Laitue et chicorée, Avertissement No 8, 25 juin 2026


Les plantations continuent et les récoltes se poursuivent ou débutent. Interventions contre les punaises en Montérégie. Vers gris en diminution en Montérégie. Puceron de la laitue en Montérégie. Mildiou et tache bactérienne en Montérégie. Pourriture blanche en augmentation dans les champs près de la récolte. 
 
 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS 

Pour la période du 17 au 23 juin, les températures de jour ont été généralement près ou légèrement sous les normales et sans grandes chaleurs. Les températures de nuit ont été généralement près des normales, mais certaines régions ont connu une nuit sous la barre des 10 °C. Les précipitations ont été abondantes et souvent sous forme d’orage. Les quantités reçues varient grandement entre les stations, voir la carte des précipitations. En Montérégie et dans Lanaudière, de grandes quantités d’eau sont tombées rapidement par endroits, occasionnant des accumulations d’eau au champ de même que des débordements de cours d’eau. Certaines cultures ont été inondées à la suite de ces débordements. Les opérations au champ, comme les traitements phytosanitaires, ont été retardés par endroits et le dépistage de certains champs a été impossible. Ces évènements sont toutefois localisés et les opérations se poursuivent cette semaine dans la majorité des cas dans les régions touchées. 

De façon générale, l’humidité relative est restée élevée pendant de longues périodes. 

 
AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS 

Les plantations se poursuivent dans toutes les régions. Le développement était bon avant les pluies du 18 au 20 juin.
 
Tableau 1: Stade d'avancement de la laitue par région
Régions Stade d'avancement le plus avancé
Capitale-Nationale 10 à 12 feuilles, récolte retardée 
Chaudière-Appalaches 10 feuilles, début récolte 
Montérégie Récolte
 
 
INSECTES 
 
Vers gris
En Montérégie-Ouest, plusieurs gros vers gris étaient encore présents et des plantations ont encore dû être traitées, mais les dommages sont en diminution. Les insecticides sont moins efficaces lorsque les vers gris sont gros. De plus, à la fin de leur développement (entre 3,5 et 4,5 cm pour la plupart des espèces), les chenilles cessent de s’alimenter en préparation de leur nymphose. Un traitement à ce stade n’est donc pas toujours justifié. 

Sur les sites suivis pour le piégeage des adultes de ver-gris noir, les captures de papillons sont généralement en diminution, bien qu’elles soient encore élevées sur certains sites. La présence de vers gris est donc encore à surveiller.
 
Pour dépister les vers gris faucheurs, il faut vérifier la présence de plants coupés dans le champ. En fouillant le sol autour d’un plant récemment endommagé, il est souvent possible de retrouver la chenille responsable. Cette surveillance est importante dans les deux à trois premières semaines suivant la levée ou la plantation.
 

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 

Avis aux intéressés, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) souhaite récolter des larves de vers gris, dans le cadre d’un projet de recherche.

Punaises
En Montérégie-Ouest, les populations de punaises ternes et brunes (adultes et larves) étaient en diminution, mais demeuraient généralement présentes. Des traitements insecticides ont été effectués, mais leur efficacité était variable. Dans la Capitale-Nationale, la faible présence de punaises ternes adultes n’a pas justifié d’intervention.

Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant pour détecter pour la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures de champs. 
     
Le seuil d’intervention contre les punaises dans les laitues varie selon le type de laitue et le stade phénologique. Notez cependant qu’il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes ou si elles s’attaquent au point de croissance. 
Laitue pommée Moins de 10 feuilles  7 individus pour 30 plants    
Plus de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants 
Laitue romaine et en feuille Moins de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants 
Plus de 10 feuilles  3 individus pour 30 plants 

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Pucerons
En Montérégie, peu de pucerons ont été observés, mais quelques puceron de la laitue aptères (sans ailes) ont été vus pour la première fois cette saison. Des pucerons ailés sont toujours observés dans la Capitale-Nationale. Aucune intervention n’a été nécessaire contre les pucerons jusqu’à maintenant

Voir les pages 10 et 11 ainsi que la Figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec.

Dépistage et prévention 
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information.  


