Ver fil-de-fer : le dépistage par pièges-appâts débute dans plusieurs régions. Températures froides et gel localisé : quoi surveiller dans les cultures émergées. Ver-gris noir : surveillez les jeunes plants de maïs. Désherbage du maïs et du soya : bien identifier les traits technologiques pour un désherbage efficace. Cartes interactives de la fusariose de l'épi : à consulter pendant l'épiaison et la floraison. Maladies des céréales : premières observations d’oïdium.
VER FIL-DE-FER : LE DÉPISTAGE PAR PIÈGES-APPÂTS DÉBUTE DANS PLUSIEURS RÉGIONS
J. Saguez1, M.-E. Cuerrier2, B. Duval2, S. Samson2 et S. Boquel1
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
J. Saguez1, M.-E. Cuerrier2, B. Duval2, S. Samson2 et S. Boquel1
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Avec la progression des semis et le réchauffement du sol, les conditions deviennent favorables à l’activité des vers fil-de-fer (VFF) près de la surface du sol. Le dépistage par pièges-appâts est déjà en cours dans certaines régions et peut maintenant débuter dans d’autres secteurs à mesure que les sols atteignent 12 °C à 10 cm de profondeur, ce qui est maintenant le cas pour la majorité des régions (voir la carte sur Agrométéo Québec). Une trousse sur les vers fil-de-fer est disponible pour vous accompagner dans cette démarche. Deux méthodes de dépistage par pièges-appâts reconnues sont proposées :
- La méthode standard, qui permet de connaître précisément l’identité des espèces présentes, d’estimer leur abondance et d’évaluer si le seuil d’intervention est atteint;
- La méthode allégée, qui permet d’évaluer plus rapidement si un champ présente un risque de dépassement du seuil liés aux VFF.
Après la levée du maïs, un protocole proposé cette année par le RAP Grandes cultures permet également d’évaluer la levée de la culture et de documenter les causes de dommages aux plantules, incluant ceux causés par les ravageurs des semis.
Si vous utilisez la méthode standard de dépistage par pièges-appâts, les données recueillies peuvent être saisies dans l’outil VFF QC, ce qui permet de conserver vos observations et d’alimenter la banque de données de l’outil améliorant ainsi les prédictions des niveaux de risque pour les différentes régions du Québec. Veuillez noter que l’identification des VFF est offerte gratuitement au LEDP encore cette année.
Dans le cadre de différents projets de recherche, le CÉROM est à la recherche de champs fortement infestés ou présentant des dommages importants attribuables aux VFF ce printemps. Merci de contacter Julien Saguez pour plus de détails et pour manifester votre intérêt (julien.saguez@cerom.qc.ca).
TEMPÉRATURES FROIDES ET GEL LOCALISÉ : QUOI SURVEILLER DANS LES CULTURES ÉMERGÉES
B. Duval1, V. Samson1 et G. Régimbald1
1. Agronome (MAPAQ)
B. Duval1, V. Samson1 et G. Régimbald1
1. Agronome (MAPAQ)
Des températures près ou sous le point de congélation pourraient avoir été atteintes la nuit dernière dans certains secteurs, particulièrement dans les basses terres et dans des sols plus propices au refroidissement, comme certains sols légers ou organiques. Un autre épisode de gel localisé demeure possible la nuit prochaine dans certains secteurs. Comme du maïs est déjà émergé dans plusieurs champs et que les premiers semis de soya commencent à lever, des dommages liés au gel pourraient être observés localement.
Chez le maïs, un léger gel peut occasionner des dommages foliaires temporaires, sans nécessairement compromettre la survie des plants, puisque le point de croissance demeure sous la surface du sol aux premiers stades de développement, jusqu’au stade 5 feuilles. Le soya tolère habituellement un peu mieux un léger épisode de gel, bien que des dommages puissent aussi survenir selon l’intensité du refroidissement et le stade de développement.
Si des dommages sont observés, il est préférable d’attendre quelques jours avant d’évaluer la situation, afin de mieux juger de la reprise des plants. Une évaluation trop hâtive pourrait mener à des conclusions erronées ou à des interventions inutiles. Pour plus d’information sur l’évaluation des dommages causés par le gel, consultez la fiche technique Temps froid et gel printanier : effets sur les cultures.
