
Météo : forte chaleur par endroits, précipitations souvent localisées. Développement de la culture : bonnes conditions de croissance, mais la chaleur commence à fatiguer des plants, dommages de grêle, irrigation dans Lanaudière. Ravageurs : doryphores plus actifs, mais avec de la variabilité, cicadelle de la pomme de terre avec des seuils atteints localement, pression faible ou légère d’autres ravageurs. Maladies : aucun cas de mildiou, mais des risques présents par endroits, début ou faible progression d’autres pathogènes. Journée Pomme de terre 2026.
CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES
Pour la période du 26 juin au 2 juillet 2026, le vrai été est finalement arrivé avec des températures largement au-dessus de la moyenne à partir de la fin de semaine, et ce, un peu partout. Le mercure a dépassé les 30 °C en fin de période, atteignant même du 32-34 °C les 1er et 2 juillet dans plusieurs secteurs. Les températures la nuit ont été plutôt dans la moyenne, mais plus chaudes à la fin (consultez le sommaire agrométéorologique). Les précipitations ont été à nouveau variables avec un caractère souvent localisé, plus généralisées le 26 juin et plus intenses par endroits le 28 juin, 1er et 2 juillet. Des cumuls ont souvent varié pour des localités de la même région (ex. : pour le 30 juin dans Lanaudière, 29 mm à Lanoraie et 0 mm à L’Assomption et Saint-Jacques). De forts orages ont été observés avec du vent et/ou de la grêle, dont dans le Centre-du-Québec et en Outaouais (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). Du vendredi 3 juillet au jeudi 9 juillet, Environnement Canada prévoit la poursuite de la chaleur à peu près partout en province, avec cependant moins de journées au-dessus de 30 °C. Peu de précipitations sont attendues, avec des risques pour vendredi, samedi et/ou jeudi selon la région, pour de faibles cumuls à priori.
DÉVELOPPEMENT DE LA CULTURE
En général, les collaborateurs rapportent toujours une bonne croissance de la culture avec une bonne pousse végétative, malgré la forte chaleur. La pluie du 26 juin a été bénéfique par endroits, tandis que les orages localisés qui ont suivi ont causé parfois plus d’inconvénients que de bienfaits avec des cas de grêle importants causant des bris de tiges et de feuilles (ex. : Centre-du-Québec) et de fortes pluies soudaines (ex. : Outaouais) retardant l'entrée dans les champs. Ces situations font que les sols montrent un niveau d’humidité bien variable en province. Les plants ont présenté plus de flétrissement en après-midi par endroits. Aussi, des taches de chaleur sont apparues sur le feuillage dans le secteur de Lanaudière, alors que l’irrigation fonctionne à plein régime dans cette région. Elle n'a pas encore débuté ailleurs, et il y a un suivi plus serré. Des champs de primeurs affichent une belle apparence (voir photo). Les chantiers de sarclage/renchaussage sont maintenant davantage en marche en plusieurs endroits ou terminés selon la région et le producteur, à la suite de conditions favorables. Le tableau 1 présente le développement de la culture de primeur en différentes régions.
Tableau 1 : État d'avancement de la culture de primeur pour des producteurs types, rapporté par les collaborateurs du RAP (en date du 2 juillet 2026)
| Régions |
Stade de la culture
(primeur)1
|
|
| 2026 | 2025 | |
| Montérégie-Est et Montérégie-Ouest | Floraison Tubercules : 3-8 cm2 Début récolte localement |
Pleine floraison Tubercules : 4-8 cm Début récolte localement |
| Outaouais | Floraison Tubercules : 2-3 cm |
Floraison Tubercules : 1,5-2,5 cm |
| Lanaudière | Pleine floraison Tubercules : 3-7,5 cm |
Pleine floraison à fin floraison Tubercules : 4-7 cm |
| Centre-du-Québec et Mauricie | Pleine floraison Tubercules : 3-5 cm |
Pleine floraison Tubercules : 3-5 cm |
| Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches | Début floraison à pleine floraison Tubercules : 2-5 cm |
Floraison à pleine floraison Tubercules : 3-5 cm |
| Gaspésie, Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean | Plants 25 cm à bouton floral2 Début tubérisation |
Bouton floral2 Tubercules : 1-1,5 cm |
GESTION DES RAVAGEURS
Les rapports transmis par les collaborateurs pour la dernière semaine font état d'une grande variabilité de l’activité des insectes à travers les régions. Cela démontre l’importance du suivi et du dépistage à la ferme. Par temps très chaud, les interventions phytosanitaires ne devraient avoir lieu que si elles sont vraiment nécessaires afin de limiter les risques de phytotoxicité à la culture et d’obtenir une efficacité optimale du produit utilisé.
En général, l’activité du doryphore de la pomme de terre apparaît moins élevée qu’une saison type présentement dans les champs en production. Des interventions ont été ou seront réalisées dans des secteurs sud et centre, alors que la chaleur a fortement favorisé l’éclosion des masses d’œufs et le développement des larves, principalement dans les parcelles sans insecticide au semis. Les régions plus à l’est et au nord rapportent, pour le moment, une absence ou peu d’activité des adultes. L’efficacité des interventions pratiquées est rapportée comme très bonne. On rappelle qu’il faut utiliser un produit de contrôle foliaire d’un groupe chimique différent de celui utilisé lors du semis, si c’est le cas. Sans la présence de volontaires dans des parcelles, des producteurs auraient été en mesure de repousser des traitements insecticides. Encore cette semaine, des collaborateurs rapportent une activité à la hausse de certains auxiliaires (à protéger) comme des coccinelles et des punaises prédatrices (voir photos).
