CONDITIONS MÉTÉO
Pour la prochaine semaine, Environnement Canada prévoit des températures sous la normale avec des risques de gels au sol encore possibles quelques nuits.
Le détail de la météo de la dernière semaine se trouve dans le sommaire agrométérologique du 29 avril au 5 mai 2026.
STADES DE DÉVELOPPEMENT
| Régions | Hâtif* | 'Jewel'** |
| Montérégie | Début floraison à floraison 10 % (sous bâches) |
Début des boutons verts |
| Laurentides et Lanaudière | Début floraison (sous bâches) | Végétatif |
| Estrie, Centre-du-Québec et Mauricie | Début floraison (sous bâches) | Végétatif |
| Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale |
Début floraison (sous bâches) |
Végétatif |
| Bas-Saint-Laurent, Gaspésie et Saguenay–Lac-Saint-Jean |
ND | Départ de la végétation ou encore sous paille |
** Variété témoin
Note : le tableau ci-dessus indique les stades les plus avancés selon l'information reçue des collaborateurs.
ND : non disponible
GELS PRINTANIERS
Malheureusement, au cours de la dernière semaine, certaines fleurs ont été affectées par le gel. Vous trouverez les températures critiques approximatives selon les stades de développement.
Températures critiques pour les fraisiers en fonction du stade de développement
Source : Perry et Polling, 1985
Il est bon à savoir qu'après le dépaillage, les jeunes feuilles prennent en moyenne 12 à 24 heures pour s’acclimater aux températures ambiantes. Après l’acclimatation, les feuilles peuvent résister, selon le cultivar, à des gels de -5,45 °C ('Seascape') ou -5,07 °C ('Jewel'). Par la suite, les divers stades de développement auront une tolérance différente aux températures.
À noter que les températures de l’air qu’indiquent les rapports et les prévisions météorologiques sont mesurées à 1,2-1,5 m au-dessus du sol. L'air froid étant plus lourd que l'air chaud, les températures peuvent parfois être plus froides au niveau des plants de fraisiers et encore plus basses dans les parties creuses du champ. Il peut être à propos d'installer un thermomètre au niveau du feuillage des plants dans les zones de vos champs les plus froides.
Si vous devez intervenir pour protéger vos fleurs ou vos fruits, de nombreux éléments sont à prendre à considération, afin de bien intervenir. Pour en savoir plus, veuillez consulter ces diverses références :
- Irrigation des fraisiers pour les protéger contre le gel - techniques efficaces;
- Gel printanier et méthodes de protection;
- Webinaire horticole Protection contre le gel (la gestion des bâches est abordée à 55:00 du webinaire);
- Critical temperature for sub-lethal cold injury of strawberry leaves.
TRAITEMENT DE LA MOISISSURE GRISE DANS LES CHAMPS EN FLORAISON
Selon le modèle CIPRA, les pluies en cours devraient engendrer les premières infections de la saison dans certaines régions pour les champs avec présence de fleurs. À noter que les captures d'écran des courbes seront mises à jour plusieurs fois par semaine. Conservez cet avertissement et cliquez à nouveau sur le lien pour la mise à jour : Modèle prévisionnel CIPRA fraises - Captures d'écran.
L’indice d’infection varie de 0 à 1 et représente le pourcentage (0-100 %) des pétales de fleurs sensibles à l’infection qui seront infectées s’il n’y a pas de protection de ces fleurs par des fongicides ou biofongicides.
Dans les essais de MacKenzie et Peres (2012), lorsque l’indice est sous le seuil de risque moyen (0.5), aucune pulvérisation de fongicide n’est nécessaire.
L’incidence de la moisissure grise sur les fruits demeure faible même lorsque 50 % des pétales des fleurs sont infectés. Un indice d’infection de 0.5 correspond donc au début de l’augmentation de l’incidence de la moisissure grise sur les fruits.