Influence du gel et du temps froid sur la gestion des mauvaises herbes avec les produits phytosanitaires
De façon générale, tout type de stress devrait être évité dans les jours précédant, pendant et suivant l’application d’herbicides, afin de limiter les risques de dommages à la culture si celle-ci est déjà levée. De plus, le temps froid peut réduire l’efficacité du désherbage, puisque les mauvaises herbes doivent être en croissance active pour être bien affectées par les herbicides. Il sera donc important de planifier les traitements en fonction des prévisions météorologiques et d’effectuer un dépistage après traitement afin d’en vérifier l’efficacité.
VER-GRIS NOIR : SURVEILLEZ LES JEUNES PLANTS DE MAÏS
B. Duval1, S. Mathieu1, J. Saguez2 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
B. Duval1, S. Mathieu1, J. Saguez2 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
Aucun dommage lié au ver-gris noir n’a été signalé jusqu’à maintenant. Toutefois, les œufs qui auraient été pondus au cours des dernières semaines sont maintenant au stade de jeunes larves, qui peuvent commencer à s’alimenter sur les jeunes plants de maïs. Une surveillance régulière des champs à risque est donc recommandée dès maintenant, particulièrement dans les champs où le maïs est en émergence ou aux premiers stades de croissance, puisque la culture demeure vulnérable jusqu’au stade 5 feuilles.
Les champs présentant les facteurs de risque suivants sont particulièrement à surveiller :
- Destruction d’une culture de couverture ou d’une céréale d’automne moins de 14 jours avant le semis;
- Forte abondance de mauvaises herbes;
- Semis direct, surtout après un retour de prairie ou de soya.
Depuis quelques semaines, le RAP Grandes cultures effectue le suivi des populations de ver-gris noir en capturant les papillons dans une vingtaine de sites à travers la province (voir la carte ci-dessous).
Dès l’arrivée des premiers papillons, les femelles ont pu pondre dans les champs présentant les facteurs de risque mentionnés ci-dessus. Les jeunes larves causent d’abord des dommages foliaires en grignotant les feuilles et en y laissant des trous. Ce sont les plus grosses larves (à partir du quatrième stade larvaire) qui peuvent sectionner les plants à leur base.
Tableau 1. Dates prévues de dommages de ver-gris noir par région
| Région administrative | Début des défoliations (1er au 3e stades larvaires) | Début des plants coupés (4e au 6e stades larvaires) |
| Abitibi-Témiscamingue | 26 mai | 18 juin |
| Bas-Saint-Laurent | 6 juin | 1 juillet |
| Capitale-Nationale | 23 mai | 18 juin |
| Centre-du-Québec | 23 mai | 13 juin |
| Chaudière-Appalaches | 26 mai | 16 juin |
| Estrie | 24 mai | 15 juin |
| Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine | 31 mai | 28 juin |
| Lanaudière | 20 mai | 11 juin |
| Laurentides | 20 mai | 11 juin |
| Mauricie | 23 mai | 14 juin |
| Montérégie | 19 mai | 8 juin |
| Outaouais | 19 mai | 11 juin |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean | 29 mai | 22 juin |
Si vous constatez des dommages liés aux larves de ver-gris noir dans vos champs, contactez votre responsable régional du MAPAQ ou le RAP Grandes cultures (rapcerom@cerom.qc.ca). Le CÉROM est à la recherche de larves dans le cadre d'un projet de recherche visant à étudier le parasitisme.
Pour en savoir plus sur la méthode de dépistage, les types de dommages et le seuil économique d’intervention, consultez la fiche technique Ver-gris noir.
DÉSHERBAGE DU MAÏS ET DU SOYA : BIEN IDENTIFIER LES TRAITS TECHNOLOGIQUES POUR UN DÉSHERBAGE EFFICACE
B. Duval1, S. Flores-Meija2, S. Mathieu1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheuse (CÉROM)
Les traits technologiques de tolérance aux herbicides offrent davantage de flexibilité pour le désherbage du maïs et du soya. Encore faut-il bien connaître les caractéristiques de la semence utilisée afin de choisir les herbicides compatibles et d’optimiser les interventions au champ.
