Malherbologie, Avertissement No 4, 2 octobre 2020

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Malherbologie

PRÉSENCE CONFIRMÉE DE KOCHIA À BALAIS (BASSIA SCOPARIA) EN MONTÉRÉGIE-EST

Une forte infestation de kochia à balais a été retrouvée dans un champ de soya de la Montérégie-Est, dans la MRC Marguerite-D’Youville. Son identification a été confirmée par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), ainsi que par plusieurs collaborateurs. La présence du kochia est inquiétante puisqu’il s’agit d’une mauvaise herbe très prolifique et compétitive, pouvant grandement réduire le rendement des cultures. Pour l’instant, la façon dont cette mauvaise herbe a été introduite dans ce champ n’est pas connue.

Le kochia à balais est une espèce annuelle de la famille des Amarantacées, introduite au Canada. Il s’agit d’une plante qui préfère les climats arides, qui est adaptée aux sols salins et qui est résistante aux conditions environnementales défavorables. Sa production de semences est aussi très abondante, ce qui contribue à sa dissémination sur le territoire. Toutefois, la viabilité des semences est courte, soit de 1 à 2 ans dans le sol. Au Canada, elle est problématique principalement dans les prairies du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta. Au Québec, dans les dernières années, elle a seulement été retrouvée en bordure des routes et des chemins de fer.

En plus de son grand potentiel invasif, le kochia a la capacité de développer de la résistance aux herbicides. En effet, de la résistance aux herbicides des groupes 2, 4 et 9 (glyphosate) a été confirmée dans l’Ouest canadien, tandis qu’aux États-Unis, des populations résistantes aux herbicides des groupes 2, 4, 5 et 9 (glyphosate) ont été détectées. Des tests moléculaires et classiques seront bientôt effectués afin de déterminer si la population découverte en Montérégie est résistante à l’un ou plusieurs de ces groupes. Pour plus d’information, vous pouvez consulter la trousse sur la résistance des mauvaises herbes.

Le kochia à balais pourrait être confondu avec l’amarante tuberculée (Amaranthus tuberculatus). Toutefois, il se distingue par ses feuilles allongées et sessiles qui présentent des poils en bordure du limbe ainsi qu’à sa face inférieure. Son inflorescence est en panicule et présente des bractées (petites feuilles) au travers des fleurs. Les fleurs ressemblent beaucoup à celles du chénopode. Les fleurs du kochia sont soit pistillées (femelles), soit parfaites (mâles et femelles), et les deux types de fleurs sont présents sur le même plant (plante monoïque).
 
Détail d'une fleurInflorescence feuillée

Fleur et inflorescence du kochia à balais

LEDP (MAPAQ)

Plant complet

Plant de kochia à balais

LEDP (MAPAQ)


Si vous croyez avoir dépisté du kochia à balais, n’hésitez pas à contacter votre conseiller régional du MAPAQ ou votre conseiller en phytoprotection. Ces derniers pourront vous aider à identifier l’espèce et vous conseiller vers la meilleure stratégie, incluant des mesures de biosécurité, à mettre en place pour éviter sa dispersion. Pour une identification ou un diagnostic de résistance aux herbicides, veuillez contacter le LEDP. Voici le lien pour effectuer une demande d’analyse au laboratoire. Pour plus d'information sur cette espèce, vous pouvez consulter IRIIS phytoprotection.

 
Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.



Cet avertissement a été rédigé par l’Équipe de malherbologie du Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ en collaboration avec Stéphanie Mathieu, agr. (MAPAQ) et Sandra Flores-Mejia, Ph. D. (CÉROM). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’équipe de malherbologie ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
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