Solanacées, Avertissement No 11, 6 août 2020

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - SolanacéesFaibles captures de pyrales; punaise terne sur les fruits de la tomate; P. capsici à surveiller, mildiou (P. infestans) absent en Ontario et au Québec; hausse des maladies bactériennes; quelques maladies observées dans la cerise de terre; épaules jaunes et pourriture apicale dans la tomate. 

 
INSECTES 

Pyrale du maïs
Le réseau Maïs sucré a effectué ses premières captures de la 2e génération de pyrale bivoltine dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Les captures demeurent très faibles, et un seul site a atteint le seuil de 7 captures (Trois-Rivières).

Réseau Poivron : il n’y a eu que deux captures de pyrales cette semaine, en Montérégie-Est. Consultez la fiche technique sur la pyrale pour identifier les champs les plus à risque.

Autres insectes
Cicadelle, tétranyque et tarsonème sont en général sous contrôle (cliquez sur les liens pour des rappels sur les stratégies et les seuils).

Doryphore 
Les adultes de la 2e génération continuent leur émergence dans la pomme de terre. Les populations sont sous contrôle, selon la plupart des collaborateurs du réseau Solanacées, mais les pontes et l’émergence des larves sont à surveiller. Consultez l'avertissement No 2 du 4 juin 2020 pour un rappel détaillé de la stratégie de traitement.
 
Punaise terne
Quelques collaborateurs rapportent des dommages de punaise terne sur les fruits, dans la tomate. Si des traitements s'avèrent nécessaires, plusieurs produits du tableau Potentiel d’efficacité des insecticides contre la punaise terne ont des délais avant récolte (DAAR) de 0 à 1 jour. Attention de ne pas confondre les taches de moisissure grise sur le fruit (tache au contour défini) avec les dommages de la punaise terne (décoloration diffuse)!
 
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Tache fantôme sur fruit de tomate causée par la moisissure grise
IRIIS phytoprotection 

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Dommages de nutrition de la punaise terne

Christine Villeneuve, agr. (MAPAQ)

 
MALADIES

Rappel de la fréquence des traitements :
  • Tous les 5 à 7 jours : pression élevée de la maladie, temps pluvieux, rosées abondantes.
  • Tous les 7 à 10 jours : pression modérée de la maladie, temps mitoyen.
  • Tous les 10 à 14 jours : pression faible de la maladie, temps sec.

Mildiou (Phytophthora infestans) 
Aucun cas de mildiou n'a été signalé au Québec et en Ontario dans les solanacées, et les cas aux États-Unis ne sont toujours pas signalés au nord de la Caroline du Nord. 

Phytophthora capsici
Pas de nouveaux cas de Phytophthora capsici dans les poivrons, mais une augmentation des cas dans les cucurbitacées est rapportée cette semaine. Les conditions météo sont favorables à l’apparition de zones d’eau stagnante; continuez à surveiller vos champs à risque (voir la dernière section de l'avertissement No 8 du 16 juillet dernier).

Maladies bactériennes dans la tomate
Les précipitations des dernières semaines ont favorisé une hausse des symptômes de maladies bactériennes, particulièrement le chancre, dont les symptômes se sont propagés sur les fruits, par les éclaboussures d’eau. Selon certains collaborateurs, le chancre bactérien dans la tomate est difficile à contrôler. Le cuivre et les autres produits homologués contre les maladies bactériennes n’agissent que comme protectants et ne pénètrent pas la plante. Une bonne couverture foliaire et un renouvellement régulier de la protection peuvent aider à mieux contrôler la maladie. De plus, il est possible d’alterner les pulvérisations de cuivre avec des produits différents (voir la stratégie pour les maladies bactériennes) comme OXIDATE ou TIVANO pour diminuer les risques de développement de la résistance.   

Premiers cas de pourriture sclérotique
Les premiers cas de pourriture sclérotique ont été observés, en Montérégie, dans la tomate de champ et en tunnel. Les symptômes sont un flétrissement des plants suivi d'un brunissement des tiges, avec l'apparition d'un mycélium blanc dans des conditions favorables. Des sclérotes noirs et allongés seront visibles à l'intérieur des tiges affectées. Comme les sclérotes peuvent survivre de 3 à 10 ans dans le sol, et affectent une grande variété de plantes, il est préférable de retirer les plants atteints avant la formation des sclérotes. 
 
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Brunissement de la tige d'un plant de poivrons dû à Sclerotinia

Lucie Caron, agr.


Cerise de terre
La cerise de terre est une culture moins courante que les autres membres de la famille des solanacées, mais plusieurs collaborateurs nous font part de leurs observations concernant cette culture. Au cours des deux dernières semaines, la tache cercosporéenne et le charbon foliaire ont été observés.
 
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Tache cercosporéenne (Cercospora sp.) - Cerise de terre

IRIIS phytoprotection

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Charbon foliaire (Entyloma australe) - Cerise de terre

IRIIS phytoprotection


Comme il n’existe pas de produits homologués pour ces maladies fongiques dans la cerise de terre, la meilleure technique reste la prévention. Pour ce faire, priorisez l’irrigation par goutte-à-goutte ou par aspersion en matinée, pour permettre le séchage du feuillage. De plus, éliminez les tissus infectés autant que possible, et travaillez dans les champs infectés en dernier et lorsque les plants sont secs. À cet effet, consultez l'hyperlien suivant sur les produits homologués dans la cerise de terre, en 2020.

 
DÉSORDRES PHYSIOLOGIQUES

Les cas de carences en calcium sont plus visibles environ deux semaines après que le fruit a manqué de cet élément. Et c’est d’autant plus visible lorsque les fruits mûrissent; plusieurs collaborateurs en ont signalé cette semaine. Cliquez sur l'hyperlien suivant pour lire, dans la section « Carence en calcium », un rappel sur la prévention de la pourriture apicale et les applications additionnelles de calcium.
 
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Jaunissement du collet de la tomate

IRIIS phytoprotection


Des collaborateurs ont aussi signalé des « épaules jaunes » dans la tomate. À mesure que le fruit mûrit, une coloration allant du vert au jaune persiste autour du pédoncule, et cette portion du fruit reste plus ferme. Certaines variétés y sont plus sensibles, mais il existe aussi d'autres causes : une température très élevée ou des fruits trop exposés au soleil, ou même un apport insuffisant en potassium. Un excès de magnésium ou d'azote peut aussi contribuer au problème (texte en anglais de l'Université du Massachusetts). Une fois présent sur le fruit, le problème ne peut pas être corrigé, mais des actions préventives peuvent être prises en vue des prochaines récoltes. Pour plus d’information à ce sujet, relisez la fiche technique du réseau Cultures maraîchères en serre.

 
Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.


 
Cet avertissement a été rédigé par Christine Villeneuve, agr. (MAPAQ) et Karine Fortier-Brunelle, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du réseau Solanacées ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
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