
Ver-gris occidental des haricots : évaluez les dommages aux épis avant la récolte. Hernie des crucifères dans le canola : comment la prévenir et en limiter les impacts? Grêle en Chaudière-Appalaches : comment évaluer les dommages?
VER-GRIS OCCIDENTAL DES HARICOTS : ÉVALUEZ LES DOMMAGES AUX ÉPIS AVANT LA RÉCOLTE
J. Saguez1, H. Brassard2, B. Duval2 et S. Mathieu2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Le ver-gris occidental des haricots (VGOH) est l’un des principaux ravageurs des épis de maïs. Dans le maïs ensilage, l’approche de la récolte constitue un bon moment pour observer les larves et évaluer les dommages causés par le VGOH et d’autres ravageurs qui s’attaquent aux épis, comme le ver de l’épi, la légionnaire d’automne, la pyrale du maïs et les chrysomèles des racines du maïs. Dans le maïs-grain, ces observations peuvent aussi être réalisées dès maintenant, mais l’évaluation des dommages aux épis et des moisissures, comme la fusariose de l’épi, sera généralement plus représentative plus près de la récolte. Toutefois, plus l’évaluation est réalisée tardivement, plus il peut être difficile d’identifier l’insecte responsable des dommages, puisque les larves de VGOH commencent à quitter les épis dès le début de septembre.
L’évaluation des dommages aux épis avant la récolte permet :
- d’évaluer la proportion d’épis endommagés par les insectes;
- de vérifier la présence de moisissures ou de maladies de l’épi pouvant être associées aux dommages causés par les insectes;
- de déterminer si la stratégie de lutte utilisée a été efficace;
- d’évaluer si une stratégie de lutte devrait être envisagée pour la prochaine saison;
- de contribuer au suivi de la résistance du VGOH au Bt Vip3A dans les champs où cette technologie est utilisée.
L’évaluation des dommages aux épis consiste à éplucher 100 épis répartis aléatoirement dans le champ, soit 10 épis à 10 endroits distincts ou 5 épis à 20 endroits. Cette évaluation permet d’estimer l’importance des dommages dans le champ et d’orienter, au besoin, les décisions de lutte pour la prochaine saison. Aucun niveau de dommages précis n’est toutefois établi pour déterminer si une stratégie de lutte devrait être mise en place l’année suivante.
Il est fréquent d’observer des dommages sans pour autant trouver de larves. Selon la date de ponte et les conditions environnementales, les larves de VGOH peuvent déjà avoir complété leur développement, qui s’étend généralement sur une période de 28 à 70 jours. Elles peuvent également avoir été la proie de prédateurs, comme les oiseaux, ou d’autres ennemis naturels, comme les punaises prédatrices.
Lors de l’évaluation des dommages aux épis, il est également important de vérifier la présence de moisissures. Celles-ci peuvent être causées par différents champignons, dont certaines espèces de Fusarium. Certains champignons peuvent produire des mycotoxines pouvant avoir des effets sur la santé du bétail. Cette évaluation permet d’anticiper, au besoin, les mesures à prendre au moment de la récolte afin de limiter les risques associés aux moisissures et aux mycotoxines dans le grain ou l’ensilage.
L’évaluation des dommages aux épis peut également aider à orienter le choix des hybrides pour la prochaine saison. Lorsque des dommages importants causés par le VGOH sont observés, le choix d’un hybride offrant une protection contre ce ravageur peut être envisagé. À l’heure actuelle, seuls les hybrides exprimant la protéine Bt Vip3A offrent un bon contrôle du VGOH. La disponibilité de cette technologie peut toutefois être limitée pour certains hybrides hâtifs. Comme Vip3A est actuellement la seule protéine Bt efficace contre le VGOH, son utilisation doit être faite judicieusement afin de préserver son efficacité et de réduire le risque de développement de résistance.
Pour en savoir plus :
- Maïs exprimant des protéines insecticides disponibles au Canada et statut de la résistance
- Fiche technique Ver-gris occidental des haricots dans le maïs (grain et ensilage)
- Vidéo Le ver-gris occidental des haricots : biologie, dépistage et stratégies d’intervention (6 min.)
- Fiche technique Les moisissures de l'épi du maïs-grain
HERNIE DES CRUCIFÈRES DANS LE CANOLA : COMMENT LA PRÉVENIR ET EN LIMITER LES IMPACTS?
M.-E. Cuerrier1, W. Armstrong2, H. Brassard1, D. Froment1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Phytopathologiste (MAPAQ)
Dernièrement, des cas de hernie des crucifères ont été rapportés au RAP Grandes cultures au Témiscamingue. De 2022 à 2025, six cas de hernie des crucifères dans des champs de canola situés en Abitibi-Témiscamingue, au Centre-du-Québec, en Chaudière-Appalaches et au Saguenay–Lac-Saint-Jean ont été confirmés par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ.
