Oignon, ail et poireau, Avertissement No 19, 9 septembre 2021

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Oignon, ail et poireau
Diminution des températures et précipitations variables, mais significatives. Oignons plantés et semés en récolte, la majorité en tombaison; poireau en récolte. Fin du dépistage dans la majorité des champs. Teigne du poireau en diminution. Mildiou de l’oignon dans les champs tardifs. Cultures adjacentes à surveiller pour différents ravageurs. Pourritures et pertes stables. Cultures de couverture. DERNIER AVERTISSEMENT et remerciements aux collaborateurs.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS

Pendant la période du 1er au 7 septembre, les températures de jour comme de nuit ont été généralement dans les normales saisonnières ou légèrement au-dessus, mis à part le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie qui ont connu 3 et 4 jours sous les normales de saison. Toutes les régions ont connu un ou des épisodes de précipitations significatives, mais le nombre de jours et les quantités reçues varient d'une région à l'autre (voir la carte des précipitations)


À compter de la mi-septembre, tous les champs d’oignons devraient déjà être arrachés (mis en andains) même s’ils sont encore debout et verts. Les journées sont maintenant trop courtes pour leur permettre de compléter leur maturation. Ces oignons doivent être arrachés tels quels (le roulage est inutile, voire nuisible), séchés le plus rapidement possible, triés pour en éliminer les bulbes ayant de trop gros collets, puis vendus tôt durant l’automne. En aucun cas, on ne doit destiner à un entreposage à long terme des champs d’oignons immatures.

Il faudra aussi surveiller les risques de gel pour les oignons en andains au champ durant les prochaines semaines. Des oignons bien secs et matures peuvent endurer des températures sous le point de congélation, mais compte tenu des risques, il est habituellement préférable de sortir les oignons du champ (récolte) lorsqu’on prévoit du gel. Étant donné qu’ils peuvent dans certains cas tolérer le froid, des oignons exposés à des températures gélives au champ ne sont toutefois pas automatiquement perdus. Ces oignons ne doivent toutefois jamais être manipulés alors qu’ils sont encore gelés; il faut attendre que les températures remontent. Un oignon endommagé par le gel présente des couches de tissus mous et aqueux ayant une couleur grise à jaunâtre.

 
AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS

Oignon sec et oignon espagnol
La tombaison, l’andainage et les récoltes se poursuivent dans toutes les régions. La majorité des champs ne sont ou ne seront plus dépistés. En Montérégie-Ouest, les calibres vont de moyens à gros, et l'on rapporte peu de pertes en général. À l’Île-d’Orléans, la tombaison avance bien et l’andainage débute sur certains sites; le calibre augmente, mais demeure variable dans l’oignon sec.

Poireau
Les récoltes se poursuivent dans toutes les régions, et la croissance reste bonne dans les champs restants. Le calibre est généralement bon, mais le manque d'eau survenu pendant la saison s'est traduit par un calibre plus petit par endroits.

 
INSECTES 

Thrips 
Les thrips sont encore présents. Cependant, la majorité des champs d’oignons secs ayant été andainés ou récoltés, les thrips se réfugieront dans des champs adjacents. Entre autres, les cultures d’oignons verts, de poireaux et de laitues à proximité sont à surveiller.

En Montérégie-Ouest, l'activité des thrips dans le poireau varie de faible à très élevée, selon les sites, alors qu'elle reste faible dans la région de la Capitale-Nationale.

Teigne du poireau
Comme attendu, les captures sont en diminution dans toutes les régions pour lesquelles le piégeage s'est poursuivi cette semaine. Historiquement, la deuxième semaine de septembre correspond à la fin des captures. Les pièges peuvent donc être retirés du champ là où ce n'est pas déjà fait. Les dates de traitement étant passées pour toutes les régions, elles ne font pas l'objet de publication dans le présent avertissement, mais peuvent être consultées dans l'avertissement No 18 du 2 septembre 2021.

