
Récolte des carottes et des céleris-branches. Traitements contre les punaises dans les céleris. Altises dans la carotte en Chaudière-Appalaches. Régie fongicide contre la cercosporose dans la carotte dans Lanaudière et en Montérégie. Désordres physiologiques en augmentation dans les céleris. Cultures de couverture.
Pour la période du 22 au 28 juillet, la température a été variable pour l’ensemble des régions. Des températures de jour sous les normales ont eu lieu surtout en début de période, puis un retour aux normales estivales a eu lieu. Les températures de nuit ont suivi la même tendance et quelques régions ont connu une nuit sous 10 °C.
Les précipitations ont été variables. Des accumulations d’eau et un peu de ravinement à la suite des précipitations ont été rapportées par endroits, notamment dans la Capitale-Nationale, avec le passage d'un d’orage. D’un autre côté, les sols étaient secs en fin de période en Montérégie et le niveau de certains étangs d’irrigation était bas. Voir la carte des précipitations.
L’ensoleillement a été variable dans certaines régions ayant connu des journées nuageuses.
Dans Lanaudière et en Montérégie, l’apport en eau inégal depuis le début de la saison a causé le fendillement de carottes dans certains champs.
Carottes
Les semis de carottes sont terminés dans toutes les régions, sauf pour la carotte nantaise en Montérégie. Les récoltes se poursuivent, avec une qualité satisfaisante.
Tableau 1 : Stade d’avancement des cultures pour les régions où l’information est disponible
| Région | Stade d'avancement le plus avancé |
|
Capitale-Nationale |
Cotylédons à récolte |
|
Chaudière-Appalaches |
Cotylédons à récolte |
|
Lanaudière |
8 feuilles à récolte |
|
Montérégie |
Cello : 1 feuille à récolte Nantaises : semis à récolte |
|
Saguenay–Lac-Saint-Jean |
Donnée non disponible |
Céleris
Les plantations et les récoltes de céleri-branche se poursuivent en Montérégie. Dans la Capitale-Nationale, les plants de céleri-branche sont beaux. En Montérégie, la rave des céleris-raves les plus avancés mesurait jusqu’à 8 cm de diamètre.
Charançon de la carotte
En Montérégie seulement, les champs n’ayant pas encore atteint le stade de 6 feuilles sont encore suivis par piégeage. Les captures sont faibles, et seuls certains champs à risque et ceux où le seuil d’intervention est atteint sont encore traités. Aucun traitement n’a été réalisé contre le charançon dans les autres régions.
Dans certaines régions du Québec, un risque de ponte de la 2e génération du charançon est possible certaines années. Les pièges à charançon sont inefficaces pour le dépistage de cette 2e génération et la stratégie d’intervention habituelle ne s’applique donc pas. Un modèle bioclimatique, disponible sur CIPRA, a été développé afin de prédire les risques de ponte de la 2e génération. En général, les champs ayant un risque de ponte de la 2e génération sont déjà récoltés à la date prédite par le modèle.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Mouche de la carotte (première génération)
Les résultats du piégeage des adultes de la première génération de la mouche de la carotte sont présentés au tableau 2.
| Région |
24 au 30 mai |
31 mai au 6 juin |
7 au 13 juin |
14 au 20 juin |
21 au 27 juin |
28 juin au 4 juillet |
5 au 11 juillet |
12 au 18 juillet | 19 au 25 juillet | 26 juillet au 1 août |
Total |
|
Lanaudière |
2 |
18 |
11 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 | 0 | 0 |
31 |
|
Saguenay–Lac-Saint-Jean |
ND |
ND | ND |
6 |
3 |
6 |
0 |
0 | 0 | 0 |
15 |
|
Gaspésie |
ND |
ND |
13 |
29 |
7 | 2 |
8 |
3 | 9 | 1 |
72 |
|
Îles-de-la-Madeleine |
ND | ND | 0 | ND |
0 |
ND |
0 |
0 | 0 | ND | 0 |
|
Bas-Saint-Laurent |
ND |
ND |
13 |
5 |
6 |
1 |
1 |
0 | 0 | 0 |
25 |
|
Capitale-Nationale |
ND |
ND |
0 |
0 | 0 | 0 |
0 |
0 | 0 | ND | 0 |
|
Chaudière-Appalaches |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 | 0 | 0 |
0 |
|
Estrie |
2 |
12 |
24 |
1 |
0 |
1 |
0 |
0 | 0 | ND |
39 |
|
Montérégie |
ND |
ND |
1 |
0 | 0 | 0 |
0 |
0 | ND | ND |
1 |
1. Données validées par le LEDP ND : donnée non disponible
Cet avertissement (pages 2 et 3) fournit davantage d’information sur la stratégie de lutte contre la mouche de la carotte.
Punaise terne
En Montérégie, des traitements ont été effectués contre les punaises dans le céleri-branche et surtout dans le céleri-rave. Les dommages de punaises sont tolérables et n’ont pas nécessité de traitement dans le céleri-branche de la Capitale-Nationale.
