
Météo : températures variables avec une dominance pour la fraicheur, précipitations avec cumuls bien variables en province. Développement de la culture : poursuite de stress hydrique ou reprise végétative selon la région, bonne croissance sous irrigation, récoltes de primeurs qui se poursuivent ou vont débuter sous peu selon le secteur et le marché. Insectes : doryphore moins actif sauf localement; pression variable mais généralement faible à légère de la cicadelle de la pomme de terre; altise à tête rouge en hausse; autres ravageurs peu problématiques pour l’instant. Maladies : aucun cas de mildiou au Québec, conditions généralement moins favorables au champignon; progression graduelle de la brûlure hâtive mais variable selon la parcelle et la santé des plants; évolution variable mais plutôt lente d’autres maladies.
CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES
Pour la période du 17 juillet au 23 juillet 2026, des températures variables ont été enregistrées, débutant plutôt dans la fraicheur suivie d’une hausse marquée du mercure par endroits sur un court laps de temps, avec le retour de temps moins chaud en fin de période. Aucun excès dans les températures a eu lieu (consultez le sommaire agrométéorologique). Des précipitations sont survenues surtout le 18 juillet et aussi les 21-22 juillet, avec des cumuls hétérogènes en province, plus importants au nord et à l’est, de même que localement ailleurs dont dans le Centre-du-Québec et en Outaouais. Par endroits, les quantités en précipitations reçues ont été sous les prévisions émises par les sources météo. On ne rapporte pas d’orages violents dans les zones de production de pomme de terre suivies par les collaborateurs (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). Pour les autres paramètres météo, il est mentionné la présence de bons vents en début ou en fin de période selon la région. Du vendredi 24 juillet au jeudi 30 juillet 2026, Environnement Canada prévoit des températures à la hausse en début de période pour dépasser les moyennes de saison en plusieurs endroits, avant une baisse vers la fin de période à des valeurs généralement plus près des moyennes. Des risques de précipitations sont mentionnés plus pour mardi et/ou mercredi selon le secteur, avec des cumuls pouvant être significatifs par endroits mais qui restent à préciser.
DÉVELOPPEMENT DE LA CULTURE
La croissance végétative des plants demeure variable en province, allant de bonne à correcte. Les précipitations hétérogènes en cours de période font que des sols sont maintenant humides par endroits (ex. : Centre-du-Québec, secteur Bas-Saint-Laurent et Gaspésie) alors qu’ils demeurent généralement secs ailleurs (ex. : Lanaudière, région de Québec). L’irrigation se poursuit donc en plusieurs endroits avec des réserves en eau qui s’épuisent graduellement. Le temps moins chaud et parfois moins ensoleillé permet cependant d’étirer la fréquence des apports en eau. Le stress hydrique se poursuit par endroits avec un ralentissement de la croissance de la culture. Le remplissage des tubercules est progressif et varie selon les apports en eau (naturelle ou par irrigation). La floraison se fait alors que des plants sont encore peu développés par endroits, avec des entre-rangs qui tardent à fermer dans des semis plus tardifs. Cela favorise donc la croissance des mauvaises herbes dans plusieurs sites. Les parcelles bien irriguées montrent une belle croissance. Des récoltes se poursuivent ou vont débuter prochainement avec des rendements rapportés dans la moyenne et une qualité à la satisfaction des producteurs. Les chantiers de buttage sont en voie de se terminer dans le secteur est de la province. Des chevreuils sont actifs par endroits.
GESTION DES RAVAGEURS
Doryphore de la pomme de terre
Les températures moins chaudes ont eu un impact sur le doryphore de la pomme de terre alors que les collaborateurs rapportent moins d’interventions nécessaires en cours de période. Dans les régions du sud et aussi du centre, les adultes de la 2e génération sont plus présents par endroits, surtout à la suite d’une migration à partir de champs voisins en rotation (volontaires). Également, de nouvelles éclosions se poursuivent dans certaines parcelles. Quelques interventions ont été faites souvent de manière localisée, comme en bordures de parcelles seulement. Plus à l’est, des larves de la 1re génération sont plus présentes par endroits. Étant donné les populations qui varient passablement d’un champ à l’autre, un dépistage permet de déterminer si un contrôle est nécessaire ou non. Si c’est le cas, pour le contrôle de la 2e génération de l’insecte, un produit d’un groupe chimique différent de celui utilisé pour la 1re génération doit être choisi.