Tétranyques
L'activité des tétranyques dans le poireau est en hausse constante, mais lente dans la Capitale-Nationale et sur certains sites, en Montérégie-Ouest. N’intervenez que si des dommages se retrouvent sur la partie commercialisable des plants. Avec la baisse graduelle des températures, les tétranyques devraient être de moins en moins actifs.

 
MALADIES

Oignon sec et oignon espagnol

Mildiou
En Montérégie-Ouest, on observe encore de nouvelles taches dans des champs qui ne sont pas complètement couchés, mais aucun traitement supplémentaire n’a été effectué. La maladie est stable sur le site où elle avait été rapportée dans la Capitale-Nationale.

Botrytis et brûlure stemphylienne  
La majorité des champs n’étant plus dépistés, peu de symptômes sont rapportés. Ces maladies demeurent plutôt stables dans toutes les régions où elles étaient présentes et n’ont maintenant que peu de conséquences.

Autres maladies
Jusqu’à maintenant, les pertes dues à la pourriture basale (Fusarium oxysporum), à la pourriture blanche (Sclerotium cepivorum) et aux pourritures bactériennes semblent peu élevées.

Poireau
Les symptômes de la tache pourpre (Alternaria porri) et de la pourriture fusarienne (Fusarium oxysporum f. sp. cepae) sont en légère augmentation dans la région de la Capitale-Nationale. En Montérégie-Ouest, les symptômes de la tache pourpre n'ont pas augmenté depuis la semaine dernière.

 
DERNIER RAPPEL : CULTURES DE COUVERTURE

Plus la saison avance, plus le choix des cultures de couverture (couvre-sol) diminue. Pourtant, celles-ci jouent plusieurs rôles importants, dont la protection contre les érosions hydrique et éolienne, surtout en terre noire. Cette pratique permet aussi d’accumuler les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus par lessivage, dont l’azote, et d’accroître la biodiversité et l’activité biologique du sol. Les cultures de couverture jouent ainsi un rôle dans la gestion des mauvaises herbes et la lutte contre les agents pathogènes du sol.

Quelques documents permettent de mieux connaître les espèces végétales à privilégier et de comprendre les bénéfices qu’on peut retirer de cette pratique. De l’aide financière est aussi offerte sous certaines conditions.

Pour plus d'information
  • Cultures de couverture : Les pratiques agricoles de conservation, Habiter le sol par les racines
  • Cultures de couverture : un vaste choix et de multiples usages
  • Intégration des cultures de couverture en maraîchage de terre noire
  • Innovations in Cover Crops (outil de décision pour culture de couverture; français/anglais).
  • Aide financière par le MAPAQ : Prime-Vert – Volet 1 Interventions en agroenvironnement par une entreprise agricole (sélectionnez ensuite « Pratiques de conservation des sols »).


DERNIER AVERTISSEMENT ET
REMERCIEMENTS AUX COLLABORATEURS

À moins que des événements particuliers ne surviennent au cours des prochaines semaines, cet avertissement devrait être le dernier de cette saison.

Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) repose sur un vaste réseau de conseillers agricoles qui acceptent généreusement de mettre leur expertise au service de la collectivité ou de fournir des données. Les principales personnes ayant collaboré, cette année, au réseau Oignon, ail et poireau sont présentées dans les deux listes qui suivent. La première présente les collaborateurs qui ont fourni des informations en lien avec le dépistage des cultures, tandis que la seconde présente ceux qui ont participé au réseau de piégeage de la teigne du poireau.

