Laitue et chicorée, Avertissement No 14, 6 août 2026


Poursuite des récoltes, plantations en cours en Montérégie. Punaises dans la Capitale-Nationale. Traitements contre les altises, cicadelles et pucerons, surtout Montérégie. Mildiou et tache bactérienne en Montérégie. Peu de maladies de sol. Montaison prématurée. Cultures de couverture.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS 
 

Pour la période du 29 juillet au 4 août, les températures ont été chaudes pour les régions les plus au sud, avec une faible variation autour des normales de saisons. Les régions plus au nord-est ont connu des jours plus frais avant un réchauffement dans la dernière partie de la période. Les températures de nuit sont restées dans ou légèrement au-dessus des moyennes pour la majorité des régions. 

Les nuages et les précipitations ont été plus présents et certaines régions ont reçu des pluies abondantes (voir la carte des précipitations). La pluie est tombée sous forme de fortes averses et parfois d’orages. De la grêle a été rapportée notamment en Montérégie. 

Les travaux au champ ont été ralentis dans plusieurs régions. 

Des dommages de grêle ont été constatés dans la laitue en Montérégie. 

 

AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS 
 
Les récoltes se poursuivent dans toutes les régions avec une qualité variable. 

 
INSECTES
 
Punaises
Dans la Capitale-Nationale, de nouveaux traitements ont été effectués contre les punaises, selon le marché. Aucun traitement n’a été nécessaire en Montérégie ni en Chaudière-Appalaches.

Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant afin de détecter la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures de champs. 
     
Le seuil d’intervention contre les punaises dans les laitues varie selon le type de laitue et le stade phénologique. Notez cependant qu’il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes ou si elles s’attaquent au point de croissance. 
Laitue pommée Moins de 10 feuilles  7 individus pour 30 plants    
Plus de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants 
Laitue romaine et en feuille Moins de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants 
Plus de 10 feuilles  3 individus pour 30 plants 

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Pucerons
La pression des pucerons continue d’augmenter dans toutes les régions. En Montérégie, de nouvelles envolées du puceron de la laitue maintiennent une pression élevée dans les champs malgré les traitements. Jusqu’à trois traitements peuvent être nécessaires par semis. Des traitements sont aussi effectués en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale, selon le marché visé.

Dépistage et prévention
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information, et les pages 10 et 11 ainsi que la Figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec pour faciliter le dépistage.


Autres insectes 
En Montérégie-Ouest, quelques champs doivent encore être traités pour le ver gris. Celui-ci a aussi été observé à l’intérieur des pommes de laitues pommées, mais sans nécessiter de traitement. De nouveaux traitements ont aussi été effectués contre l’altise à tête rouge en Montérégie. L’altise est aussi en augmentation dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, sans nécessiter d’intervention.  

Sur une ferme en Montérégie, l’augmentation de la jaunisse de l’aster et des populations de cicadelle de l’aster a justifié des traitements contre cette dernière, en visant aussi les pucerons. Lorsque la pression des cicadelles et de la jaunisse est élevée, il est important de ne pas attendre l’apparition des symptômes avant d’intervenir, puisqu’il peut s’écouler jusqu’à trois semaines entre l’infection et l’expression des symptômes. La destruction des résidus rapidement après la récolte aide à réduire la propagation de la maladie. 

La stratégie d’intervention contre la cicadelle et la jaunisse de l’aster est présentée à la page 9 de cet avertissement.
 
Image Agri-Réseau

Plant de laitue pommée plus petit, plus jaune et au port plus ouvert que les autres plants, symptôme du phytoplasme de la jaunisse de l'aster
Source : PRISME
 

Image Agri-Réseau

Photo du haut : Coeur de laitue pommée avec jeunes feuilles présentant des nécroses marginales
Photo du bas : Dépôt de latex à l'envers d'une feuille de laitue frisée, symptôme du phytoplasme de la jaunisse de l'aster
Source : PRISME
 
 

MALADIES FOLIAIRES 

 
Mildiou de la laitue (Bremia lactucae)

L’intensité de la maladie est variable en Montérégie, avec une tendance à la hausse grâce aux pluies et aux rosées plus fréquentes. La régie fongicide se poursuit dans plusieurs champs. La maladie n’est pas présente dans les autres régions.