Cicadelle de la pomme de terre (CPT)
L’activité de la cicadelle de la pomme de terre (CPT) a peu évolué en cours de période et son activité demeure variable en province. En Montérégie et en Capitale-Nationale, des interventions ont été pratiquées dans quelques secteurs à la suite de fortes captures localement (plus de 100 individus/piège/semaine), pour des parcelles sans insecticide au semis. Dans les autres secteurs du sud et du centre de la province, les décomptes sur pièges varient de faibles à modérés (moins de 20 adultes/piège/semaine). Plus à l’est, la CPT est peu ou pas observée présentement. On rapporte encore peu de symptômes de son activité, localement en bordures de parcelles, même en production biologique par endroits. Avec le temps plus chaud et généralement ensoleillé à venir, le dépistage doit se poursuivre, principalement en présence de parcelles "de foin" en processus de coupe à proximité (migration possible vers la pomme de terre).
Voici des observations concernant d’autres ravageurs suivis par le RAP Pomme de terre, en cours de période :
- Altises à tête rouge : Hausse significative de l’activité des adultes dans des parcelles des régions sud et centre de la province, avec une absence dans une grande majorité ailleurs. Des interventions sont prévues par endroits à la suite d’une défoliation trop importante et pour conserver le feuillage sain de plants en situation de stress. Les infestations se présentent souvent en foyers, en bordures de parcelles et aux mêmes endroits que la dernière saison en pomme de terre. Aucun seuil d'intervention spécifique n'a été établi pour ce bioagresseur dans la pomme de terre au Québec, et l’aide d’un conseiller expérimenté peut aider, au besoin, afin de déterminer la nécessité d’une intervention ou non.
- Pucerons : En parcelles commerciales, leur présence demeure faible et stable à peu près partout, avec même seulement un tout début d’observation par endroits (ex : Chaudière-Appalaches). Les parcelles sans insecticide appliqué lors du semis sont habituellement plus infestées en saison. Le traitement dirigé contre la CPT peut aider indirectement au contrôle des pucerons, selon le produit utilisé.
- Punaise terne : Présence d’adultes dans des champs de quelques régions, mais à un niveau faible, avec de faibles dommages foliaires rapportés.
- Pyrale du maïs : Présence de larves dans des parcelles (Saguenay–Lac-Saint-Jean).
GESTION DES MALADIES
Mildiou de la pomme de terre
Aucun symptôme de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté ou observé au Québec depuis le début de la saison, en incluant la culture de la tomate. Les conditions météo ont été généralement peu favorables au champignon, sauf localement. Pour les prochains jours, les risques s’annoncent plutôt faibles. On rappelle que même si les précipitations ont été moins importantes, des conditions d’hygrométrie élevée (ex. : longue période de mouillure du feuillage la nuit et le matin, humidité de l’air supérieure à 87 % la nuit sur une certaine période) favorisent le développement du champignon. De plus, la pratique de l’irrigation peut conduire également à une hausse des risques. C’est pourquoi les apports en eau devraient idéalement se faire le matin afin d’avoir un feuillage le plus sec possible avant la nuit. La poursuite du dépistage au champ ainsi que la protection du feuillage avec le bon produit phytosanitaire en lien avec les risques présents sur l’entreprise demeurent.
Selon le site Web PlantAid, aucun cas de mildiou de la pomme de terre n’a encore été rapporté en Amérique du Nord jusqu'à présent. La même situation vaut pour d'autres sources plus régionalisées sur le suivi de la culture de la pomme de terre en Amérique du Nord.