La cicadelle de la pomme de terre (CPT) connaît également une activité bien variable en province. Le seuil d’intervention sur pièges jaunes collants a été atteint localement en Montérégie, en Outaouais et aussi dans la Capitale-Nationale, alors que les captures sont encore basses ou légères ailleurs. Pas ou très peu de symptômes foliaires reliés à leur activité ont été identifiés. À noter que plus de cicadelles de l’aster (CA) sont capturées sur les pièges par endroits, dont la Capitale-Nationale. L’impact de ces dernières en production commerciale de pomme de terre serait très limité.
Concernant d’autres ravageurs, voici ce que des collaborateurs rapportent :
- Vers gris : une activité nulle ou à la baisse selon la région.
- Autres noctuelles : quelques observations dans le secteur de Lanaudière causant une très légère défoliation.
- Punaise terne : plusieurs mentions, principalement dans des têtes de plants, mais sans impact sur la culture.
- Pucerons : aucune à une trace d’activité rapportée en parcelles commerciales et encore de faibles captures en zones semencières, avec des applications d’huile minérale en cours.
- Méloé cendré : présence de quelques colonies dans des parcelles de la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, mais rien pour nécessiter une intervention.
GESTION DES MALADIES
Aucun symptôme de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté ou observé au Québec depuis le début de la saison. Les risques de développement du champignon demeurent présents par endroits, malgré la chaleur en cours. Le passage d’orages favorise souvent la dispersion de spores sur le territoire. Une protection complète de la culture est donc nécessaire, selon la vigueur des plants (ex. : développement de nouvelles pousses, les prévisions météo en cours et celles à venir, la situation géographique de la culture, etc.). En cas de retard dans les interventions ou en période de forts risques, il ne faudrait pas hésiter à utiliser un produit plus pénétrant. Historiquement, il est possible d’observer des cas de mildiou en début juillet au Québec. Le dépistage au champ devrait débuter pour les plants plus avancés. La détection hâtive d’un possible inoculum primaire de la maladie est importante. Même en période sans précipitations, il faut porter attention lors de la pratique de l’irrigation afin de permettre un séchage rapide du feuillage, surtout avant la nuit, et vérifier si des fuites d’eau ne sont pas présentes au niveau des pivots ou des rampes par exemple (base des asperseurs, raccords, etc.).
Pour en savoir plus sur le mildiou, consultez la fiche Le mildiou, une maladie à surveiller.
Selon le site Web PlantAid, aucun cas de mildiou de la pomme de terre n’a encore été rapporté en Amérique du Nord jusqu'à présent. La même situation vaut pour d'autres sources plus régionalisées sur le suivi de la culture de la pomme de terre en Amérique du Nord.
Si vous observez des taches suspectes, il ne faut pas hésiter à contacter votre conseiller ou le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ, au besoin, afin de bien identifier la présence du mildiou, car d’autres symptômes peuvent y ressembler.
Concernant le suivi par capteurs de spores pour le mildiou, il n’y a rien de nouveau cette semaine du côté de l’Ontario, des provinces maritimes, du Maine et du Québec (ex. : Airspore). Aucune capture n’est rapportée dans la province du Manitoba.
Concernant d’autres maladies d’intérêt, voici des observations qui ont été rapportées :
- Brûlure hâtive : plus de symptômes apparentés, mais sans excès, sur du plus vieux feuillage de parcelles de primeurs (ex. : 'Colomba', 'Envol') dans le secteur de la Montérégie, de Lanaudière (surtout) et du Centre-du-Québec. Cela pourrait changer avec la poursuite de la chaleur et du temps plus sec dans les prévisions, et des plants avançant en maturité.
- Jambe noire : peu de nouveaux cas ou de progression en cours de période. Cultivars 'Colomba', 'Norland', 'Viking' et 'Atlantic'.
- Dartrose : aucun symptôme signalé. Poursuite d’un contrôle par des producteurs pour des cultivars plus à risque et selon l’historique de la maladie sur la ferme.
- Plants virosés : présence dans plusieurs champs, mais avec une incidence faible présentement. Les cultivars 'Caribou', 'Colomba', 'Norland' et 'Atlantic' sont mentionnés.
- Verticilliose : aucune observation pour le moment.
- Gale commune : début d’observation, localement, sur de jeunes tubercules, cultivar 'Colomba'. Une humidité du sol adéquate et régulière à partir du tout début de la tubérisation aide à réduire l’incidence de cette maladie, entre autres.
JOURNÉE POMME DE TERRE 2026
Un rappel : Les Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ), le Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL), l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) et Agrinova ont le plaisir de vous inviter à la Journée Pomme de terre 2026, qui se tiendra la semaine prochaine, le jeudi 9 juillet 2026 à la ferme expérimentale du CIEL à Lanoraie (Lanaudière).
Cette journée, réalisée avec l’appui du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), sera l'occasion de découvrir les projets en cours et les récentes innovations en production de pomme de terre grâce à une programmation variée d'ateliers et de présentations techniques présentés au champ et sous le chapiteau, tout en favorisant les échanges entre les acteurs du milieu.
Pour la programmation détaillée de l'événement et pour vous inscrire : Journée Pomme de terre 2026.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