Dépistage : Il faut prendre soin d’inspecter les deux côtés de toutes les feuilles du plant, en portant une attention particulière au feuillage près du sol (sous le plant), car la maladie y est souvent latente. Les principaux symptômes observés sont des taches jaunes délimitées par les nervures sur le dessus de la feuille, accompagnées de sporulation blanche semblable à du sucre en poudre. C’est la présence de cette sporulation blanche qui indique que la maladie est encore active et qui justifie la décision d’intervenir ou non. Les taches séchées ou qui ne sporulent pas ne permettent pas à la maladie de se propager. 

Prévention : Pour retarder la progression du mildiou, il est recommandé de planter les laitues dans le sens inverse des vents dominants afin d’éviter que le vent transporte les spores de mildiou des plantations plus âgées vers les plantations plus jeunes. Des cultivars résistants sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Voir cette fiche technique pour plus d’information. 

Tache bactérienne (Xanthomonas campestris
En Montérégie, la chaleur et la mouillure du feuillage ont favorisé une forte augmentation de la tache bactérienne, causant des pertes importantes dans quelques semis près de la récolte. Des traitements préventifs sont réalisés.
 
Prévention : La propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps.
 
 

MALADIES DE SOL 

 
Les maladies de sol demeurent faibles, outre une présence plus importante d’affaissement pythien dans certains champs à risque en Montérégie. Si l’humidité du sol persiste, les maladies de sol (pythium, sclérotinia, rhizoctonie, moisissure grise) pourraient augmenter, particulièrement si aucun traitement préventif n’a été réalisé. Pour plus d’information, veuillez consulter les fiches techniques relatives à ces maladies à la fin de cet avertissement.

 

GESTION DE LA RÉSISTANCE AUX FONGICIDES 

 
À partir de la saison 2026, le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ (LEDP) met en place un nouveau service spécialisé de détection de la résistance des champignons phytopathogènes aux fongicides reposant sur des bioessais.

Ce service vise à soutenir les producteurs et les conseillers agricoles dans l’adoption de stratégies de phytoprotection plus efficaces, durables et adaptées aux réalités du terrain. 

Les analyses sont actuellement offertes dans la laitue pour le champignon pathogène suivant : pourriture sclérotique (Sclerotinia sclerotiorum).

Si vous soupçonnez un cas de résistance dans vos champs, la première chose à faire est d’en confirmer le diagnostic. Rappelons que vérifier la présence de champignons phytopathogènes résistants aux fongicides de manière à éviter les pulvérisations inutiles, c’est utiliser les pesticides de façon responsable! 


 
DÉSORDRES 

 
La montaison prématurée est rapportée dans toutes les régions. La brûlure de la pointe augmente dans certains champs en Chaudière-Appalaches.

Pour plus de détails sur les symptômes, les causes et la prévention de la brûlure de la pointe, consultez la section « Stratégie d’intervention contre la nécrose marginale (brûlure de la pointe) dans la laitue et le cœur noir dans le céleri » présentée aux pages 4 et 5 de cet avertissement.

 

CULTURES DE COUVERTURE 


Avec le début des récoltes, il est temps de planifier l’implantation des cultures de couvertures. Celles-ci jouent plusieurs rôles importants, dont la protection contre les érosions hydriques et éoliennes, surtout en terre noire. Cette pratique permet aussi d’accumuler les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus par lessivage, dont l’azote, et d’accroître la biodiversité et l’activité biologique du sol. Les cultures de couverture jouent ainsi un rôle dans la gestion des mauvaises herbes et la lutte contre les agents pathogènes du sol. 

Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus il y a de choix d’espèces disponibles.

Quelques documents permettent de mieux connaître les espèces végétales à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique : 
 

  • Intégration des cultures de couverture en maraîchage de terre noire
  • Cultures de couverture en productions maraichères
  • Optimiser les cultures de couverture en production maraichère (p. 13); 
  • Guide des cultures de couverture en grandes cultures
  • Cultures de couverture - Les pratiques agricoles de conservation : Habiter le sol par les racines
  • Engrais vert (Guide de gestion globale de la ferme maraîchère biologique et diversifiée); 
  • Légumes de champ - Agri-Réseau | Documents | Recherche : cultures de couverture. 
 
  • Pucerons
  • Punaise terne et punaise brune
  • Pourriture blanche (affaissement sclérotique)
  • Affaissement pythien ou affaissement sec
  • Pourriture basale (rhizoctone brun)
  • Mildiou de la laitue

  
 

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Laitue et chicorée ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.