Laitue et chicorée, Avertissement No 6, 11 juin 2026


Les plantations continuent et les récoltes de frisées et de romaines débutent en Montérégie. Dommages de vers gris en augmentation en Montérégie. Vers gris recherchés pour projet de recherche. Interventions contre les punaises en Montérégie. Peu de maladies.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS
 

La période du 3 au 9 juin a été marquée par des températures généralement plus chaudes que les périodes précédentes. La majorité des régions ont connu des températures au-dessus des normales saisonnières avec 2 à 3 jours légèrement plus froids. Les températures de nuit ont aussi augmenté pendant cette période pour plusieurs régions et ont souvent dépassé la barre des 10 °C. Des nuits fraîches sont tout de même survenues par endroits. Les précipitations ont été variables selon les régions (voir la carte des précipitations) et l’irrigation a été nécessaire, principalement dans Lanaudière et en Montérégie. Le vent a été présent cette semaine encore, causant des dommages en Montérégie et dans la Capitale-Nationale. 
 
 

AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS 

 
Les plantations se poursuivent dans toutes les régions. Le développement est bon. 
 
Tableau 1: Stade d'avancement de la laitue par région
Régions Stade d'avancement le plus avancé
Capitale-Nationale 6 feuilles
Chaudière-Appalaches 6 feuilles
Montérégie Pommées : pomme de 12 cm (sous bâches)
Romaine (récolte)
Frisée et feuille (récolte)
 
INSECTES 
 
Vers gris
En Montérégie-Ouest, la présence de vers gris et leurs dommages sont en augmentation dans plusieurs champs, atteignant jusqu’à 33 % de dommages. Ils sont faibles à nuls dans d’autres champs. La plupart des vers gris observés étaient petits (moins de 1 cm de longueur). L’espèce dominante semble être le ver-gris noir (Agrotis ipsilon), après identification de spécimens par le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP).
 
Quant au suivi des adultes de ver-gris noir, le papillon est encore actif en Montérégie-Ouest avec environ 15 papillons par piège en moyenne, mais les captures diminuent dans plusieurs champs. Un maximum semble avoir été atteint dans la semaine du 25 mai pour cette région. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, les captures ont ralenti avec 14 papillons par piège.
 
Pour dépister les vers gris faucheurs, il faut vérifier la présence de plants coupés dans le champ. En fouillant le sol autour d’un plant récemment endommagé, il est souvent possible de retrouver la chenille responsable. Cette surveillance est importante dans les deux à trois premières semaines suivant la levée ou la plantation.
 

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 

Avis aux intéressés, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) souhaite récolter des larves de vers gris, dans le cadre d’un projet de recherche.

Punaises
Une augmentation des populations et des dommages causés par les punaises brunes adultes ainsi que les punaises ternes (adultes et larves) a justifié plusieurs interventions dans la dernière période en Montérégie-Ouest, surtout dans les laitues plus avancées. Dans la Capitale-Nationale, les adultes de punaises brune et terne sont présents en faible nombre et causent peu de dommages.

Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant pour la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures. 
     
Le seuil d’intervention contre les punaises dans les laitues varie selon le type de laitue et le stade phénologique. Notez cependant qu’il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes ou si elles s’attaquent au point de croissance. 
Laitue pommée Moins de 10 feuilles 7 individus pour 30 plants
Plus de 10 feuilles 5 individus pour 30 plants
Laitue romaine et en feuille Moins de 10 feuilles 5 individus pour 30 plants
Plus de 10 feuilles 3 individus pour 30 plants

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Autres insectes 
Des altises, chenilles, cicadelles, collemboles, pucerons et thrips sont toujours observés en Montérégie, sans nécessiter d’intervention.

Toujours en Montérégie, des dommages de mouches des semis ont été rapportés dans de nouvelles plantations réalisées dans des résidus trop abondants. Pour éviter les problèmes de mouches des semis, on recommande de bien détruire les mauvaises herbes et les résidus, et d’attendre deux semaines avant la plantation des laitues. 
 

 
MALADIES DE SOL 

Les conditions généralement chaudes et sèches des dernières semaines ont été peu favorables aux maladies de sol en Montérégie, mais les pluies de la prochaine semaine, si elles se concrétisent, pourraient favoriser les infections et le développement de nouveaux symptômes. 

Affaissement pythien (Pythium tracheiphilum)
En Montérégie, les cas d’affaissement pythien vont de faibles (moins de 5 %) à modérés (5 à 10 %) selon le champ. 
 
  • Dépistage : outre le flétrissement du plant, un brunissement des vaisseaux lors de la taille transversale de la racine pivot est observable. Le collet de la plante ne présente pas nécessairement d’étranglement. L'agent pathogène pénètre plus facilement dans la plante par les racines endommagées suite à un sarclage. 
  • Stratégie d'intervention : les champs présentant un historique élevé de la maladie sont à éviter, particulièrement ceux qui sont moins bien drainés. Plusieurs laboratoires offrent le service de détection de Pythium tracheiphilum, dont le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) et le Consortium PRISME. Ce dernier offre un accompagnement dans la cartographie et l'évaluation de la sévérité de la maladie. Les résultats permettent d'identifier l’inoculum et de connaître la sévérité de la maladie, ainsi que d’évaluer la nécessité de traiter ou non les transplants avant la plantation. Si un traitement est recommandé, il est possible de sélectionner un biofongicide à base de Trichoderma harzianum selon les conditions météorologiques à venir.

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Pourriture blanche (Sclerotinia sclerotiorum ou Sclerotinia minor
L’incidence de pourriture blanche diminue légèrement en Montérégie (moins de 5 %), la maladie étant surtout présente dans les plantations les plus avancées. Les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
 
  • Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et un mycélium blanc et cotonneux peut être observé au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium. 
  • Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 

Moisissure grise (Botrytis cinerea)
Les cas de moisissure grise sont négligeables (moins de 1 %). Les traitements fongicides préventifs et la chaleur n’ont pas favorisé les nouvelles infections.

Dans quelques champs seulement, la moisissure grise s’attaquant aux jeunes plants a causé des pertes notables peu après la transplantation. On soupçonne aussi que l’infection soit débutée en serre. La gestion de l’humidité et de la température des serres ainsi que le nettoyage des plateaux de transplants font partie des bonnes pratiques permettant d’éviter les maladies en serre. 
 
  • Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et on peut observer un mycélium blanc et cotonneux au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
  • Veuillez consulter la fiche technique pour plus d'information. 
 


MALADIES FOLIAIRES 


Tache bactérienne (Xanthomonas campestris) 
Les foyers de tache bactérienne rapportés en Montérégie dans la dernière période demeurent stables et peu de nouveaux symptômes ont été observés. L’incidence est généralement faible, mais la maladie pourrait être favorisée par les prochaines pluies.
 

  • Prévention : la propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps. 
    
  • Pucerons
  • Punaise terne et punaise brune
  • Pourriture blanche (affaissement sclérotique)
  • Affaissement pythien ou affaissement sec
  • Pourriture basale (rhizoctone brun)
  • Mildiou de la laitue
 
 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.