La hernie des crucifères, causée par Plasmodiophora brassicae, s’attaque aux racines des plantes qui, une fois infectées, présentent des petits renflements (lobes) qui prennent rapidement de l’expansion et ont l’allure de tumeurs de formes et de tailles variées (photo 1). Ces renflements finissent par pourrir, libérant ainsi dans le sol des spores de conservation qui peuvent survivre plus de 18 ans en attendant un hôte à infecter. Certaines cultures et mauvaises herbes de la famille des crucifères, comme le chou, le radis et les moutardes, servent de réservoir à l’agent pathogène. Les plants attaqués peuvent paraître flétris et rabougris, et les feuilles présentent parfois une sénescence hâtive avec une teinte jaune à vert pâle (photo 2). En cas de doute, confirmer la présence de la maladie par le LEDP en faisant analyser des plants infectés.
Depuis quelques années, la résistance des cultivars de canola à la hernie des crucifères deviendrait de moins en moins efficace, possiblement en raison de l’existence de nouvelles races du pathogène (ou pathotypes) capables de contourner les gènes de résistance de la plante. La tolérance des variétés actuelles serait ainsi diminuée, causant des dommages à la culture et des pertes potentielles de rendement.
Afin de limiter la propagation de la maladie, différents moyens préventifs peuvent être mis en place :
- Effectuer de longues rotations de cultures avec des plantes non hôtes (au moins quatre années avant de resemer du canola);
- Utiliser des cultivars tolérants ou résistants à la hernie des crucifères lorsque la maladie est présente ou suspectée;
- Assurer un bon contrôle des mauvaises herbes de la famille des crucifères et du canola volontaire;
- Semer le canola dans des sols bien drainés et corriger les baissières où l’eau peut s’accumuler;
- Chauler les sols afin de maintenir leur pH supérieur à 7,2;
- Éliminer les plantes infectées en les déterrant et en les jetant ou en les incinérant (ne pas les faucher ni les enfouir);
- Éviter de transporter du sol d’un champ contaminé à un champ sain ou d’une zone contaminée à une zone saine;
- Procéder au battage des champs infectés en dernier;
- Respecter les règles de biosécurité, telles que la désinfection de la machinerie, des outils et des bottes des travailleurs;
- Informer le personnel de l’entreprise et les intervenants qui y gravitent de la présence de la maladie, afin d’éviter la transmission de celle-ci vers d’autres sites.
De bonnes pratiques de gestion peuvent être appliquées dès cet automne afin de limiter la production de spores et d’éviter la dispersion de la maladie qui s’effectue principalement par le transport de sol contaminé d’un champ à un autre par la machinerie agricole. Pour un champ dans lequel la présence de la maladie a été confirmée, les mesures de biosécurité doivent être maintenues pendant plusieurs années, car les spores survivent longtemps dans le sol.
Dans les années à venir, le développement de variétés de canola ayant une meilleure tolérance à la hernie des crucifères pourrait permettre d’améliorer la situation.
Pour obtenir plus d’information sur la hernie des crucifères, consultez :
- La hernie des crucifères – Stratégies de lutte
- Clubroot
- Clubroot patch? Collect galls and bag them for disposal
- Chou pommé – Hernie des crucifères
- Trousse d’information sur la biosécurité dans le secteur des grains
GRÊLE EN CHAUDIÈRE-APPALACHES : COMMENT ÉVALUER LES DOMMAGES?
M.-E. Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
1. Agronome (MAPAQ)
Cette saison a été marquée par plusieurs épisodes de grêle à travers la province. Il y a quelques semaines, des dommages avaient été rapportés en Outaouais. Cette semaine, des dégâts significatifs ont été signalés, notamment dans plusieurs secteurs de la Nouvelle-Beauce, de Bellechasse et de Lotbinière en Chaudière-Appalaches.
Si vos cultures ont subi des dommages, voici comment procéder :
- Contactez d’abord votre bureau régional de La Financière agricole du Québec pour déclarer la situation;
- Attendez cinq à sept jours avant d’évaluer l’état des plants. Les tissus fortement endommagés auront alors eu le temps de se dessécher ou de tomber, ce qui facilitera l'identification des parties saines restantes;
- Estimez les pertes de rendement. L’ampleur des pertes de rendement possibles dépendra surtout du stade de développement de la culture, de l’intensité de la défoliation et des dommages directs aux plants (tiges, épis ou gousses);
- Pour plus d’information sur l’évaluation des dommages et des pertes de rendement à la suite de grêle tombée tardivement, consultez l’avertissement N° 20 du 14 août 2026.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

