Oignon, ail et poireau, Avertissement No 13, 30 juillet 2026


Avancement des récoltes dans l'ail. Thrips toujours actifs, teigne fin de la deuxième génération ou début de la troisième, selon la région. Voir stratégie contre la troisième génération. Brûlure de la feuille stable, brûlure stemphylienne en légère augmentation. Mildiou de l'oignon dans Lanaudière, en Montérégie et en Estrie. Pourriture bactérienne, charbon, tache pourpre présents en petites quantités.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS  
 
Pour la période du 22 au 28 juillet, la température a été variable pour l’ensemble des régions. Des températures de jour sous les normales ont eu lieu surtout en début de période, puis un retour aux normales estivales. Les températures de nuit ont suivi la même tendance et quelques régions ont connu une nuit sous 10 °C.  

Les précipitations ont été variables. Des accumulations d’eau et un peu de ravinement suite aux précipitations ont été rapportées par endroits, notamment dans la Capitale-Nationale, suite à des précipitations sous forme d’orage. En Montérégie, les sols étaient secs en fin de période et le niveau de certains étangs d’irrigation était bas. Voir la carte des précipitations pour plus d'information.

L’ensoleillement a été variable dans certaines régions ayant connu des journées nuageuses. 

 
AVANCEMENT DES TRAVAUX ET DÉVELOPPEMENT DES CULTURES

Ail
Les récoltes sont en cours ou à venir dans plusieurs régions.
 
Tableau 1 : Stades d'avancement de la culture
Région Stade d'avancement
Ail d'automne Ail de printemps
Capitale-Nationale Début récolte Début sénescence
Chaudière-Appalaches Début récolte Début sénescence
Estrie Récolte Début récolte
Lanaudière Récolte ND
Montérégie Récolte Début récolte
Saguenay–Lac-Saint-Jean Bulbes en grossissement 9-10 feuilles
Outaouais Récolte ND
  ND : donnée non disponible

Oignon et poireau
La croissance a progressé au cours des dernières semaines et les oignons commencent à coucher sur plusieurs sites. L'andainage est débuté en Montérégie sur les sites les plus hâtifs. La croissance des poireaux est bonne à moyenne et le diamètre des fûts est en augmenation plus rapide.

Tableau 2 : Stade d'avancement des cultures
Région Stade oignon Stade poireau
Capitale-Nationale 8-10 feuilles 8-9 feuilles
Chaudière-Appalaches 8-10 feuilles 8-9 feuilles
Estrie 6-8 feuilles 40-50 cm
Montérégie Planté : bulbe à récolte
Semé : bulbe à début couché
8-10 feuilles, 40-50 cm
Centre-du-Québec  Développement du bulbe 8-9 feuilles
Lanaudière Stade 8-12 feuilles 6-7 feuilles
Outaouais ND 4-6 feuilles
ND : donnée non disponible

Échalotes 
En Montérégie, les échalotes semées sont au stade « début couchés »  tandis que les échalotes plantées sont récoltées.

 
INSECTES
 
Thrips
Dans l’oignon, en Montérégie, l’incidence des thrips est soit stable, soit en augmentation et peut atteindre jusqu’à 100 % de plants porteurs. Leur population est importante dans certains sites de Lanaudière alors que la situation est sous contrôle dans d’autres sites ayant bénéficié de traitement ou d’irrigation. Les dommages demeurent toutefois importants. Leur incidence est en augmentation en Estrie, dans la Capitale-Nationale et dans Chaudière-Appalaches alors que leur présence est modérée au Centre-du-Québec. 

Voir la fiche technique pour plus d’information. 

Teigne du poireau 
Les larves issues de la deuxième génération se font plus rares en Montérégie et dans Lanaudière où leur activité s’achève ou est terminée. Globalement, cette génération a causé peu de dommages dans l’ail et le poireau cette année. Les larves sont encore actives en Estrie et un site avec forte pression de larves et de pupes est signalé dans le poireau. Des dommages de chenilles, toujours issues de la deuxième génération, sont maintenant observés dans la Capitale-Nationale et dans Chaudière-Appalaches. Aucun dommage ni larve n'ont été signalés au Saguenay–Lac-Saint-Jean.  

Les captures d’adultes issus de la deuxième génération se poursuivent en Gaspésie (stable ou augmentation), au Bas-Saint-Laurent (diminution) et au Saguenay–Lac-Saint-Jean (stable ou diminution). Dans la Capitale-Nationale et dans Chaudière-Appalaches, elles sont en diminution et faibles, voir nulles par endroits. Elles sont en diminution mais toujours actives en Mauricie où les premières captures de la troisième génération devraient survenir dans les prochains jours. 

En Montérégie et dans Lanaudière, certains sites montrent déjà une augmentation des captures attribuées à la troisième génération d’adulte, tel que prévu par le modèle. Les captures demeurent faibles en Estrie et en Outaouais et il est difficile d’y départager les captures de la deuxième et de la troisième génération. 