Comprendre les principales technologies de tolérance aux herbicides
Il existe différentes technologies conférant une tolérance à certains herbicides dans le maïs et le soya. Le tableau 1 présente, à titre indicatif, les principaux traits de tolérance aux herbicides associés à certaines technologies de base offertes sur le marché.
Tableau 2. Principaux traits de tolérance aux herbicides associés à certaines technologies de base dans le maïs et le soya
| Technologie (exemples)* | Roundup Ready et Roundup Ready 2 | Roundup Ready 2 Xtend | LibertyLink | Roundup Ready / LibertyLink | XtendFlex | Enlist E3 | Enlist |
| Tolérance aux herbicides | Glyphosate | Glyphosate Dicamba |
Glufosinate d'ammonium | Glyphosate Glufosinate d'ammonium |
Glyphosate Dicamba Glufosinate d'ammonium |
Glyphosate Glufosinate d'ammonium 2,4-D choline |
Glyphosate 2,4-D choline FOPs** |
| Maïs*** | Ö | Ö | Ö | Ö | |||
| Soya | Ö | Ö | Ö | Ö | Ö |
** Certains herbicides appartenant au groupe 1, par exemple le fénoxaprop-p-éthyl (VENTURE L, ASSURE II, etc.).
*** Technologies disponibles pour le maïs-grain et le maïs ensilage.
Le tableau 2 présente des exemples de technologies de base, mais les appellations commerciales peuvent varier selon le semencier et selon les autres traits technologiques combinés à la semence. Il est donc important de vérifier les caractéristiques précises de la semence utilisée plutôt que de se fier uniquement à un nom commercial partiel. Par exemple, dans le maïs, la technologie Enlist confère une tolérance au glyphosate, au 2,4-D choline et à certains herbicides du groupe 1 (FOP), alors que PowerCore Enlist confère également une tolérance au glufosinate d’ammonium. Cette distinction est importante pour bien orienter le choix des herbicides.
À noter que, dans le maïs, certaines technologies commerciales peuvent également inclure des protéines insecticides. Cliquez ici pour consulter le tableau des technologies commerciales de maïs disponibles au Canada, incluant les protéines insecticides exprimées et les tolérances aux herbicides associées.
Choisir la technologie selon vos besoins de désherbage
Le choix d’une technologie de tolérance aux herbicides devrait être fait en fonction des besoins de désherbage propres à chaque champ. Notamment, il est important de considérer :
- Les principales mauvaises herbes présentes ou anticipées : s’assurer que les herbicides compatibles avec la technologie choisie offrent une bonne efficacité contre les espèces ciblées, à la dose et au moment d’application recommandés.
- La présence de mauvaises herbes résistantes aux herbicides : lorsqu’une résistance est connue ou soupçonnée, le choix des technologies et des herbicides devra en tenir compte. La rotation des groupes d’herbicides demeure également importante pour limiter le développement de nouvelles résistances.
Bien identifier les traits technologiques utilisés dans chaque champ
Il est important d’identifier clairement les traits technologiques associés aux semences utilisées dans chacun des champs. Cette information figure sur les étiquettes des sacs de semence et dans les catalogues des semenciers.
Consigner cette information dans un registre ou dans le plan de cultures permet de faciliter le choix des herbicides compatibles et d’éviter des erreurs d’application. Cette information devrait également être transmise à votre conseiller afin de soutenir la planification du programme de désherbage.
Pour plus d’information sur l’importance de bien documenter les traits technologiques semés, consultez l’avertissement N° 2 du 8 mai 2026.
Compatibilité entre les herbicides et les semences utilisées
La présence de variétés ou d’hybrides ayant différents traits technologiques dans un même champ peut compliquer les choix de traitements herbicides, puisque les produits utilisés devront être compatibles avec l’ensemble des semences utilisées.
Par exemple, dans un champ contenant des semences de soya Roundup Ready 2 Xtend (glyphosate et dicamba) et XtendFlex (glyphosate, dicamba et glufosinate d’ammonium), le glyphosate et le dicamba peuvent être utilisés. En revanche, l’application de glufosinate d’ammonium causerait des dommages aux plants ne possédant pas ce trait de tolérance.
