
CARTES INTERACTIVES DE RISQUE DE FUSARIOSE DE L'ÉPI : COMMENT LES INTERPRÉTER?
T. Copley1, M.-E. Cuerrier2, B. Duval2 et V. Samson2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
T. Copley1, M.-E. Cuerrier2, B. Duval2 et V. Samson2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Les producteurs de céréales d’automne sont appelés à surveiller les cartes interactives de risque de fusariose de l’épi. Certains champs de blé d’automne sont présentement au début ou en pleine épiaison. C’est au moment de la mi-floraison que le blé est sensible à la maladie. Si vos céréales d’automne sont aux stades sensibles, consultez quotidiennement les cartes interactives de risque disponibles sur Agrométéo Québec afin de suivre l'évolution des conditions favorables à l'infection. Les cartes prévoient des niveaux de risque élevés dans certaines régions pour demain et après-demain, les 10 et 11 juin (voir les cartes plus bas). Si la situation le justifie, des interventions pourraient être nécessaires. Le cas échéant, assurez-vous de respecter le délai avant la pluie indiqué à l’étiquette du produit utilisé.
La fusariose de l’épi du blé est l’une des maladies les plus importantes des céréales, non seulement en raison des pertes potentielles de rendement, mais aussi en raison du risque de perte de qualité lié à sa capacité à produire des mycotoxines dans le grain.
Les spores de la fusariose de l’épi infectent les épis par les étamines. C’est au moment de la floraison que les cultures du blé et du seigle sont considérées à risque, tandis que l’orge est considérée à risque pendant l’épiaison et la floraison.
Selon les conditions météorologiques, les niveaux de risque peuvent varier de « Bas » (0 à 25) à « Moyen » (25 à 35) et finalement à « Élevé » (35 à 50), représentés respectivement par les codes de couleur vert, orange et rouge. Le risque d’infection augmente sous conditions chaudes (> 25 °C) et pluvieuses.
Interprétation des niveaux de risque
En cas de risque bas, aucune intervention n’est généralement requise.
En cas de risque élevé, tous les cultivars doivent être considérés à risque, peu importe leur cote de résistance à la maladie.
En cas de risque moyen, d’autres facteurs doivent être considérés. Les études démontrent que les conditions météorologiques expliquent environ 50 % de l'impact de la maladie sur le contenu en mycotoxines à la récolte. Les autres facteurs à considérer sont les suivants :
- Le choix du cultivar (environ 25 % de l'impact). Les cotes de résistance sont disponibles dans le guide du RGCQ.
- Une journée à risque moyen peut justifier une application de fongicide dans le cas d’un cultivar susceptible à la fusariose (cote de résistance de 4 à 9);
- Pour un cultivar moyennement résistant à la fusariose (cote de résistance de 1 à 3), l’accumulation de deux journées à risque moyen peut placer un champ à risque, particulièrement en présence d’autres facteurs favorables à la maladie.
- Le précédent cultural (environ 20 % de l’impact). Les précédents de maïs ou de céréales augmentent le risque de fusariose de l’épi, tandis qu’un précédent de culture sans graminée, telle que le soya, tend à le réduire.
- D’autres facteurs (environ 5 % de l’impact) peuvent également influencer le risque :
- L’historique de la maladie dans le champ ou dans les environs;
- La présence de champs de maïs à proximité, qui peut augmenter la quantité d'inoculum;
- La présence de culture intercalaire, qui peut agir comme barrière physique et réduire la quantité de spores atteignant les étamines.
Si une intervention est requise, elle doit être réalisée au bon stade de la culture, soit au moment de l’épiaison dans le cas de l’orge et avant la mi-floraison dans le cas du blé et des autres céréales. Par exemple, dans le cas du blé, la culture doit présenter plus de 70 % des épis entre le stade début floraison et le stade mi-floraison.
Les applications hâtives de fongicide sont moins efficaces que celles faites aux bons stades. Une application de fongicide réalisée hâtivement, c’est-à-dire lors du stade de la montaison (orge) ou de l’épiaison (blé et autres céréales), pourra réduire l’incidence de la maladie et les taux de mycotoxines jusqu’à 25 % à 30 %. Alors qu’une application faite au stade optimal, c’est-à-dire à l’épiaison dans l’orge et à la mi-floraison dans le blé et les autres céréales, pourra réduire l’impact de la maladie jusqu’à 50 %.
Pour une gestion efficace des risques, il est important d'adopter une approche intégrée qui combine l'observation des conditions météorologiques, la consultation d'outils d'aide à la décision, tels que les cartes interactives, ainsi que la prise en compte de tous les facteurs agronomiques pertinents.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Edith Cuerrier, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

