
Météo : poursuite de la forte chaleur en plusieurs endroits, précipitations variables. Développement de la culture : conditions de croissance variables, forte chaleur et manque en précipitations affectant la culture, irrigation en continu par endroits. Ravageurs : activité du doryphore et de la cicadelle de la pomme de terre à suivre avec des seuils atteints, pression encore faible ou légère d’autres ravageurs. Maladies : aucun cas de mildiou, progression de certaines maladies de faiblesse.
CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES
Pour la période du 3 juillet au 9 juillet 2026, le temps très chaud et fortement ensoleillé s’est poursuivi partout en province avec des mercures dépassant le 30 °C sur plusieurs jours et ce dans plusieurs régions. Quelques nuits ont été également chaudes (consultez le sommaire agrométéorologique). Les précipitations se sont faites discrètes, sauf en fin de période par endroits. Des averses localisées ont eu lieu les 3 ou 4 juillet dans une partie du centre et l’est de la province, puis le 9 juillet pour des secteurs plus au sud surtout, avec jusqu’à 25 mm par endroits (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). Du vendredi 10 juillet au jeudi 16 juillet, Environnement Canada prévoit une continuité de la chaleur avec des mercures pouvant dépasser 30 °C et plus dans les secteurs sud et ouest, mais moindres dans ceux plus à l’est et au nord. Pour les précipitations, pas de cumuls significatifs sont prévus mais plus de fréquence possible dans les secteurs plus à l’est.
DÉVELOPPEMENT DE LA CULTURE
En général, la croissance demeure bonne mais variable en province. Le remplissage des tubercules se fait plutôt au ralenti en plusieurs endroits. Les producteurs de plusieurs régions sont maintenant occupés à l’irrigation (s'ils ont accès à des systèmes d’aspersion et des réserves en eau), rendue nécessaire avec des sols qui se sont asséchés en cours de période et avec le peu de précipitations prévues dans les 10 prochains jours. Des apports en eau en début juillet aussi généralisés en province ne sont pas fréquents. Des plants de certains cultivars en parcelles non-irriguées souffrent avec du flétrissement le jour et un jaunissement du plus vieux feuillage par endroits. En parcelles bien irriguées, les plants se portent mieux bien qu’une baisse des températures aiderait. Des taches abiotiques sont apparues sur du feuillage par endroits (ex. : taches d’insolation). Une chute de fleurs dans des parcelles est aussi rapportée. Des collaborateurs observent un meilleur développement dans des parcelles avec un sol plus en santé (moins de compaction, meilleure rotation, fertilisation optimale, etc.). Il y a aussi un effet de cultivar sur leur niveau de tolérance au temps chaud et sec. Le renchaussage se poursuit dans quelques régions, principalement dans celles plus à l’est. Des mauvaises herbes (ex. : chénopodes) commencent à dépasser la culture dans des champs de primeurs du sud de la province. Il est toujours possible de vérifier si un développement de résistance aux herbicides serait la cause de cette présence en soumettant des échantillons au LEDP. Le tableau 1 présente le développement de la culture de primeur en différentes régions.
Tableau 1 : État d'avancement de la culture de primeur pour des producteurs types, rapporté par les collaborateurs du RAP (en date du 9 juillet 2026)
| Régions | Stade de la culture (primeur)1 |
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| 2026 | 2025 | |
| Montérégie-Est et Montérégie-Ouest | Floraison à postfloraison2 Tubercules : 5-8,5 cm Poursuite ou début de récolte |
Postfloraison Tubercules : ND Poursuite ou début de récolte |
| Outaouais | Floraison avancée Tubercules : 3-4 cm |
Fin floraison Tubercules : 3-6 cm |
| Lanaudière | Pleine floraison à fin floraison Tubercules : 6-8 cm |
Postfloraison Tubercules : 5-9 cm Récoltes localement |
| Centre-du-Québec et Mauricie | Pleine floraison à fin floraison Tubercules : 5-7 cm |
Pleine floraison à fin floraison Tubercules : 4-6 cm |
| Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches | Floraison à fin floraison Tubercules : 4-6 cm |
Pleine floraison Tubercules : 3-6 cm |
| Gaspésie, Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean | Bouton floral à floraison2 Tubercules : 1-3 cm |
Début floraison2 Tubercules : 1-3 cm |
GESTION DES RAVAGEURS
L’activité des insectes demeure variable à travers la province, mais avec une tendance à la hausse avec le temps chaud et sec. Cela démontre à nouveau l’importance du suivi et du dépistage personnalisés à la ferme.
Le doryphore de la pomme de terre connait une hausse d’activité en plusieurs endroits du sud et du centre de la province avec des stades qui avancent rapidement, mais avec de la variance selon la parcelle et la région. À noter l’activité présentement moindre dans les secteurs de l’est de la province. Une hausse des envolées est observée dans certains secteurs, amenant une colonisation plus loin à l’intérieur de champs (pas seulement en bordures). La ponte se poursuit en plusieurs endroits. Des grosses larves s’enfouissent dans le sol afin de préparer la prochaine génération d’adultes d’été. Les interventions foliaires menées pour leur contrôle ont démontré une bonne efficacité. Des parcelles plus éloignées de celles qui étaient en production en 2025 n’ont pas encore nécessité d’intervention, comme pour certaines parcelles en régie biologique. En période de stress des plants et à partir du stade bouton floral, il est important de conserver le plus de feuillage possible car la croissance du nouveau feuillage est plus limitée. Finalement, il est important de poursuivre le dépistage du doryphore même après un contrôle réussi dans une parcelle car la migration d’adultes en provenance de plants volontaires dans une parcelle voisine en rotation peut se faire rapidement.
