbitacées ou de petits fruits. Toutes ces cultures permettent au champignon de se multiplier, bien que plusieurs d’entre elles soient tolérantes et ne démontrent aucun signe apparent d’infection. L’aubergine est la plante la plus sensible à la verticilliose, mais il existe des différences de sensibilité variétale. 
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de verticilliose dans l'aubergine
Le jaunissement est apparent sur la moitié de la feuille.
Photo : MAPAQ


 
  INSECTES 

Les punaises ternes et pentatomides ainsi que les altises sont peu actives cette semaine.   
 
Les pucerons sont généralement peu actifs et contrôlés par les auxiliaires naturellement présents. Des collaborateurs signalent la présence de miellat sur les fruits. Le miellat, un liquide sucré qui est produit par les pucerons lorsque les populations sont abondantes, peut développer un champignon noir, la fumagine. Ce champignon n'est pas pathogène, mais il peut nuire à la photosynthèse et à l'apparence des fruits. 

Les cicadelles sont un peu plus présentes que la semaine dernière, mais aucun dommage n’est signalé pour l’instant. Dans l’aubergine, la cicadelle peut injecter des toxines qui perturbent la croissance normale des plants et causer, sur le pourtour des feuilles, une décoloration jaune, qui brunit par la suite. Contrairement à la verticilliose, le jaunissement n'est pas réparti d'un seul côté, et le système vasculaire de la plante n'est pas affecté. 

Quelques dommages de scarabées japonais sont signalés dans la tomate et le poivron en Montérégie.  

Les tétranyques sont encore actifs dans la cerise de terre et les aubergines, mais les dommages sont minimisés par la forte croissance des plants.  

La chrysomèle trirayée de la pomme de terre est à surveiller dans la cerise de terre, nécessitant parfois des traitements lorsque les populations et les dommages le justifient.  
 
Pour les doryphores, la chaleur a accéléré l'éclosion des oeufs et la croissance des stades larvaires, rendant plus difficile la planification des interventions. Cependant, les populations sont généralement sous contrôle.  

 

DÉSORDRES PHYSIOLOGIQUES 


Quelques cas de pourriture apicale sont rapportés. L'irrigation insuffisante ou irrégulière et la croissance rapide des plants, ainsi que les dommages aux racines occasionnés pendant les périodes de forte pluie des semaines précédentes, accroissent le risque de ce désordre physiologique. Pour plus d’information, veuillez consulter la fiche technique Pourriture apicale du poivron et de la tomate de champ.  

La chute de fleurs est rapportée dans le poivron et l’aubergine. Ce phénomène peut être observé dans les jours suivant les fortes chaleurs, puisque les températures élevées affectent la pollinisation.  

La chute de fleurs peut être également causée par les punaises ternes qui coupent les boutons pour s’alimenter, mais comme les punaises sont peu actives, la chaleur pourrait vraisemblablement être la cause de ce problème.  


Différencier la chute physiologique de fleurs des dommages d'alimentation de punaise


Chute physiologique 

  • C’est un phénomène d’avortement fréquent, surtout chez le poivron et dans certaines variétés de tomate « beef ». 
  • Les plants sont chargés de beaucoup de jeunes fruits au début nouaison ou de plusieurs fruits qui grossissent en même temps. La charpente foliaire des plants ne pourra pas faire grossir tous les fruits et la chute naturelle se produit. 
  • La chute des jeunes fruits ou la coulure des fleurs est généralisée et très visible dans tous les plants qui ont atteint le même stade critique physiologique, parfois dans des sections de champ par variété ou par date de plantation. 
  • Le problème peut se retrouver uniquement dans des champs ou des sections de champ où les plants sont peu vigoureux ou carencés pour différentes raisons : sécheresse, sol gorgé d’eau, carences minérales, pH inadéquat, compaction du sol, etc.). 

 
Chute causée par la punaise terne 

  • On observe la punaise terne adulte dans le champ. Ça prend peu de punaises pour causer des dommages, soit 5 adultes retrouvés sur 25 plants, mais pour traiter, il faut observer la présence de l’insecte. 
  • La chute est observée par foyers, de façon aléatoire et sans lien évident avec des variétés, des stades de développement particuliers ou des stress de croissance. 
 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.
 
 
 
Cet avertissement a été rédigé par Alex-Antoine Fortier-Brunelle agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Solanacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.