Cucurbitacées, Avertissement No 13, 19 août 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Cucurbitacées
Absence de mildiou. Le blanc en forte augmentation dans les courgettes. Sénescence naturelle du feuillage là où les fruits sont près de la maturité. Présence de fruits avec flétrissement bactérien. Chrysomèles dans les fleurs de cucurbitacées. Foyers de pucerons et de tétranyques. Implantation de cultures de couverture.

 
CONDITIONS MÉTÉO

Pour la période du 12 au 18 août, les conditions ont été plutôt variables, avec des alternances de soleil et d'averses locales. Quelques orages ont été signalés, dont un plus fort le 13 août, produisant de la forte grêle par endroits. Les températures sont toutefois demeurées de saison, oscillant de chaudes à modérées.

Le sommaire agrométéorologique cucurbitacées vous présente le tableau des précipitations et des degrés-jours cumulés pour chacune des régions. 

 
ABSENCE DE MILDIOU AU QUÉBEC
 
Il n’y a toujours pas de mildiou (Pseudoperonospora cubensis) au Québec, ni en Ontario. On signale cependant l'apparition des premiers foyers dans l'État du Michigan, dans le concombre, selon le site Web IPMPipe website for CDM. 

Si la maladie venait à arriver au Québec, les concombres et les melons brodés seraient les plus à risque, car les spores qui arrivent au Québec sont généralement du clade 2, c'est-à-dire le groupe de la maladie qui infecte ces cultures. 

Pour en savoir davantage sur le mildiou et connaître les produits phytosanitaires reconnus efficaces contre la maladie, consulter la fiche technique Mildiou des cucurbitacées.

 
AUGMENTATION DU BLANC DANS LES COURGETTES
 
Dans toutes les régions, on nous signale une augmentation du blanc (Sphaerotheca fuliginea) dans les courgettes. Dès que la récolte est terminée, détruisez les vieux plants pour qu’ils ne deviennent pas une source de contamination pour les champs plus jeunes. Dans les autres semis, commencez les traitements dès l’apparition des premiers symptômes.

Vous pouvez consulter le bulletin d’information N° 2 du 10 juin 2026 pour les fongicides homologués contre cette maladie en production biologique et conventionnelle.

 
SÉNESCENCE NATURELLE DU FEUILLAGE DANS LES COURGES, LES CITROUILLES ET LES MELONS DONT LES FRUITS SONT PRÈS DE LA MATURITÉ 
 
Le blanc et les autres maladies foliaires ne sont pas les seuls responsables de la sénescence du feuillage. Lorsque le fruit a atteint sa taille optimale et qu’il commence à mûrir, le feuillage meurt de façon naturelle, et ce, même si les traitements fongiques se poursuivent. C’est un processus physiologique normal, car à ce stade, le feuillage devient moins utile au développement du fruit. Le dépérissement avancé du feuillage indique que ces champs sont à prioriser pour la récolte.
 
Par ailleurs, dans la courge d’hiver destinée à l’entreposage, lorsque les pluies sont fréquentes et les rosées abondantes, comme c'est le cas en ce moment, on recommande la poursuite des traitements fongiques, même lorsque le feuillage est fortement tombé, et ce, jusqu’à une semaine avant la récolte afin de protéger les fruits des agents pathogènes.
 
Image Agri-Réseau

Champ de courges d'hiver et de citrouilles
Les variétés dont les fruits sont près de la maturité ont un feuillage sénescent. Les variétés moins avancées ont un feuillage plus sain.
18 août 2026

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)


 
FLÉTRISSEMENT BACTÉRIEN SUR FRUIT DE COURGES ET DE CITROUILLES 
 
Dans la courge spaghetti, mais aussi dans d'autres courges et citrouilles, on voit davantage de fruits porteurs de la bactérie Erwinia tracheiphila, qui cause le flétrissement bactérien. Celui-ci est transmis par la chrysomèle rayée du concombre lors de son alimentation sur les jeunes plants. Les fruits atteints ont des taches translucides sur l'épiderme. Celles-ci sont plus difficiles à voir sur la courge buttercup dont la couleur est foncée. Les fruits qui portent de telles taches ne doivent pas être commercialisés, car la bactérie envahit rapidement tout le fruit qui se couvre par la suite de pourritures secondaires.
 