Concernant le suivi par capteurs de spores pour le mildiou, il n’y a pas eu de captures rapportées au cours de la semaine qui se termine (Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick), et des décomptes à la baisse du côté du Manitoba (sans déclaration de la maladie en champ). Il n’y a rien de nouveau cette semaine du côté de l’Ontario ni du Québec (ex. : Airspore).
Une nouveauté : Le CIEL a développé un guide technique sur la gestion du mildiou de la pomme de terre à la suite d'une série de rencontres réunissant des experts québécois et internationaux en phytopathologie et en production de pomme de terre. Structuré en quatre fiches, ce guide rassemble dans un seul document les principales connaissances sur la maladie ainsi que les mesures à mettre en œuvre avant la plantation, durant la saison de croissance, à la récolte et pendant l'entreposage. Le guide est maintenant disponible sur Agri-Réseau.
Brûlure hâtive
Les collaborateurs rapportent à nouveau pour cette semaine une progression plutôt lente de la brûlure hâtive à la suite du temps moins chaud, sauf parfois modérée pour certaines parcelles du sud et du centre de la province (champs de primeurs surtout). Les infections se limitent encore présentement à l’étage inférieur des plants. Ailleurs en province, un tout début d’activité est mentionné (ex. : Bas-Saint-Laurent). La maladie est encore absente dans la majorité des champs en province. Il est bon de rappeler qu’il y a deux types d’Alternaria, soit A. solani (virulent sur la pomme de terre) et A.alternata (aussi virulent mais surtout saprophyte ou de faiblesse). Une analyse au LEDP permet d’identifier si Alternaria est bien présent sur le feuillage et il est généralement possible d'identifier l'espèce en présence pour en faciliter son contrôle. Une intervention avec un produit considéré comme plus spécifique contre cette maladie est le plus souvent justifiée si de tous premiers signes de la maladie sont remarqués et bien identifiés dans l’étage médian des plants ou juste avant la fermeture des entre-rangs, selon la sensibilité du cultivar et la pression de la maladie sur la ferme.
Si vous observez des symptômes de brûlure hâtive et suspectez une diminution de l'efficacité des fongicides, communiquez avec Marilou Ratté (m.ratte@ciel-cvp.ca) ou Annie Archambault (a.archambault@ciel-cvp.ca). Elles pourront coordonner la collecte d'échantillons dans le cadre d'un projet sur la résistance aux fongicides mené par le CIEL, en collaboration avec Phytodata.
Voici des observations concernant d’autres maladies suivies par le RAP Pomme de terre, en cours de période :
- Jambe noire : pas de nouveaux cas identifiés, peu ou pas de progression pour ceux déclarés, avec une incidence peu élevée encore et moins que la moyenne. Cultivars 'Colomba', 'Norland', 'Viking', 'Vivaldi', 'Chieftain' , 'Whitney' et 'Atlantic', entre autres.
- Dartrose : progression lente des symptômes au centre de la province et début de symptôme plus au sud dans quelques champs. Rien ailleurs en province.
- Plants virosés : stabilité des symptômes pour des parcelles porteuses et des cultivars touchés, secteurs sud et centre.
- Verticilliose : pas ou peu de progression observée des symptômes associés dans des secteurs du sud et du centre de la province, pour des parcelles ayant un historique de présence et pour des cultivars plus sensibles.
- Gale commune : hausse des observations sur des tubercules dans des parcelles du sud et du centre de la province, à la suite de sols devenus secs, selon l’historique de la parcelle et le cultivar (ex. : 'Envol', 'Colomba', 'Belmonda', 'Eramosa', 'Vivaldi'). On observe par endroits un mélange possible avec de la rousselure.
- Moisissure grise : pas ou peu de hausse d’activité, présence localement dans des parcelles dans Lanaudière, sous régie d’irrigation, avec des symptômes se développant dans le bas de plants. Aussi, développement du champignon (Botrytis cinerea) sur des taches nécrotiques foliaires par endroits (organisme de faiblesse).
- Moisissure blanche : toujours aucune activité rapportée pour le moment.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agr., Ph.D. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.