Crucifères, Avertissement No 16, 29 août 2019

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Crucifères
Les chenilles défoliatrices, la cécidomyie du chou-fleur, les altises, les thrips et les pucerons sont à surveiller. Les cas de pourriture sclérotique et les taches alternariennes ont augmenté dans les crucifères-feuilles et fleurs.


INSECTES RAVAGEURS

La pression exercée par les chenilles défoliatrices demeure variable, mais des traitements phytosanitaires sont encore nécessaires par endroits. Souvent, le produit choisi permet de contrôler, du même coup, d'autres ravageurs tels que la cécidomyie du chou-fleur et/ou les altises. Ces dernières sont d'ailleurs très actives, causant des dégâts dans les crucifères-feuilles et fleurs principalement. Quant aux thrips, les populations restent faibles, mais des traitements préventifs sont effectués dans les champs de choux destinés à l'entreposage. Par ailleurs, les pucerons sont présents dans l'ensemble des régions, quoique des cas plus problématiques sont observés dans des champs de rutabaga de Lanaudière. Lorsque les colonies de ces ravageurs secondaires sont importantes, elles peuvent nuire au développement et à la commercialisation des crucifères-racines, notamment par le flétrissement et le rabougrissement qu'ils causent au feuillage en s'alimentant, ainsi que par le miellat qu'ils produisent et qui tend à noircir sur la racine tubéreuse.
 
Image Agri-Réseau

Feuillage d'un rutabaga infesté de pucerons

Photo : CIEL

Image Agri-Réseau

Col du rutabaga noirci par le miellat produit par les pucerons

Photo : CIEL

   
RÉSEAU DE PIÉGEAGE DE LA CÉCIDOMYIE DU CHOU-FLEUR

Consultez le tableau suivant pour connaître les niveaux de captures du Réseau de piégeage de la cécidomyie du chou-fleur de la dernière semaine. Les pertes liées à ce ravageur sont parfois importantes, malgré les méthodes de luttes biologique, chimique ou physique utilisées. Des dégâts sont aussi observés dans les crucifères-racines telles que le rutabaga et le navet (rabiole). À noter que même si ces dégâts n'ont que peu d'impacts directs sur le rendement, ils constituent des portes d'entrée pour les maladies.
 
Région Nombre de sites de piégeage Niveaux de captures
Bas-Saint-Laurent 2 Élevé
Capitale-Nationale 4 Très faible à modéré
Centre-du-Québec 2 Faible à modéré
Chaudière-Appalaches 2 Faible à très élevé
Estrie 2 Très élevé
Gaspésie 4 Nul à très élevé
Îles-de-la-Madeleine 2 Nul
Laval-Lanaudière 9 Nul à élevé
Laurentides 9 Nul à modéré
Mauricie 2 Modéré
Montérégie 10 Nul à très élevé
Saguenay–Lac-Saint-Jean 5 Non disponible


MALADIES ET DÉSORDRES
 
Les conditions plus fraîches et humides des derniers jours favorisent le développement de certaines maladies fongiques. En effet, les cas de pourriture sclérotique ont augmenté dans les crucifères-feuilles et fleurs, notamment dans le chou pommé. À noter que les conditions optimales de dissémination de cette maladie se situent entre 10 et 25 °C, avec une humidité élevée du sol. La dissémination du champignon (Sclerotinia sclerotiorum) est aussi favorisée par la présence de mauvaises herbes qu'il utilise comme source de nutriments avant de pénétrer dans la plante cultivée. Quant au mildiou, la maladie est présente depuis quelques semaines sur les vieilles feuilles des crucifères, mais l'infection semble avoir légèrement progressé dans la région de Lanaudière où on observe du mycélium jusque sur les feuilles enveloppantes des choux pommés. Par ailleurs, des taches alternariennes (A. brassicae, A. brassicicola, A. alternata) sont observées sur le feuillage de plusieurs crucifères-feuilles et fleurs, et également sur des inflorescences de brocoli. Les conditions météorologiques sont aussi favorables au développement de divers champignons de sol (Fusarium sp., Pythium sp., Rhizoctonia sp.) qui s'attaquent aux crucifères-feuilles, fleurs et à racine tubéreuse. Des symptômes de rhizoctonie sont d'ailleurs rapportés en Chaudière-Appalaches.

Enfin, du côté des maladies bactériennes, des cas légers de nervation noire et de pourriture molle bactérienne sont rapportés dans l'ensemble des régions. 



Cet avertissement a été rédigé par Isabel Lefebvre, M. Sc. (CIEL), et Mélissa Gagnon, agronome (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
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