Voir la carte des vols de la teigne du poireau.

Pour l'information (stratégie et dates de traitements) concernant la deuxième génération, veuillez vous référer à l'avertissement N° 12 du 23 juillet 2026.
 
Le troisième vol de la teigne du poireau est celui où l’on retrouve la plus grande quantité de papillons et, généralement, deux traitements sont effectués pour contrôler les larves issues de ce vol. Les régions les plus froides font exception étant donné que dans ces dernières, le troisième vol est incomplet. Pour la stratégie à un traitement, on intervient 10 jours après le pic d’activité des papillons. Pour la stratégie à deux traitements, le premier est effectué 3 jours après le pic d’activité et le second, 14 jours plus tard. 

Le poireau et l’oignon vert sont les principales cultures affectées par cette troisième génération. À ce moment de l’année, le feuillage de l’ail et des oignons, en train de se dessécher est peu attirant pour les teignes. Les variétés d’ail de printemps tardives ou les oignons semés tardifs pourraient néanmoins être affectés par cette génération. 
  
Toutes les superficies de poireau sont à risque, tandis que pour l’oignon vert, ce sont davantage les petits champs. 
 
 
À quelle date traiter?
Pour les fermes où du piégeage est effectué
 
  • Stratégie à un traitement : intervenir environ 10 jours après la date correspondant au milieu de la période où les papillons ont été les plus actifs.
  • Stratégie à deux traitements : effectuer le premier traitement environ 3 jours après la date qui correspond au milieu de la période où les papillons ont été les plus actifs et le deuxième traitement, 14 jours après le premier.
     
Région Stratégie à 1 traitement Stratégie à 2 traitements
Date Date 1 Date 2
Montérégie-Est 12 août 5 août 19 août
Montérégie-Ouest 12 août 5 août 19 août
Lanaudière 15 août 8 août 22 août
Hautes-Laurentides à venir ND ND
Basses-Laurentides 11 août 4 août 18 août
Outaouais  à venir ND ND
Estrie à venir ND ND
Centre-du-Québec à venir ND ND
Chaudière-Appalaches à venir ND ND
Mauricie à venir ND ND
Capitale-Nationale à venir ND ND
Témiscamingue à venir ND ND
Abitibi à venir ND ND
Saguenay–Lac-Saint-Jean à venir ND ND
Charlevoix à venir ND ND
Bas-Saint-Laurent à venir ND ND
Gaspésie à venir ND ND
Côte-Nord à venir ND ND

Le tableau ci-dessus indique les dates d’intervention recommandées pour les stratégies à un ou deux traitements. Notez cependant que la date proposée correspond à une date moyenne pour la région. Si le champ est situé dans la partie la plus chaude de la région, intervenez deux ou trois jours plus tôt. Si, au contraire, il est dans un secteur plus froid, intervenez deux ou trois jours plus tard. Tenez compte également du microclimat particulier du champ (ex. : champ entouré de boisés) en traitant, s’il y a lieu, un ou deux jours avant la date indiquée. 
 
Pour plus d'information
  • Technique de piégeage de la teigne du poireau
  • La teigne du poireau : Stratégie de lutte
  • La teigne du poireau : Biologie et impact sur les cultures

Autres insectes
Des chenilles des marais salants ainsi que des dommages causés par celles-ci sont rapportés dans le poireau, en Montérégie et en Estrie, et leur activité est en hausse dans cette dernière région. 

Des dommages de mineuses sont rapportés dans l’oignon en Montérégie et dans Lanaudière. La mouche mineuse américaine est la principale mineuse observée au Québec. 


MALADIES 
 
Ail 
Virus
La situation est stable en Montérégie sur les sites où des symptômes attribués à un virus sont rapportés.

La fiche technique Ail - Virus de la striure du poireau présente des précautions à prendre en présence de plants virosés au champ. 

Fusariose du plateau
En Montérégie, des symptômes de cette maladie sont toujours rapportés et elle progresse sur certains sites.

Oignon sec, oignon vert et échalote
Brûlure de la feuille (Botrytis squamosa)
En Montérégie, dans l’oignon sec, l’évolution de la maladie est stable, mais l’incidence peut parfois être élevée. Les taches se retrouvent sur les feuilles du bas et du haut et les traitements se poursuivent. Dans Lanaudière, elle est soit stable ou en diminution. La présence de la maladie est en augmentation en Estrie tandis qu’elle n’est pas présente dans les autres régions.
 
En Montérégie, l’incidence de la brûlure de la feuille est stable dans l’échalote et faible dans l’oignon vert.

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.

Brûlure stemphylienne
L’incidence de la maladie est en légère augmentation en Montérégie où les feuilles du bas sont surtout atteintes. L’oignon rouge planté est la culture la plus affectée. Dans Lanaudière, l’incidence de la maladie est plutôt faible mais certains sites montrent une légère augmentation. La maladie est aussi observée sur quelques sites dans l’oignon dans Chaudière-Appalaches. 

