
Chrysomèle du haricot : observée dans quelques champs, mais aucune inquiétude. Ravageurs du canola : dépistage en cours et faibles populations pour l’instant dans l'ensemble des régions. Maladie des céréales : présence de rouille jaune. La mouche de Hesse : un ravageur du blé qui peut passer inaperçu. Hespérie des graminées : infestations de larves dans des prairies au Témiscamingue. Suivi des traitements herbicides : surveillez les phytotoxicités aux cultures et la résistance des mauvaises herbes.
CHRYSOMÈLE DU HARICOT : OBSERVÉE DANS QUELQUES CHAMPS, MAIS AUCUNE INQUIÉTUDE
S. Mathieu1, S. Boquel2 et B. Duval1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
S. Mathieu1, S. Boquel2 et B. Duval1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
Ces jours-ci, il est possible d’observer la chrysomèle du haricot (CH) s’alimentant sur du soya ou des dommages causés par celle-ci. Jusqu’à présent, les quantités d’insectes retrouvés et les taux de défoliation des champs suivis par le RAP Grandes cultures sont faibles. Les adultes de la CH observés présentement ont passé l’hiver dans les boisés et les bordures de fossés. Jusqu’à maintenant, elles se sont nourrit sur les plants et ont pondu leurs œufs à leur base avant de mourir mais sans aucun impact sur les cultures.
Durant les stades végétatifs, le soya est très tolérant à la défoliation.
En début de saison (stades « VE » à « V2 »), le seuil d’intervention est atteint lorsque 52 CH par mètre de rang (ou 16 CH par pied de rang) ou plus sont observées (dépistage visuel), ou si la défoliation atteint 20 à 30 %. Durant les autres stades physiologiques du soya (« V3 » à « R1 »), le seuil est atteint si la défoliation dépasse 30 à 50 %.
La méthode de dépistage des CH consiste à sélectionner au hasard au moins 5 endroits dans le champ et dénombrer les CH sur une distance de 5 mètres le long d’un rang. Le moment idéal pour les dépister est tôt le matin. Il faut veiller à créer le moins de turbulence possible en marchant, car les insectes tendent à se laisser tomber et à se cacher dans les fentes du sol.
L’évaluation des dommages aux plants peut se faire tout au long de la saison en estimant le pourcentage de défoliation sur cinq plants à 10 stations choisies au hasard dans le champ, pour un total de 50 plants. Pour ce faire, une feuille trifoliée est prélevée dans le milieu du feuillage de chaque plant puis comparée à l’image de référence ci-dessous. Pour les premiers stades végétatifs, le pourcentage de défoliation peut être estimé à l’échelle du plant entier. La moyenne du pourcentage de défoliation des 10 stations est ensuite calculée puis comparée aux seuils d’intervention.
Les résultats des dépistages du RAP Grandes cultures montrent que les populations sont faibles et sont loin des seuils d’intervention (maximum de 0,68 CH/m de rang contre 52 CH/m de rang pour le seuil).
D’après les observations faites au Québec au cours des six dernières années, ce sont les chrysomèles de la première génération, soit celles qui émergeront au mois de juillet, qui représentent davantage une menace pour la culture au moment du développement des gousses. L’impact de cette génération sur la culture devra être évalué sur base de la défoliation et des dommages aux gousses qu’elle occasionnera plus tard en saison.
Pour plus d’information, consulter la fiche technique La chrysomèle du haricot dans le soya et le Guide sur les stades de croissance du soya.
RAVAGEURS DU CANOLA : DÉPISTAGE EN COURS ET FAIBLES POPULATIONS POUR L’INSTANT DANS L'ENSEMBLE DES RÉGIONS
S. Boquel1, H. Brassard2 et V. Samson2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
S. Boquel1, H. Brassard2 et V. Samson2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Les insectes ravageurs du canola actuellement dépistés par le RAP Grandes cultures sont les altises et la cécidomyie du chou-fleur (CCF).
Altises
Les pourcentages moyens de défoliation par les altises des sites en canola sont à de faibles niveaux (voir les données ici). Les conditions météorologiques actuelles favorisent une croissance rapide du canola. Ceci permet de limiter la période à risque de la culture, qui s’étale jusqu’au stade cinq feuilles. Après ce stade, les plants sont plus tolérants aux dommages de l’insecte.
