Cucurbitacées, Avertissement No 13, 22 août 2019

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Cucurbitacées
À l’approche de la maturité des fruits de courges d’hiver, la sénescence du feuillage progresse. On signale quelques cas de pourriture noire, de tache angulaire et de Fusarium sp. dans les courges spaghetti et butternut. Le perceur de la courge en Montérégie : dépérissement des plants en production biologique.

 
ÉTAT DES CULTURES
 
Pour la période du 14 au 20 août, les journées ont été dans les normales saisonnières, et les précipitations, à l'instar des semaines précédentes, très variables d'un secteur à l'autre. Les récoltes se poursuivent dans le concombre, la courgette et le melon. Dans la courge d'hiver, elles débutent timidement, alors que pour la citrouille, plusieurs champs sont encore au stade grossissement du fruit. De façon générale, peu de maladies sont présentes sur les fruits de cucurbitacées. 

Le sommaire agrométéorologique cucurbitacées vous présente le tableau des précipitations et des degrés-jours cumulés pour chacune des régions.

 
BLANC ET SÉNESCENCE NATURELLE DU FEUILLAGE DANS LES CUCURBITACÉES

Le blanc et les autres maladies foliaires ne sont pas les seuls responsables de la sénescence du feuillage. Lorsque le fruit a atteint sa taille optimale et qu’il commence à mûrir, le feuillage meurt de façon naturelle, et ce, même si les traitements fongiques se poursuivent. C’est un processus physiologique normal, car à ce stade, le feuillage devient moins utile au développement du fruit. Le dépérissement avancé du feuillage nous indique que ces champs sont à prioriser pour la récolte.

Par ailleurs, dans la courge d’hiver destinée à l’entreposage, on recommande la poursuite des traitements fongiques, même lorsque le feuillage est fortement tombé, et ce, jusqu’à une semaine avant la récolte, afin de protéger les fruits des pathogènes.
 
Image Agri-Réseau

Parcelles d’essai ayant reçu les mêmes traitements fongiques.
Les sections où le feuillage est le plus sénescent portent les fruits les plus mûrs; où il y avait des transplants avec paillis plastique et de goutte-à-goutte. Dans les sections où le feuillage est encore vert, les fruits sont immatures, et il s’agit de parcelles semées, sans goutte-à-goutte et sans paillis plastique.

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)
 


QUELQUES CAS DE MALADIES SUR DES FRUITS DE COURGES D'HIVER SONT RAPPORTÉS

Maintenant que les fruits commencent à mûrir, on observe quelques cas de maladies. En Estrie, on soupçonne la présence de pourriture noire sur des fruits de courge spaghetti. Certaines années, cette maladie apparaît de façon subite sur les courges butternut et spaghetti en fin de saison. Pour que l’infection ait lieu et que les lésions se développent, l’humidité relative doit être supérieure à 85 %, et les feuilles ou les fruits doivent rester humides plus d’une heure. La température optimale pour que la maladie se développe se situe autour de 25 °C.

En Montérégie, en Estrie et dans Lanaudière, on observe également quelques cas de tache angulaire sur des fruits de courge spaghetti. On dépiste aussi quelques cas de Fusarium sp. à la surface des fruits en contact avec le sol; les lésions sont brunes et superficielles. Il n’y a pas de fongicides homologués contre ce pathogène. Cependant, dès que la courge est récoltée, les lésions sèchent et n’entraînent habituellement pas de déclassement si elles ne sont pas trop profondes.
 
Image Agri-Réseau

Pourriture noire  (Phoma cucurbitacearum) sur courge spaghetti

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)
 

Image Agri-Réseau

Pourriture noire (Phoma cucurbitacearum) sur courge spaghetti

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)



 
Image Agri-Réseau

Tache angulaire sur un fruit de courge spaghetti (Pseudomonas syringae pv. lachrymans)

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)

Image Agri-Réseau

Pourriture fusarienne (Fusarium equiseti) sur une courge spaghetti

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)



DÉGÂTS DU PERCEUR DE LA COURGE
 
La semaine dernière, en Montérégie-Est, d'importants dégâts du perceur de la courge (Melittia cucurbitae) ont été signalés dans un champ de courges spaghetti et de citrouilles, cultivé en régie biologique. Le champ de petite dimension est à l'abri du vent. Plus de 90 % des plants ont été attaqués. Ceux-ci étaient jaunes avec des feuilles nécrosées. On estime que la ponte a eu lieu entre le début et la mi-juillet.
 
Image Agri-Réseau

Apparence, le 19 août, des plants attaqués par le perceur de la courge

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)

 

Les œufs du perceur de la courge sont déposés individuellement sur la partie inférieure de la tige principale. Ils commencent habituellement à éclore 14 jours après la ponte. Les nouvelles larves s’enfoncent immédiatement dans les tiges, où elles s’alimentent des tissus végétaux. Le développement larvaire se complète généralement en quatre à six semaines.

L'alimentation des larves détruit le tissu vasculaire des plantes et interrompt le flux de sève ainsi que l’acheminement des nutriments des racines vers les fruits. À long terme, les tiges infestées se trouvent remplies d’excréments visqueux et humides, et les plants flétrissent de façon permanente. De plus, l'inspection des plants infestés peut révéler un trou d'entrée où la larve s’est enfoncée dans la tige. Les trous sont généralement entourés d’excréments semblables à de la sciure.
 
Image Agri-Réseau

Tige principale fendue et excréments de la larve du perceur de la courge

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)

Image Agri-Réseau

Trous d'entrée entourés d’excréments semblables à de la sciure

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)

 

Une fois les dégâts constatés, il est trop tard pour traiter les chenilles. S'il n'est pas possible de détruire les plants infestés hors du champ, il est très important, l'automne venu, de déchiqueter les résidus de culture et de les enfouir peu profondément dans le sol. Les cocons laissés à la surface du sol, ou dans les premiers centimètres du sol, ont davantage de chances d'être détruits par le gel hivernal.
 
Image Agri-Réseau

Larve de perceur de la courge qui s'enfonce dans les tissus de la tige pour s’en nourrir

Photo : Isabelle Couture (MAPAQ)
 



Cet avertissement a été rédigé par Isabelle Couture, agronome, M. Sc. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du réseau Cucurbitacées ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite. 
Image Agri-Réseau