Principaux collaborateurs :
 
Nom Organisme
Catherine Beaulieu, technicienne agricole  Club Profit-eau-sol, Blainville
Jean-Philippe Daigle, agronome  Club agroenvironnemental de l’Estrie, Sherbrooke
François Demers, agronome Club les productions Écolo-Max, Saint-Nicolas
Carl Dion Laplante, agronome PRISME, Sherrington
Danielle Gardner, d.t.a DG Agriconsultants, Saint-Jean-sur-Richelieu
Gabriel Gagné-Fugère, dépisteur Réseau de lutte intégrée Bellechasse, Québec
Mélissa Gilbert-Plante, dépisteuse Réseau de lutte intégrée Orléans inc., Saint-Laurent-de-l'Île-d'Orléans
Denis Giroux, agronome Réseau de lutte intégrée Bellechasse, Québec
Amélie Lachapelle, t.p. Innovterra Services Conseils, Sainte-Julienne
Anne Leblond, t.p. Club Agroenvirotech, Saint-Édouard
Roxanne Letendre PRISME, Sherrington
Karine Mayer, agronome Services AgriXpert, Joliette
Annie-Pier Paradis, agronome Réseau de lutte intégrée Orléans inc., Saint-Laurent-de-l'Île-d'Orléans
Michael Pelletier, agronome Club Profit-eau-sol, Blainville
Alejandro Polanco, Technicien agricole PRISME, Sherrington
Carlos Restrepo PRISME, Sherrington
Linda Roberge PRISME, Sherrington
Samuel Temblay, dépisteur PRISME, Sherrington
Patrice Thibault, agronome Réseau de lutte intégrée Orléans inc., Saint-Laurent-de-l'Île-d'Orléans
Prévost Vaha, agronome PRISME, Sherrington
Hervé Van Der Heyden, biologiste PRISME, Sherrington


Collaborateurs du réseau de piégeage de la teigne du poireau :
 
Nom Organisme
Valérie Côté, technicienne agricole MAPAQ, Rivière-du-Loup
Isabelle Couture, agronome MAPAQ, Saint-Hyacinthe
François Demers, agronome Club les productions Écolo-Max, Saint-Nicolas
Jeanne Durivage, stagiaire MAPAQ, Sainte-Martine
Jacinthe Drouin, agronome Fertior, consultants agronomiques, Saint-Bernard
Jacques Gagnon, agronome MAPAQ, Mont-Laurier
Mélissa Gagnon, agronome MAPAQ, L'Assomption
Denis Giroux, agronome Réseau de lutte intégrée Bellechasse, Québec
Sophie Guimont, agronome Groupe Pleine Terre, Napierville
Nicole Heer, agronome Club Lavi-Eau-Champ, Saint-Narcisse
Émilie Lacoursière, agronome Groupe PleineTerre, Napierville
Audrey Laroche, technicienne agricole GMA, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Alma
Geneviève Legault, agronome MAPAQ, Sherbrooke
Julie Marcoux, technologiste agricole MAPAQ, Sherbrooke
Dominique Martin, agronome MAPAQ, Caplan
Nadia Nadeau, technicienne agricole MAPAQ, Drummondville
Robert Robitaille, agronome MAPAQ, Cap-aux-Meules
Patrice Thibault, agronome Réseau de lutte intégrée Orléans inc., Saint-Laurent-de-l'Île-d'Orléans
Julien Venne, agronome MAPAQ, Gatineau

Parmi les autres personnes qui collaborent à ce réseau, il est aussi important de mentionner :
 
  • Les producteurs, membres de clubs ou non, qui acceptent généreusement que l’on recueille de l’information sur leur ferme. 
  • Les conseillers reliés à la vente des produits qui fournissent de l’information utile au réseau.
  • Le personnel du Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) (phytopathologie et entomologie) du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), dont l’expertise est essentielle pour l’identification précise des différents problèmes observés dans les cultures.

Donc, nos plus sincères remerciements à tous!

   
Toute intervention de contrôle d’un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des risques associés à l’utilisation des pesticides.

  
 
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME), Eve Abel, agr. (MAPAQ), puis révisé par Mathieu Côté, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du réseau Oignon, ail et poireau ou le secrétariat du Réseau d'avertissements phytosanitaires (RAP). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
Image Agri-Réseau