Le seuil d’alerte de défoliation par les altises est de 25 %. Les altises sont très actives par temps ensoleillé, peu venteux et relativement sec, et lorsque les températures moyennes quotidiennes dépassent 16 °C, mais sans être trop élevées. Les températures chaudes et humides des derniers jours ne leur sont donc pas favorables.
Si des dommages approchant le seuil de 25 % de surface défoliée sont observés, il est suggéré de revenir deux jours plus tard, afin de suivre de près l’évolution de la défoliation. Un traitement insecticide est recommandé uniquement lorsque la défoliation moyenne sur l’ensemble du champ atteint au moins 25 % et que les altises continuent de s'alimenter activement.
Pour obtenir plus de détails sur le dépistage, dont les illustrations du pourcentage de surface foliaire affectée et les stratégies d’intervention contre les altises, consultez la fiche technique Altises du navet et altise des crucifères.
Cécidomyie du chou-fleur (CCF)
Les premiers résultats de captures de CCF dans les champs dépistés au cours des derniers jours montrent de faibles populations (inférieure à 40 CCF/piège/jour). Toutefois, les données demeurent préliminaires, car même si les pièges ont été installés dans presque la totalité des sites, pour certaines régions comme l’Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay–Lac-St-Jean, les suivis sont à peine débutés. Les prochaines semaines vont refléter davantage la situation pour toutes les régions productrices de canola. Les données de piégeage sont accessibles ici.
Il est possible qu’une remontée des populations survienne dans les prochains jours; les températures chaudes (plus de 25 °C) et une humidité relative élevée contribuent à leur croissance. Une vigilance est donc recommandée, d’autant plus que les stades sensibles sont en voie d’être atteints ou sont atteints (BBCH 30 à 59). C’est à partir de la fin du stade rosette et pendant l’élongation que le canola est le plus à risque, car les larves se nourrissent des bourgeons et peuvent provoquer l’arrêt de l’élongation de la tige principale et la formation de bouquets de siliques. Ce sont surtout les champs semés tardivement qui sont les plus à risque, comme c’est le cas en Abitibi-Témiscamingue et Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Aussi, lors de périodes de stress ou de croissance rapide, certains stades de développement du canola peuvent ne pas être atteints et, dans ce cas, devancés par le stade suivant. Lors d’infestation durant ces stades sensibles, la CCF peut causer des feuilles froissées, des bourgeons déformés et enflés ainsi que des cicatrices ayant une texture liégeuse. Les dommages peuvent empêcher ou arrêter l’élongation de la tige principale du canola ou encore, induire la mort du bourgeon terminal. Plus tard en saison, les plants endommagés présenteront alors des bouquets de siliques, ce qui peut entraîner un retard de maturité du canola.
Au cours d’une même saison, il peut y avoir jusqu’à quatre pics de captures de CCF et les dommages peuvent être observés de 5 à 10 jours après ces pics. Comme les résultats de piégeage sont très variables d’un champ à l’autre au sein d’une même région, la meilleure façon de suivre les populations et d’évaluer le risque pour un champ est de dépister l’insecte à l’aide de pièges à phéromones. Pour limiter les coûts associés au dépistage, la période de piégeage peut se concentrer du stade végétatif du canola jusqu’à la fin de l’élongation de la tige principale (stade BBCH 59).
La grande capacité de compensation du canola peut réduire l’impact de ce ravageur sur le rendement, même en présence d’une population abondante. Les plus récentes données québécoises ne montrent aucune relation entre le taux de capture de CCF et le rendement en canola à des densités inférieures à 40 CCF/piège/jour. Une légère tendance à la baisse du rendement est cependant observée avec des captures supérieures.
Une intervention avec un insecticide est donc à envisager uniquement en dernier recours. Il est aussi possible de faire des traitements localisés en bordure des champs si les captures de CCF y sont plus élevées qu’au centre.
Si un traitement insecticide est envisagé, il est important de toujours se référer aux étiquettes des pesticides pour les directives d’utilisation, notamment en ce qui concerne les stades de la culture et le moment de la pulvérisation, car l’efficacité de certains insecticides diminue lorsque la température est élevée (supérieure à 25 °C). Les cécidomyies se reproduisent en général au coucher ou au lever de soleil. Les applications devraient être effectuées durant ces périodes, afin d’optimiser l’efficacité des produits et de protéger les pollinisateurs qui sont actifs durant la journée.