Dépistage
Tableau 3 : Seuils d'intervention en fonction du stade du céleri-branche
| Moins de 10 cm | 1 individu par plant |
| De 10 à 45 cm | 1 individu par 5 plants |
| Plus de 45 cm | 1 individu par 10 plants |
Autres insectes dans la carotte
Les cicadelles sont toujours présentes, mais les cas de jaunisse de l’aster sont stables dans les régions affectées (Lanaudière et Montérégie). L’altise à tête rouge a nécessité quelques interventions près de Québec (Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches). On note aussi la présence de punaises dans Lanaudière. Finalement, un petit nombre de chenilles du papillon du céleri sont présentes dans la Capitale-Nationale.
Autres insectes dans les céleris
En Montérégie, des interventions ont été nécessaires contre les altises à tête rouge dans le céleri-rave, ainsi que contre les thrips qui causaient des dommages au cœur de jeunes céleris-branches. Sinon, des cicadelles, des limaces, des mineuses et des pucerons sont observés, sans être problématiques. Dans la Capitale-Nationale, les altises à tête rouge et les pucerons n’ont pas nécessité d’intervention.
Carotte
Tache cercosporéenne (Cercospora carotae) et tache alternarienne (Alternaria dauci)
Les symptômes de tache cercosporéenne sont généralement stables et faibles, sauf dans certains champs dans Lanaudière et en Montérégie où le nombre de taches augmente. La tache alternarienne est peu ou pas observée. La régie fongicide se poursuit dans les champs les plus affectés.
Stratégie d’intervention
Les traitements débutent dès l’apparition des premières taches étant donné que le marché exige un feuillage parfait.
Carottes hâtives vendues en cellophane (sans feuillage)
Il peut être justifié d’intervenir au besoin selon l’intensité de l’infestation. La plupart du temps, la maladie ne se répand pas suffisamment pour nuire à la croissance de la carotte ou à la récolte.
Céleri
Cercosporose
En Montérégie, les symptômes de cercosporose sont stables dans le céleri-branche, et aucun nouveau traitement n’a été effectué. La stratégie de lutte recommandée contre cette maladie est semblable à celle proposée contre la tache septorienne.
Stratégie d’intervention recommandée contre la tache cercosporéenne et la tache septorienne
Des interventions fongicides sont essentielles pour stopper la progression de ces maladies. Dès que des symptômes sont observés dans un champ, on recommande de :
- Commencer les traitements dans tous les champs de céleris de la ferme, que la maladie y soit présente ou non;
- Répéter les traitements tous les 7 jours si l’humidité à l’intérieur du feuillage demeure élevée;
- Circuler le moins possible dans les champs lorsque le feuillage est humide;
- Toujours commencer, lors des opérations culturales (pulvérisation, désherbage, etc.), par les champs sains et terminer par les champs les plus affectés. La machinerie agricole représente la source principale de dissémination de la maladie d’un champ à l’autre.
Anthracnose (Colletotrichum acutatum)
Les cas d’anthracnose sont faibles en Montérégie et n’ont pas nécessité de nouveau traitement. L'avertissement N° 11 du 21 juillet 2016 fournit plus d’information sur cette maladie.
Autres maladies dans le céleri
En Montérégie-Ouest, on rapporte quelques cas de pourriture bactérienne dans le céleri-rave et de sclérotiniose dans le céleri-branche.
DÉSORDRES DANS LES CÉLERIS
En Montérégie, la gerçure du pétiole (carence en bore) et le cœur noir (carence en calcium) sont élevés dans certains champs de céleri-branche, et des champs de céleri-rave sont très affectés par la carence en bore. Ces désordres étant particulièrement favorisés par des températures élevées et un sol sec, des interventions (irrigation, apports foliaires) peuvent être effectuées afin de limiter les dommages. Pour plus de détails sur les symptômes, les causes et la prévention du cœur noir, consultez les pages 4 et 5 de l'avertissement N° 4 du 2 juin 2005. Pour la gerçure du pétiole, consultez les pages 2 et 3 de l’avertissement N° 6 du 12 juin 2008.
CULTURES DE COUVERTURE
Avec le début des récoltes, il est temps de planifier l’implantation des cultures de couvertures. Celles-ci jouent plusieurs rôles importants, dont la protection contre les érosions hydriques et éoliennes, surtout en terre noire. Cette pratique permet aussi d’accumuler les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus par lessivage, dont l’azote, et d’accroître la biodiversité et l’activité biologique du sol. Les cultures de couverture jouent ainsi un rôle dans la gestion des mauvaises herbes et la lutte contre les agents pathogènes du sol.
Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus il y a de choix d’espèces disponibles.
Quelques documents permettent de mieux connaître les espèces végétales à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique :
- Intégration des cultures de couverture en maraîchage de terre noire;
-
Cultures de couverture en productions maraichères;
-
Optimiser les cultures de couverture en production maraichère (p. 13);
-
Guide des cultures de couverture en grandes cultures;
-
Cultures de couverture - Les pratiques agricoles de conservation : Habiter le sol par les racines;
-
Engrais vert (Guide de gestion globale de la ferme maraîchère biologique et diversifiée);
-
Légumes de champ - Agri-Réseau | Documents | Recherche : cultures de couverture.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.