Pépinières ornementales, Avertissement No 4, 20 mai 2026


Aureobasidium dans l’hémérocalle. Achat de nématodes entomopathogènes contre l’altise à tête rouge en contenants. Anthracnose des graminées. Punaises dans le thuya. Autres observations : brûlure bactérienne des rosacées et rouille.


AUREOBASIDIUM DANS L’HÉMÉROCALLE
 
Aureobasidium sur Hemerocallis sp.

Symptômes d'Aureobasidium dans un plant d'Hemerocallis sp.  

Photo : IQDHO

Les taches foliaires causées par Aureobasidium microstictum ont été observées à plusieurs endroits dans des hémérocalles (Hemerocallis sp.) en Montérégie, en Estrie et dans la Capitale-Nationale. Ces taches sont favorisées par une humidité relative élevée et constante et des températures entre 8 et 30 °C, avec un optimum entre 20 et 24 °C. Enlever le vieux feuillage avant l’hivernage ou juste avant le débourrement au printemps. Limiter les interventions, comme la taille, lorsque le feuillage est mouillé. Commencer les travaux dans la zone où les plants sont les plus sains et terminer par les plants infectés.
 

 

Désinfecter les outils et les gants de travail régulièrement lors de la manipulation de plants, surtout si des symptômes sont observés. Si possible, éviter l’irrigation par aspersion. Maintenir un bon espacement entre les plants pour favoriser l’assèchement. 


Fiche technique Tache foliaire de l’hémérocalle
 


ACHAT DE NÉMATODES ENTOMOPATHOGÈNES CONTRE L’ALTISE À TÊTE ROUGE EN CONTENANTS


Chaque été, l’altise à tête rouge (Systena frontalis) cause d’importants dommages en pépinière en criblant les feuilles de plusieurs végétaux.
 
Dommages d'altises à tête rouge sur Physocarpus sp. 

Dommages d'altises à tête rouge sur un Physocarpus sp. 

Photo : IQDHO



Il est possible de réduire l’émergence des altises adultes en appliquant des nématodes entomopathogènes (Heterorhabditis bacteriophora) au terreau des contenants, lorsque les altises sont au stade larvaire. Les nématodes seraient plus efficaces contre le dernier stade larvaire de l’insecte, qui est atteint autour de la mi-juin en Montérégie.

Commandez-les maintenant!
Les nématodes sont distribués par la plupart des fournisseurs en lutte biologique. En général, un délai de deux semaines est à prévoir entre la commande et la réception. La durée d’entreposage étant limitée, il faut donc planifier la commande afin de les utiliser le plus frais possible. Plusieurs petits formats contenant H. bacteriophora sont également disponibles pour la vente au détail.

Référez-vous à votre fournisseur d'agents de lutte biologique pour faire l'achat de nématodes entomopathogènes. 

Mode d’emploi
Les méthodes d’application, les doses et la marche à suivre sont détaillées dans :

Fiche technique Culture en pots : lutte contre l’altise à tête rouge à l’aide de nématodes
  Capsule vidéo Lutte contre l’altise à tête rouge dans les pots

 
ANTHRACNOSE DES GRAMINÉES
 
Anthracnose sur Calamagrostis 'Karl Forster'

Symptômes d'anthracnose sur un Calamagrostis 'Karl Foerster'

Photo : IQDHO

Les symptômes de l’anthracnose des graminées (Colletotrichum spp.) ont été observés dans les Calamagrostis sp. en Montérégie. Des taches foliaires, d’abord petites et d’aspect huileux, qui s’allongent et brunissent, sont visibles sur le feuillage. La température chaude (26 °C) et une humidité relative près de 100 % sont des conditions favorables à la propagation de la maladie. Le Calamagrostis sp. est l’espèce la plus sensible, mais le Miscanthus sp., le Panicum sp. et d’autres graminées ornementales sont aussi vulnérables à l’anthracnose des graminées.
 



Tailler le feuillage gravement atteint et désinfectez les outils de taille. Espacer les plants pour favoriser l’assèchement du feuillage. Si on irrigue par aspersion, le faire le matin ou par temps ensoleillé pour un assèchement rapide. Privilégier la subirrigation ou le goutte-à-goutte si possible. Des fongicides de contact sont homologués en prévention. De plus, des fongicides systémiques homologués peuvent être appliqués en tout début d’infection.

Fiche technique Anthracnose des graminées

 
PUNAISES DANS LE THUYA 
 
Larve de Dichrooscytus repletus 

Larve de Dichrooscytus repletus 

Photo : IQDHO



Des larves de punaises mirides du genre Dichrooscytus ont été observées dans des Thuja occidentalis en Montérégie. 

Dans le thuya, ce genre de punaise semble produire des dommages similaires à ceux de la punaise terne.

Le suivi des populations est recommandé. 

Fiche IQDHO et Québec Vert Punaises des thuyas

 
AUTRES OBSERVATIONS

Brûlure bactérienne des rosacées
En verger, les pommiers ont atteint le stade « pleine floraison » dans certains sites en Montérégie. Toutefois, en pépinière, la floraison peut être étalée sur plusieurs semaines, compte tenu de plusieurs facteurs, par exemple la diversité de cultivars, les dates de plantation et de sortie d’entrepôt et la culture en sol ou en contenant.

Le principal mode d’infection de la brûlure bactérienne des rosacées est le transport de la bactérie Erwinia amylovora sur les fleurs par les insectes pollinisateurs, mais également par les éclaboussures d'eau. La bactérie se multiplie plus rapidement par temps chaud et humide.

Pour qu’il y ait infection, la fleur doit être ouverte et de l’eau doit être présente sur celle-ci. Même s’il ne pleut pas, l’irrigation par aspersion, une pulvérisation foliaire ou la rosée peuvent suffire à déclencher une infection. Il faut donc éviter de mouiller la canopée sensible pendant la floraison.

Le sous-réseau Pommier effectue la surveillance du feu bactérien et émet des avertissements.

Rouille (plusieurs microorganismes) 
Finalement, des symptômes de rouille ont été dépistés dans des Juniperus sp., des Rhamnus sp. et des Miscanthus sp.

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Florence Carrier, M. Sc, agr., en collaboration avec Philippe Roch, M. Sc., agr. (IQDHO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Pépinières ornementales ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.