Respecter les conditions d’utilisation des herbicides
Même lorsqu’une culture possède un trait de tolérance à un herbicide, il demeure essentiel de respecter les conditions d’utilisation indiquées à l’étiquette du produit (disponibles sur SAgE pesticides).
Le stade de développement de la culture, la dose maximale permise, les conditions météorologiques et, selon le produit, le type de buses à utiliser doivent notamment être pris en compte. Une application effectuée en dehors des conditions recommandées peut compromettre l’efficacité du traitement ou causer des dommages à la culture, malgré la présence d’un trait de tolérance.
Par exemple, dans le cas du maïs tolérant le glyphosate, une application effectuée à un stade trop avancé peut affecter le développement des épis.
CARTES INTERACTIVES DE LA FUSARIOSE DE L'ÉPI : À CONSULTER PENDANT L'ÉPIAISON ET LA FLORAISON
T. Copley1 et M.-E. Cuerrier2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
T. Copley1 et M.-E. Cuerrier2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
La fusariose de l’épi du blé est la plus importante maladie du blé, non seulement en raison des pertes potentielles du rendement, mais aussi par sa capacité à produire des mycotoxines dans le grain. Les mycotoxines peuvent créer d’importantes maladies chez l’humain et l’animal.
Les spores de la fusariose de l’épi infectent les épis à travers les étamines. C’est donc au moment de la floraison que la culture du blé est considérée à risque, tandis que l’orge est considérée à risque pendant l’épiaison et la floraison. Lorsque les cultures sont aux stades à risque d’infection, il est primordial de consulter régulièrement les cartes indiquant le niveau de risque, soit au moins une fois par jour. Les cartes interactives indiqueront si les conditions météorologiques sont favorables à l’infection ou non.
Afin de bien connaître si les conditions météorologiques sont favorables à l’infection, des cartes interactives sont disponibles sur Agrométéo Québec. Ces cartes présentent les niveaux de risque d’infection (voir ci-dessous pour un exemple). Selon les conditions météorologiques, les niveaux peuvent varier de « Bas » (0 à 25) à « Moyen » (25 à 35) et finalement à « Élevé » (35 à 50), représentés respectivement par les codes de couleur vert, orange et rouge.
MALADIES DES CÉRÉALES : PREMIÈRES OBSERVATIONS D’OÏDIUM
B. Duval1, G. Régimbald1, V. Samson1 et T. Copley2
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheuse (CÉROM)
B. Duval1, G. Régimbald1, V. Samson1 et T. Copley2
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheuse (CÉROM)
Les premières observations d’oïdium ont été rapportés, notamment en Estrie et en Chaudière-Appalaches, dans du blé d’automne. Cette maladie se caractérise par l’apparition de colonies blanchâtres à grisâtres sur différentes parties aériennes de la plante, particulièrement sur la face des feuilles inférieures orientée vers la tige.
L’oïdium se développe le mieux dans des conditions fraîches et humides, soit à une humidité relative supérieure à 85 % (minimum de 50 %) et à des températures entre 15 et 22 °C. À des températures supérieures à 25 °C, le développement de la maladie est fortement ralenti et l’infection n’a généralement pas le temps de progresser suffisamment pour représenter une menace pour la culture. Un couvert végétal très dense et refermé, de même que les zones ombragées, qui maintiennent une humidité élevée et des températures plus fraîches à la base des plants, favorisent le développement de la maladie, même en l’absence de précipitations.
Il est donc important de suivre l’évolution des températures annoncées, incluant les températures de nuit. Si des symptômes sont observés, vérifiez si les deux ou trois feuilles du haut des plants sont atteintes.
Attention : si un traitement fongicide foliaire s’avère nécessaire, certains produits homologués pour lutter contre l’oïdium contiennent des matières actives du groupe 11 (strobilurines) qui peuvent favoriser l’accumulation de mycotoxines, associées à la fusariose de l’épi, lorsqu’elles sont appliquées après l’émergence de la feuille étendard. De plus, plusieurs fongicides utilisés contre l’oïdium sont limités à une application par saison, selon la matière active, la culture visée et l’étiquette; il est donc essentiel de vérifier le produit homologué avant d’envisager un second passage.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Edith Cuerrier, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