Pour en savoir davantage sur l’installation des pièges à phéromones, l’identification et les stratégies à adopter pour surveiller ce ravageur, consultez la fiche technique La cécidomyie du chou-fleur.
Pour tout savoir sur les différents ravageurs du canola, consulter le Guide des ravageurs et des ennemis naturels du canola au Québec.
MALADIE DES CÉRÉALES : PRÉSENCE DE ROUILLE JAUNE
Auteurs 2025 : T. Copley1, Y. Faucher2, V. Samson2 et B. Duval2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Mise à jour 2026 : M.-E. Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
Auteurs 2025 : T. Copley1, Y. Faucher2, V. Samson2 et B. Duval2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Mise à jour 2026 : M.-E. Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
Rouille jaune
Quelques observations de rouille jaune ont été rapportées récemment, notamment en Chaudière-Appalaches. L’arrivée de l’inoculum tôt en saison peut engendrer des pertes importantes lorsque les conditions sont favorables au développement de la maladie, soit des températures fraîches (5 à 20 °C) et de la pluie ou de la rosée qui persistent sur le feuillage. Comme la rouille jaune se disperse par le vent, parfois sur de longues distances, les producteurs sont invités à demeurer vigilants et à surveiller leurs champs de blé, particulièrement lorsque des conditions fraîches et humides persistent.
Lorsque la rouille jaune est présente au champ, il est recommandé d’effectuer au moins deux dépistages par semaine afin de surveiller la progression de la maladie et d’intervenir si le seuil économique d’intervention est atteint. Une intervention est suggérée lorsque 5 % des feuilles du champ présentent des symptômes et avant que 5 % de la surface de la feuille étendard (dernière feuille du haut) ne soit atteinte. Ce seuil de 5 % correspond approximativement à la présence de quatre lésions mesurant au moins un centimètre de longueur.
Pour plus d’information, consultez le bulletin d'information La rouille jaune du blé et la fiche d’identification suivante sur les rouilles.
Traitements fongicides
Un traitement fongicide pourrait être envisagé si le seuil économique d’intervention est atteint pour la rouille jaune et que la culture est à un stade sensible (du tallage jusqu’à la floraison). Attention cependant : certains produits homologués pour lutter contre la rouille contiennent des matières actives de la famille des strobilurines (groupe 11) qui peuvent augmenter le développement et la production de mycotoxines de la fusariose de l’épi lorsqu’appliquées après l’émergence de la feuille étendard. C’est d’autant plus important lorsque la culture est plus avancée (gonflement dans le cas de l’orge et épiaison pour les autres céréales).
Si la culture n’a pas encore atteint le stade du gonflement (orge) ou de l’épiaison (autres céréales) et qu’une application de fongicide est envisagée pour le contrôle des maladies foliaires, une deuxième application pourrait être nécessaire pour assurer une protection contre la fusariose de l’épi.
Cependant, si la culture est rendue au stade de gonflement tardif (orge) ou d’épiaison tardive (autres céréales), l’utilisation d'un fongicide à large spectre, qui permet également de réprimer la fusariose, peut offrir un bon contrôle des maladies comme la rouille, tout en nécessitant une seule application.
Attention : ces produits n’autorisent qu’une seule application par saison. Il est donc important de s’assurer qu’un produit homologué pour la fusariose soit disponible lors de la floraison ou d’attendre la fin de l’épiaison pour effectuer le traitement si un risque élevé de fusariose de l’épi est prévu à la floraison.
À noter que l’application d’un fongicide lors de l’épiaison (orge) ou de la floraison (autres céréales) offre une meilleure efficacité contre la fusariose et les mycotoxines, comparativement à une application au stade du gonflement (orge) ou de l’épiaison (autres céréales).
Consultez SAgE pesticides pour rechercher les produits homologués contre ces maladies. Consultez les étiquettes afin d’intervenir aux bons stades de la culture, d’utiliser les doses recommandées et de respecter les délais avant la récolte.