Image Agri-Réseau

Fruit de courge spaghetti avec Erwinia tracheiphila (notez les taches translucides)
18 août 2026

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)

Image Agri-Réseau

Coupe transversale d'un fruit atteint de flétrissement bactérien
L'exsudat bactérien est visible dans la chair et dans la cavité du fruit.
18 août 2026

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)



INSECTES ET TÉTRANYQUES

La chrysomèle rayée du concombre  et la chrysomèle des racines du maïs de l'ouest sont signalées dans les fleurs de plusieurs cucurbitacées où elles s'alimentent de pollen et de nectar. À ce stade, aucune intervention n'est nécessaire. Par contre, dans les champs de melons où les fleurs se font rares à l'approche des dernières récoltes, les insectes peuvent gruger l'épiderme des fruits, les rendant invendables.
 
Image Agri-Réseau

Chrysomèles du concombre et du maïs dans une fleur de cucurbitacée
18 août 2026

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)
 

On nous rapporte la présence de foyers de tétranyques dans le concombre et le melon. Ces foyers sont souvent présents en bordure de champ, où les récoltes sont déjà passablement avancées. Détruisez ces champs dès que les récoltes sont terminées.

Des colonies de pucerons sont également observées dans le melon en Montérégie. Si les insectes auxiliaires sont trop peu nombreux et que les plants sont en début de récolte, un traitement insecticide est parfois nécessaire pour contrôler ces colonies importantes qui produisent un stress important aux plants et beaucoup de miellat. 

Pour connaître les seuils d'intervention utilisés au Québec, en Ontario ou dans des États américains, consultez le Recueil des seuils d’intervention contre les insectes et les maladies en cultures maraîchères.

Vous pouvez aussi consulter le bulletin d’information N° 2 du 10 juin 2026 pour connaître les insecticides et les acaricides homologués dans les cucurbitacées, en production biologique et conventionnelle.

On ne nous signale pas de nouveaux dommages causés par le perceur de la courge (Melittia cucurbitae) en Estrie, dans les courgettes et les courges. Les captures du papillon sont toutefois en baisse pour une troisième semaine consécutive. Consulter le tableau des captures du perceur de la courge pour avoir un aperçu global des captures obtenues au sein du réseau de surveillance du perceur de la courge.

 

IMPLANTATION DE CULTURES DE COUVERTURE
 

Après la récolte de vos cultures ou l'abandon d'un champ, il est recommandé de déchiqueter et d’enfouir les résidus. Cette opération permet d'empêcher les ravageurs et les maladies de se développer et/ou de compléter leur cycle, constituant ainsi une stratégie efficace pour limiter leur impact sur les cucurbitacées avoisinantes et sur celles qui seront cultivées dans les années à venir. 
 
Après la destruction des résidus de culture, il est aussi recommandé de couvrir les sols en semant des plantes de couverture (culture simple ou mélange de plusieurs espèces de plantes). En plus d'améliorer la santé et la conservation des sols, leur implantation contribue à la valorisation des éléments fertilisants et à la bonne gestion des ennemis des cultures, notamment en compétitionnant avec les mauvaises herbes et en interférant dans le cycle de développement de certains ravageurs et de certaines maladies. Il faut toutefois attendre les bonnes conditions de sol et météorologiques pour semer les cultures de couverture afin qu'elles germent rapidement et puissent croître de manière optimale. Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus grand est le choix d’espèces qu'il est possible d'utiliser.

Référence utile : Cultures de couverture en productions maraichères

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.


 
Cet avertissement a été rédigé par Isabelle Couture, agr., M. Sc. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Cucurbitacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agr., Ph. D. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.