
Plantations et récoltes dans toutes les régions. Diminution des punaises en Montérégie. Pucerons en augmentation dans toutes les régions. Altises à surveiller. Peu de maladies de sol. Maladies sous contrôle. Désordres causant des pertes à la récolte.
La période du 15 au 22 juillet a été marquée par des températures de jour et de nuit variables et modérées. Quelques dépassements des moyennes ont eu lieu en début et fin de période uniquement. Les précipitations ont été variables (voir la carte des précipitations). Des orages sont rapportés par endroits.
L’ensoleillement a été moyen à bon.
L’irrigation est déployée dans plusieurs cultures, les précipitations n’étant pas suffisantes pour combler les besoins des cultures à plusieurs endroits. Certaines entreprises signalent un bas niveau d’eau dans les étangs destinés à l’irrigation, mais ce n’est pas le cas partout.
Les plantations et les récoltes se poursuivent dans toutes les régions.
Les traitements diminuent contre les punaises en Montérégie-Ouest. En Capitale-Nationale, les populations de punaises ternes et brunes sont faibles, mais restent à surveiller.
Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant pour détecter la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures de champs.
Seuils d'intervention contre les punaises
| Laitue pommée | Moins de 10 feuilles | 7 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants | |
| Laitue romaine et en feuille | Moins de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 3 individus pour 30 plants |
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
La pression des pucerons (dont le puceron de la laitue en Montérégie) continue d’augmenter. Des traitements sont encore nécessaires dans plusieurs champs en Montérégie. Des traitements sont aussi effectués en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale selon le marché visé.
Voir les pages 10 et 11 ainsi que la Figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec.
Dépistage et prévention
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.
Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information.
Autres insectes
Des interventions ont été justifiées contre les vers gris et les fausses-arpenteuses en Montérégie-Ouest, et contre l’altise à tête rouge en Chaudière-Appalaches. On rapporte aussi la présence de cicadelles (et quelques cas de jaunisse de l’aster en Montérégie-Ouest) et d’altises à tête rouge dans toutes les régions, ainsi que des limaces et des thrips en Montérégie. Dans la Capitale-Nationale, les perce-oreilles sont à surveiller dans certains champs.
La stratégie d’intervention contre la cicadelle et la jaunisse de l’aster est présentée à la page 9 de l’avertissement N° 10 du 23 juillet 2004.
MALADIES FOLIAIRES
Mildiou de la laitue (Bremia lactucae)
En Montérégie, la pression du mildiou varie selon le champ, mais reste généralement faible. La régie fongicide se poursuit dans les variétés sensibles. La maladie n’est pas présente dans les autres régions.
Dépistage : Il faut prendre soin d’inspecter les deux côtés de toutes les feuilles du plant, en portant une attention particulière au feuillage près du sol (sous le plant), car la maladie y est souvent latente. Les principaux symptômes observés sont des taches jaunes délimitées par les nervures sur le dessus de la feuille, accompagnées de sporulation blanche semblable à du sucre en poudre. C’est la présence de cette sporulation blanche qui indique que la maladie est encore active et qui justifie la décision d’intervenir ou non. Les taches séchées ou qui ne sporulent pas ne permettent pas à la maladie de se propager.
Prévention : Pour retarder la progression du mildiou, il est recommandé de planter les laitues dans le sens inverse des vents dominants afin d’éviter que le vent transporte les spores de mildiou des plantations plus âgées vers les plantations plus jeunes. Des cultivars résistants sont aussi disponibles pour certains types de laitue.
Voir cette fiche technique pour plus d’information.
Tache bactérienne (Xanthomonas campestris)
En Montérégie, l’incidence de tache bactérienne va de faible à modérée. La maladie est plus sévère dans les champs près de la récolte, où les feuilles intermédiaires peuvent être atteintes. Des traitements préventifs ont été réalisés dans quelques champs.
Prévention : La propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps.
Les cas d’affaissement pythien (Pythium sp.) vont de faibles à élevés en Montérégie, tandis que ceux de pourriture blanche (Sclerotinia spp.) vont de faibles à modérés en Montérégie et faibles en Chaudière-Appalaches. La pourriture basale (Rhizoctonia sp.) et la moisissure grise (Botrytis sp.) sont peu présentes. Pour plus d’information, veuillez consulter les fiches techniques relatives à ces maladies à la fin de cet avertissement.
GESTION DE LA RÉSISTANCE AUX FONGICIDES
Le LEDP du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation met en place, à partir de la saison 2026, un nouveau service spécialisé de détection de la résistance des champignons phytopathogènes aux fongicides reposant sur des bioessais.
Ce service vise à soutenir les producteurs et les conseillers agricoles dans l’adoption de stratégies de phytoprotection plus efficaces, durables et adaptées aux réalités du terrain.
Les analyses sont actuellement offertes dans la laitue pour le champignon pathogène suivant : Pourriture sclérotique (Sclerotinia sclerotiorum).
Si vous soupçonnez un cas de résistance dans vos champs, la première chose à faire est d’en confirmer le diagnostic. Rappelons que vérifier la présence de champignons phytopathogènes résistants aux fongicides de manière à éviter les pulvérisations inutiles, c’est utiliser les pesticides de façon responsable!
DÉSORDRES
La brûlure de la pointe et la montaison prématurée sont toujours présentes en Chaudière-Appalaches, surtout dans les laitues plus avancées, en raison du manque d’eau.
Pour plus de détails sur les symptômes, les causes et la prévention de la brûlure de la pointe, consultez la section « Stratégie d’intervention contre la nécrose marginale (brûlure de la pointe) dans la laitue, et le cœur noir dans le céleri » présentée aux pages 4 et 5 de l’avertissement N° 4 du 2 juin 2005.
Les symptômes d’assèchement marginal et de nervation brune étaient aussi encore présents dans les champs près de la récolte en Montérégie.
Pour bien planifier votre saison, consultez les fiches techniques suivantes
- Pucerons
- Punaise terne et punaise brune
- Pourriture blanche (affaissement sclérotique)
- Affaissement pythien ou affaissement sec
- Pourriture basale (rhizoctone brun)
- Mildiou de la laitue
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Laitue et chicorée ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.