LA MOUCHE DE HESSE : UN RAVAGEUR DU BLÉ QUI PEUT PASSER INAPERÇU
B. Duval1, J. Saguez2 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
B. Duval1, J. Saguez2 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
Des dommages causés par la mouche de Hesse ont récemment été observés dans quelques champs de blé de printemps, notamment en Capitale-Nationale et au Centre-du-Québec. Bien que ce ravageur soit peu fréquent au Québec et qu'il nécessite rarement une intervention, il peut parfois causer des dommages importants. Comme les symptômes passent souvent inaperçus, sa présence pourrait être sous-estimée.
Les symptômes associés à ce ravageur sont plus faciles à observer aux stades fin tallage et montaison. Les symptômes peuvent inclure des plants de couleur vert bleuté, des feuilles plus épaisses, un retard de croissance, une absence de montaison ou encore un peuplement clairsemé. La présence de sections de champ moins développées ou présentant davantage de plants chétifs devrait inciter à vérifier la présence du ravageur.
Pour confirmer un diagnostic, déterrez délicatement les plants et séparez les gaines foliaires à la base des tiges. Les larves blanches ou les pupes brunâtres (en forme de petites graines de lin), se trouvent à la base des plants, entre les gaines foliaires et la tige. Contrairement à d’autres ravageurs des céréales, les larves et les pupes de la mouche de Hesse ne sont généralement pas observées à l'intérieur de la tige, mais bien à l'extérieur de celle-ci.
À ne pas confondre avec d'autres ravageurs des céréales
Deux autres ravageurs des céréales peuvent produire des symptômes semblables à ceux de la mouche de Hesse :
- Chaetocnema hortensis, dont les larves peuvent être observées à l'intérieur des tiges;
- Les larves de l'oscinie des céréales, qui se développent également à l'intérieur des tiges et peuvent provoquer des peuplements inégaux ou clairsemés.
Aucun seuil économique d'intervention n'est actuellement disponible au Québec pour la mouche de Hesse et aucune intervention curative n'est recommandée lorsque les dommages sont observés. Le dépistage demeure toutefois utile afin de documenter la situation et de mettre en place, au besoin, des mesures préventives pour les prochaines saisons.
Pour en apprendre davantage sur l'identification, le dépistage et les stratégies de prévention de la mouche de Hesse, consultez la fiche technique du RAP La mouche de Hesse ainsi que les fiches IRIIS phytoprotection portant sur la mouche de Hesse, Chaetocnema hortensis et l’oscinie des céréales. Si vous suspectez la présence de l'un de ces ravageurs ou observez des dommages importants, vous pouvez communiquer avec votre responsable régional du MAPAQ.
HESPÉRIE DES GRAMINÉES : INFESTATIONS DE LARVES
DANS DES PRAIRIES AU TÉMISCAMINGUE
M.-E. Cuerrier1, D. Froment1 et J. Saguez2
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
DANS DES PRAIRIES AU TÉMISCAMINGUE
M.-E. Cuerrier1, D. Froment1 et J. Saguez2
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
Cette semaine, des larves d’hespérie des graminées ont été rapportées dans des prairies de graminées (fléole des prés) dans la municipalité de Rémigny, au Témiscamingue. Les spécimens observés mesuraient de 1 à 2,5 cm (figure 1), ce qui correspond aux stades de développement qui sont en mesure de causer des dommages importants (figure 2).
Les infestations d’hespérie des graminées sont sporadiques et se produisent généralement dans les prairies et les pâturages, puisque cet insecte s’attaque principalement aux graminées (fléole des prés, mil, brome, dactyle, chiendent, etc.). Les abords des clôtures et des fossés sont les foyers d’infestation potentiels les plus importants. Les dernières mentions d’importance rapportées par le RAP Grandes cultures remontent à 2012 dans les régions des Hautes-Laurentides et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, et à 2014 et 2015 en Abitibi-Témiscamingue.
Les prairies et les pâturages à risque en Abitibi-Témiscamingue, constituées des cultures de graminées précédemment citées, devraient faire l’objet d’un suivi afin de vérifier la présence de larves et de dommages. Les symptômes apparents de leur alimentation sont des marges de feuilles déchiquetées (figure 2) et la situation peut évoluer, dans le cas d’infestations sévères, vers une défoliation complète qui n’épargne que les tiges.