Seuil élevé à 0.7 : ce seuil a été établi expérimentalement de façon à réduire les pulvérisations de fongicides de 60 à 70 % lorsqu’elles sont synchronisées avec l’indice d’infection.
Pour faire suite aux études sur la résistance réalisées par Phytodata, le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ a poursuivi un suivi, en 2023, 2024 et 2025, afin de voir l'évolution du développement de la résistance aux fongicides de la moisissure grise causée par Botrytis cinerea et de l’anthracnose causée par Colletotrichum spp. Les résultats proviennent de tests moléculaires réalisés par le LEDP, à partir d’échantillons envoyés par des agronomes sur le terrain.
Pour la fraise, ces tests moléculaires ont révélé :
• Des niveaux élevés de résistance aux fongicides chez Botrytis cinerea, particulièrement au groupe 11.
• Une multirésistance fréquente aux groupes 7 et 11, réduisant les options chimiques efficaces.
• Une situation critique pour l’anthracnose, car il y a une résistance généralisée aux groupes 7 et 11.
La fraise est l’une des cultures les plus à risque pour le développement de la résistance et nécessite une approche intégrée renforcée : éviter toute dépendance aux groupes 7 et 11 dans les programmes. Miser sur une rotation rigoureuse des groupes des fongicides, sans répétition rapprochée. Intégrer systématiquement des mesures non chimiques (aération, hygiène du champ). Réserver les fongicides à risque élevé de résistance aux périodes vraiment critiques.
Vous pouvez consulter les résultats de cette étude : Évaluation provinciale de la résistance de champignons phytopathogènes aux traitements antifongiques au Québec : analyse des groupes de fongicides ciblés chez Botrytis cinerea et Colletotrichum spp. dans les petits fruits et la vigne.
Plusieurs conseillers nous rapportent l'observation de taches actives sur le vieux feuillage. Veuillez consulter les fiches suivantes, afin de les distinguer et voir les stratégies : tache angulaire, tache commune, tache pourpre et tache zythienne.
LARVES DE PUCERONS DU FRAISIER
Un début d'observation de larves de pucerons du fraisier nous a été mentionné pour des champs sous bâches en Capitale-Nationale.
Le puceron du fraisier adulte se distingue bien des autres pucerons, car tout son corps est recouvert de soies courtes aux extrémités renflées. Les jeunes larves de stade 1 sont un peu plus difficiles à identifier, car elles ne possèdent pas encore ces soies qui les caractérisent. Notez que les premiers stades larvaires de la punaise terne sont souvent confondus avec les pucerons, en raison de leur couleur vert pâle et de leur dimension. La punaise terne n’a pas de cornicules (deux petits pics) à l’extrémité de son abdomen. De plus, elle est très mobile et peut se déplacer plus rapidement que le puceron.
PUNAISE TERNE
Les dommages causés par la punaise se font surtout aux stades « chute des pétales » et « début des fruits verts ». Commencez le dépistage dès l’apparition des premiers boutons verts et poursuivez jusqu’à la fin de la récolte, au moins deux fois par semaine, afin de repérer les jeunes larves de punaise en croissance. Pour plus de détails sur cet insecte, veuillez consulter la fiche technique Punaise terne.
Afin de lutter contre ce ravageur, plusieurs procèdent à l'introduction de punaise demoiselle (Nabis amerocoferus). La punaise demoiselle est un prédateur redoutable de la punaise terne.
Pour plus d'information :
- Webinaire Écologie de la punaise terne en fraisière (hiver 2021).
TÉTRANYQUES ET TARSONÈMES
CHOIX DES CULTIVARS DE FRAISIERS
Le Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL) vient de publier divers documents afin de mieux vous outiller dans le choix des cultivars de fraisiers. Divers paramètres ont été évalués lors des essais, dont la sensibilité des divers cultivars à la moisissure grise, l'anthracnose et le blanc.
- Fiches techniques des cultivars
- Outil technique
- Fiche de transfert
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