Autres insectes 
Des chenilles sont toujours observées en Montérégie, sans nécessiter d’intervention. 

 
MALADIES DE SOL 

Les sols très humides favoriseront les maladies dans les laitues. À noter que les traitements fongicides pour préserver les laitues des maladies de sol (pourriture blanche et moisissure grise) doivent être faits au plus tard au stade 10 feuilles des laitues, afin de s’assurer que la pulvérisation atteigne le collet à la base des plants.

Affaissement pythien (Pythium tracheiphilum)
En Montérégie, les cas d’affaissement pythien sont en augmentation, sans dépasser les 10 % de plants atteints. 
 
  • Dépistage : outre le flétrissement du plant, un brunissement des vaisseaux lors de la taille transversale de la racine pivot est observable. Le collet de la plante ne présente pas nécessairement d’étranglement. L'agent pathogène pénètre plus facilement dans la plante par les racines endommagées à la suite d'un sarclage. 
  • Stratégie d'intervention : les champs avec un historique important de la maladie sont à éviter, particulièrement ceux qui sont moins bien drainés. Plusieurs laboratoires offrent le service de détection de Pythium tracheiphilum, dont le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) et le Consortium PRISME. Ce dernier offre un accompagnement dans la cartographie et l'évaluation de la sévérité de la maladie. Les résultats permettent d'identifier l’inoculum et de connaître la sévérité de la maladie, ainsi que d’évaluer la nécessité de traiter ou non les transplants avant la plantation. Si un traitement est recommandé, il est possible de sélectionner un biofongicide à base de Trichoderma harzianum selon les conditions météorologiques à venir.

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Pourriture blanche (Sclerotinia sclerotiorum ou Sclerotinia minor
Les cas de pourriture blanche augmentent en Montérégie, dans Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale, principalement dans les champs en récolte ou près de la récolte. Les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
 
  • Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et un mycélium blanc et cotonneux peut être observé au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium. 
  • Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 

Moisissure grise (Botrytis cinerea)
En Montérégie, les cas de moisissure grise sont stables. Aucun symptôme n’est rapporté dans les autres régions. Les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
 
  • Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et on peut observer un mycélium blanc et cotonneux au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
  • Veuillez consulter la fiche technique pour plus d'information. 
 
 

MALADIES FOLIAIRES 
 

Mildiou de la laitue (Bremia lactucae)
Dans certains champs en Montérégie-Ouest, des taches de mildiou de la laitue sont apparues et ont nécessité des traitements protectants. Le temps frais et les conditions plus nuageuses et pluvieuses qui sont prévues pourraient favoriser l’augmentation de la maladie; les feuilles basales sont particulièrement à surveiller, puisque ce sont les premières affectées. Aucun symptôme n’a été rapporté dans les autres régions. 

Dépistage : Il faut prendre soin d’inspecter les deux côtés de toutes les feuilles du plant, en portant une attention particulière au feuillage près du sol (sous le plant), car la maladie y est souvent latente. Les principaux symptômes observés sont des taches jaunes délimitées par les nervures sur le dessus de la feuille, accompagnées de sporulation blanche semblable à du sucre en poudre. C’est la présence de cette sporulation blanche qui indique que la maladie est encore active et qui justifie la décision d’intervenir ou non. Les taches séchées ou qui ne sporulent pas ne permettent pas à la maladie de se propager. 

Prévention : pour retarder la progression du mildiou, il est recommandé de planter les laitues dans le sens inverse des vents dominants afin d’éviter que le vent transporte les spores de mildiou des plantations plus âgées vers les plantations plus jeunes. Des cultivars résistants sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Voir cette fiche technique pour plus d’information. 

Tache bactérienne (Xanthomonas campestris
La tache bactérienne est en augmentation en Montérégie, mais seulement sur les feuilles basales des laitues pommées. La prévention demeure la meilleure approche contre cette maladie en conditions pluvieuses.
 
Prévention : la propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps.    
  

  • Pucerons
  • Punaise terne et punaise brune
  • Pourriture blanche (affaissement sclérotique)
  • Affaissement pythien ou affaissement sec
  • Pourriture basale (rhizoctone brun)
  • Mildiou de la laitue

  

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Laitue et chicorée ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.