En Montérégie, son incidence est en légère augmentation dans l’échalote. 

Pour plus d'information sur les stratégies d'intervention et les symptômes, voir la fiche technique Brûlure stemphylienne (Moisissure noire des feuilles).

Mildiou 
Le mildiou de l’oignon est maintenant rapporté en Montérégie où de nouvelles taches sont toujours présentes, de même que dans Lanaudière et sur deux sites en Estrie. Les traitements ont été réalisés ou sont à venir. 

Pour plus d’information, consultez la fiche technique.
 
Fusariose du plateau 
La maladie est signalée dans des baissières en Montérégie dans l’oignon et dans l’échalote (légère augmentation), de même que dans Lanaudière. 
 
Le premier symptôme observable de cette maladie est le dépérissement de la pointe et le jaunissement des feuilles. Le plateau racinaire prend ensuite une couleur orangée qui se propage vers le haut. S’il y a progression de la maladie, la croissance du plant est ralentie et le plant entier jaunit et flétrit. Les oignons infectés s’arrachent facilement.  

Pourriture bactérienne 
La maladie est rapportée en Montérégie (oignon et échalote) avec une faible incidence et à l’état de traces dans les Laurentides.
 
Les premiers symptômes sont observés sur des feuilles d’âge moyen, situées à l’intérieur du bouquet foliaire, qui flétrit et s’affaisse, tandis que les autres feuilles demeurent vertes et en santé. En conditions humides, les feuilles affectées ont une texture molle et se désagrègent facilement, tout en étant gluantes au toucher. Si les conditions sont favorables, la pourriture envahit graduellement le bulbe et le plant entier finit par mourir. Lorsque des conditions sèches surviennent peu après l’infection, les feuilles affectées sèchent rapidement et parfois, le bulbe est épargné. Toutefois, il arrive aussi que la maladie redémarre en entrepôt. 
 
Plusieurs références indiquent que les produits à base de cuivre, habituellement reconnus pour avoir un effet sur les bactéries, seraient peu, voire totalement inefficaces contre les pourritures bactériennes de l’oignon. En pratique, c’est le retour du temps sec qui semble arrêter le plus efficacement la progression de cette maladie.

Les mesures préventives recommandées sont les suivantes :
 
  • Évitez les doses excessives d’azote;
  • Évitez d’irriguer après le début de la bulbaison (diamètre du bulbe égal à deux fois le diamètre du col). Si vous devez irriguer par aspersion, faites-le tôt le matin, de manière à profiter des températures plus fraîches et à permettre, par la suite, un assèchement rapide du feuillage;
  • Réprimez adéquatement les mauvaises herbes pour favoriser un assèchement rapide du feuillage;
  • Évitez tout dommage au feuillage ou aux bulbes lors des opérations culturales. 

Autres maladies 
Le charbon est rapporté en Montérégie avec une incidence ne dépassant pas 1 % de plants porteurs dans l’oignon et 8 % dans l’échalote. La tache pourpre (Alternaria porri) est aussi rapportée dans Lanaudière et en Montérégie. Cette maladie frappe les feuilles déjà endommagées (pathogènes ou dommages mécaniques). Elle est favorisée par les conditions chaudes et humides. 
 
Image Agri-Réseau

Lésion de tache pourpre sur une feuille d'oignon
Source : PRISME


 
Poireau
La brûlure stemphylienne est rapportée dans le poireau en Montérégie et au Centre-du-Québec, avec une incidence somme toute faible et peu de progression. La tache pourpre est rapportée sur quelques sites en Montérégie et nouvellement au Centre-du-Québec. 

Gestion de la résistance aux fongicides 
Le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ met en place, à partir de la saison 2026, un nouveau service spécialisé de détection de la résistance des champignons phytopathogènes aux fongicides reposant sur des bioessais.

Ce service vise à soutenir les producteurs et les conseillers agricoles dans l’adoption de stratégies de phytoprotection plus efficaces, durables et adaptées aux réalités du terrain.

Si vous soupçonnez un cas de résistance dans vos champs, la première chose à faire est d’en confirmer le diagnostic. Rappelons que vérifier la présence de champignons phytopathogènes résistants aux fongicides de manière à éviter les arrosages inutiles, c’est utiliser les pesticides de façon responsable!

Les analyses sont actuellement offertes dans l’oignon pour les champignons pathogènes suivants : 
 
  • Moisissure grise (Botrytis cinerea);
  • Brûlure de la feuille (Botrytis squamosa);
  • Brûlure stemphylienne (Stemphylium vesicarium).
 
  • Brûlure stemphylienne (Moisissure noire des feuilles)
  • Mildiou de l’oignon
  • Brûlure de la feuille
  • Utilisation des herbicides dans l'oignon semé en sol organique
 
 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Eve Abel, agr. (MAPAQ) et Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME), avec la collaboration de Caleb Doamba, étudiant (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Oignon, ail et poireau ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agr., Ph.D. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.