Pour obtenir de l'information sur le dépistage, le seuil d’intervention et la stratégie de lutte contre ce ravageur, consultez l’avertissement N° 11 du 17 juin 2015 et SAgE pesticides pour les produits homologués et les niveaux de risque.
SUIVI DES TRAITEMENTS HERBICIDES : SURVEILLEZ LES PHYTOTOXICITÉS AUX CULTURES ET LA RÉSISTANCE DES MAUVAISES HERBES
B. Duval1, A. Marcoux1 et M.-E. Cuerrier1
1. Agronome (MAPAQ)
B. Duval1, A. Marcoux1 et M.-E. Cuerrier1
1. Agronome (MAPAQ)
À ce moment de la saison, plusieurs interventions de désherbage ont déjà été réalisées. Il est maintenant temps d’en faire le suivi : environ 7 à 10 jours après un traitement herbicide, il est recommandé de vérifier la présence de symptômes de phytotoxicité sur les cultures. C’est aussi une période propice pour observer les mauvaises herbes et diagnostiquer un possible cas de résistance, afin de planifier une intervention de rattrapage si nécessaire.
Phytotoxicités causées par les herbicides
Divers facteurs peuvent expliquer l’apparition de phytotoxicité après l’application d’un herbicide. En voici les principaux :
- Entretien et réglage du pulvérisateur : un mauvais nettoyage ou un réglage inadéquat de l’équipement constitue une cause fréquente de phytotoxicité;
- Précipitations importantes : de fortes pluies qui peuvent entraîner la migration des herbicides vers la zone racinaire;
- Dérive par le vent : elle peut exposer des zones non ciblées aux produits;
- Stress à la culture : des conditions climatiques extrêmes (chaleur, sécheresse, etc.) ou des dommages causés par des maladies ou des insectes peuvent affaiblir les plantes et accentuer les effets des herbicides;
- Caractéristiques du sol : certains ingrédients actifs sont à éviter selon la texture du sol, la capacité d'échange cationique (CEC), le taux de matière organique et le pH. Par exemple, la métribuzine peut causer davantage de phytotoxicité dans les sols légers;
- Traits de tolérance aux herbicides : l'utilisation d'un herbicide sur une culture ne possédant pas le trait de tolérance approprié peut entraîner d'importantes phytotoxicités.
Les symptômes observés résultent souvent de l'interaction de plusieurs facteurs; il est donc important de considérer l'ensemble du contexte agronomique avant de poser un diagnostic. Dans tous les cas, le respect des recommandations figurant à l'étiquette des produits demeure primordial.
Pour en savoir plus et poser un bon diagnostic, consultez la fiche technique Phytotoxicités causées par les herbicides en grandes cultures : causes et diagnostic.
Diagnostic de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides
Un bon diagnostic est essentiel avant de conclure un cas de résistance d’une mauvaise herbe à un herbicide. Un contrôle partiel ou inefficace peut aussi être causé par plusieurs autres facteurs : moment d'application inadéquat, conditions météorologiques défavorables, erreur de produit ou de réglage de l’équipement, etc. Une fois ces causes écartées, certains indices peuvent orienter vers un cas de résistance :
- Une seule espèce a survécu;
- La distribution des plants survivants est aléatoire ou concentrée aux points d’entrée du champ;
- Le niveau de dommage varie d’une plante à l’autre;
- Le même problème s’est répété dans le passé avec le même groupe d’herbicides;
- Des produits d’un même groupe ont été utilisés à répétition.
Deux types de tests sont disponibles au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ (LEDP) pour confirmer la résistance :
- Les tests moléculaires, rapides et réalisables dès le stade plantule, mais limités à certaines espèces et groupes d’herbicides;
- Les tests classiques, qui nécessitent la récolte de graines matures, mais permettent de détecter tout type de résistance.
Les tests sont réalisés par le LEDP du MAPAQ au coût de 80 $ par échantillon. La gratuité des tests (moléculaires et classiques) sur les amarantes se poursuit en 2026.
Des instructions précises doivent être suivies pour l’échantillonnage, la conservation et l’envoi au LEDP. Pour tous les détails, consultez Votre trousse « Résistance des mauvaises herbes » pour 2026.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Edith Cuerrier, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.