Les captures des adultes de la cicadelle de la pomme de terre (CPT) varient également en province, selon la région mais surtout la parcelle. On note plutôt une hausse des décomptes en cours de période. Des captures dépassent le seuil d’intervention proposé (25 individus/piège/semaine) par endroits, comme en Capitale-Nationale, mais demeurent encore généralement sous le seuil ailleurs en province. Peu ou pas de symptômes de leur activité sont remarqués dans certains champs. Ces symptômes sont plus visibles plus rapidement sous la chaleur et le temps sec. Il faut surveiller les coupes de foin (luzernière) près de la culture, alors qu’une migration rapide des adultes peut se produire, surtout par temps chaud et sec. Pour les producteurs n’ayant pas encore installé les pièges jaunes englués, il est encore temps de le faire. On rappelle qu’il ne faut pas seulement se fier aux captures de la CPT sur les pièges, mais compléter le dépistage en vérifiant la présence de nymphes sous le feuillage des plants. Des produits comme CIMEGRA, VAYEGO, DELEGATE et MINECTO PRO, entre autres, ne contrôlent pas les cicadelles.
Concernant d’autres ravageurs, voici ce que des collaborateurs rapportent :
- Vers gris : présence dans certains champs de la Capitale-Nationale et du Bas-Saint-Laurent, coupant quelques plants avec des dommages plus visibles sous la sécheresse, et des larves plus creuses dans le sol (5-7 cm). Aucune intervention nécessaire.
- Altises : présence dans la région de Québec, mais pas encore d'altises à tête rouge, alors qu’aucune activité rapportée ailleurs en province, pour le moment.
- Punaise terne : baisse notable partout en province de la présence des adultes, qui se réfugient surtout dans des têtes de plants.
- Pucerons : une trace d’activité rapportée par endroits en parcelles commerciales et encore de faibles captures en zones semencières, avec des applications d’huile minérale qui se poursuivent.
GESTION DES MALADIES
Le temps chaud et sec un peu partout en province en cours de période fait que la pression ou les risques de développement de certaines maladies ont diminué. En conséquence, les applications de fongicides ont été retardées ou plus espacées. Ces dernières visaient plus le contrôle des maladies dites de faiblesse ou de sénescence de plants.
Aucun symptôme de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté ou observé au Québec depuis le début de la saison. Les risques de développement du champignon varient en province et demeurent présents par endroits, comme en période d’irrigation en continue qui favorise le développement de nouvelles pousses. Une protection complète de la culture est donc nécessaire, selon la vigueur des plants. Des produits comme les acides phosphoreux aident à contrôler le mildiou et cela aiderait aussi à activer le mécanisme de défense de la plante. Le dépistage au champ devrait se poursuivre, car la détection hâtive d’un possible inoculum primaire de la maladie est importante.
Si vous observez des taches suspectes, il ne faut pas hésiter à contacter votre conseiller ou le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ au besoin, afin de bien identifier la présence du mildiou, car d’autres symptômes peuvent y ressembler.
Pour en savoir plus sur le mildiou, consultez la fiche Le mildiou, une maladie à surveiller.
Selon le site Web PlantAid, aucun cas de mildiou de la pomme de terre n’a encore été rapporté en Amérique du Nord jusqu'à présent. La même situation vaut pour d'autres sources plus régionalisées sur le suivi de la culture de la pomme de terre en Amérique du Nord.
Concernant le suivi par capteurs de spores pour le mildiou, il y a eu des captures au cours de la semaine qui se terminent sur plusieurs sites dans le Maine (États-Unis), mais aucune dans les provinces maritimes. Des captures ont aussi été rapportées au Manitoba sur quelques sites. Il n’y a rien de nouveau cette semaine du côté de l’Ontario ni du Québec (ex. : Airspore).
Finalement, la gestion des volontaires, qui sont plus présents et maintenant plus développés par endroits (si pas défoliés par les doryphores), doit se poursuivre.
Concernant d’autres maladies d’intérêt, voici des observations qui ont été rapportées :
- Brûlure hâtive : hausse de symptômes dans des parcelles de primeurs du sud et du centre de la province à la suite de conditions plus favorables (ex. : plants vieillissants et/ou en situation de stress). Les infections sont présentement restreintes à l’étage du bas des plants. Un contrôle est en cours par endroits, avec un produit qui cible plus cette maladie, pour des cultivars plus sensibles. Mais avant de déclencher un traitement, il est important de faire vérifier, au besoin, par un spécialiste ou un laboratoire si c’est bien le champignon responsable en cause et non des taches d’origine abiotique, par exemple.
- Jambe noire : observation stable ou en légère progression. Cultivars 'Colomba', 'Norland', 'Viking' , 'Vivaldi', 'Chieftain' et 'Atlantic' pour le moment.
- Dartrose : début de symptômes observés dans des secteurs du centre de la province. La pratique de l’irrigation par temps chaud peut, dans certaines situations, favoriser le champignon responsable.
- Plants virosés : présence récurrente de symptômes apparentés ou de cas confirmés dans plusieurs champs en province, mais avec une incidence plutôt faible. Les cultivars comme 'Caribou', 'Colomba', 'Norland', 'Chieftain', 'Reveille', 'Mountain Gem' et 'Atlantic' sont mentionnés.
- Verticilliose : début de symptômes apparentés dans des secteurs du sud et du centre de la province, pour des cultivars plus hâtifs.
- Gale commune : pas ou peu de nouvelles observations rapportées, mais les conditions de faible humidité des sols à partir de la tubérisation favorisent la bactérie responsable.
- Moisissure grise : présence sur le feuillage de bas de plants en situation d’irrigation (Lanaudière), à un niveau tolérable.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.