Crucifères, Avertissement No 15, 6 août 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Crucifères
La chaleur, l'humidité et les épisodes de pluie ont été favorables au développement des maladies fongiques et bactériennes. Des lésions de tache noire alternariennes sont observées sur des inflorescences de crucifères-fleurs. L'activité des insectes ravageurs est généralement stable. 

 
MALADIES ET DÉSORDRES PHYSIOLOGIQUES

Les conditions de la dernière période ont été généralement chaudes et humides, accompagnées d'épisodes de pluie qui ont favorisé le développement des cultures. Ces conditions ont aussi contribué au développement de plusieurs maladies fongiques et bactériennes. Parmi celles-ci, la tache noire alternarienne (Alternaria brassicicola) poursuit sa progression. Par endroits, les premières lésions ont été observées sur les inflorescences des crucifères-fleurs et sur les pommes des choux de Bruxelles. Les observations réalisées au cours des dernières années ont montré qu'en début d'infection, de petites lésions peuvent apparaître au niveau des pédicelles des crucifères-fleurs, sans nécessairement être visibles en observant la couronne. Il est donc recommandé de surveiller attentivement le développement de la maladie, puisque son évolution peut être rapide sous les conditions actuelles. Une fiche technique sur les taches alternariennes est disponible en ligne.
 
Image Agri-Réseau

Lésions de taches noires (A. brassicicola) sur pédicelles de brocoli
Photo : CIEL



Au sud de la province, les cas de nervation noire sont plus nombreux et semblent progresser dans certains champs. Cette progression est cohérente avec les conditions météorologiques récentes, les épisodes de pluie favorisant la dissémination de cette maladie bactérienne. Pour limiter sa propagation, il importe de respecter les mesures de biosécurité dans les productions végétales lors de toute activité dans des champs ou parties de champs contaminés par cette maladie bactérienne.

On rapporte également davantage de symptômes de pourriture molle bactérienne et de pourriture sclérotique. Comme plusieurs récoltes sont en cours, il convient de rappeler que ces maladies peuvent poursuivre leur développement en entrepôt. Il est particulièrement important de récolter les légumes qui ne présentent pas d'eau libre (ex. : rosée, pluie) afin de limiter les risques de développement de pourriture molle bactérienne. Il importe également de limiter les blessures lors de la récolte et de la manutention, puisqu'elles favorisent le développement de plusieurs maladies en entrepôt.

Les autres maladies des crucifères qui ont été observées jusqu'à maintenant (mildiou, hernie des crucifères, fonte des semis, tache bactérienne) sont stables.

En ce qui a trait aux désordres physiologiques, des cas de montaison prématurée sont rapportés dans les crucifères asiatiques. Par ailleurs, diverses carences, notamment en calcium (brûlure de la pointe), sont encore observées. Toutefois, l'amélioration de l'humidité du sol à la suite des précipitations devrait favoriser l'absorption des éléments nutritifs et contribuer à atténuer les carences liées au déficit hydrique.
 
Si vous observez des symptômes de tache noire alternarienne ou de nervation noire et suspectez une diminution de l'efficacité des fongicides ou des bactéricides, nous pouvons coordonner l'envoi d'échantillons dans le cadre de projets menés par le Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL), en collaboration avec Phytodata et l'Université McGill. Contactez-nous à rapcruciferes@ciel-cvp.ca.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de tache noire alternarienne (A. brassicicola) sur une feuille de chou-fleur

Photo : CIEL

Image Agri-Réseau

Symptômes de nervation noire sur une feuille de chou

Photo : CIEL

  
 
INSECTES RAVAGEURS

 
La pression des larves de fausse-teigne des crucifères et de piéride du chou est généralement sous contrôle et se maintient à des niveaux allant de faible à modéré. Quant à la fausse-arpenteuse du chou, son activité est en hausse particulièrement au sud de la province. 

Les altises (des navets et des crucifères) sont actives et parfois problématiques dans les crucifères cultivées pour leur feuillage, au point de nécessiter une intervention.

L'activité des thrips comme celle des pucerons sont généralement en légère hausse, mais demeurent sous contrôle. Dans les crucifères asiatiques, des dommages de punaise terne (déformation des feuilles au cœur des plants) sont observés.

La pression de la cécidomyie du chou-fleur est variable, avec une intensité élevée dans certains champs, particulièrement dans les secteurs avec un historique de fortes infestations. On rapporte aussi quelques dommages occasionnés par ce ravageur sur les points de croissance.

Enfin, la mouche du chou est active, sans occasionner de dommages notables.

 
 

DESTRUCTION DES RÉSIDUS ET IMPLANTATION DE CULTURES DE COUVERTURE

 
Après la récolte de vos cultures ou l'abandon d'un champ, il est recommandé de déchiqueter et d’enfouir les résidus. Cette opération permet d'empêcher les ravageurs et les maladies de se développer et/ou de compléter leur cycle, ce qui constitue une stratégie efficace pour limiter leur impact sur les crucifères de la saison, mais également sur celles qui seront cultivées dans les années à venir. D'ailleurs, parmi les stratégies préventives de lutte contre la nervation noire, il est recommandé d'enfouir rapidement les résidus de culture pour accélérer leur décomposition.
 
Après la destruction des résidus de culture, il est aussi recommandé de couvrir les sols en semant des cultures de couverture (une seule espèce ou mélange de plusieurs espèces). En plus d'améliorer la santé et la conservation des sols, leur implantation (travail du sol) et leur développement contribuent à la valorisation des éléments fertilisants et à la bonne gestion des ennemis des cultures, notamment en faisant compétition aux mauvaises herbes et en nuisant au cycle de développement de certains ravageurs et de certaines maladies. Il faut toutefois attendre que les conditions de sol et la météo soient idéales pour semer les cultures de couverture afin qu'elles germent rapidement et puissent croître de manière optimale. 

Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus grand est le choix d’espèces qu'il est possible d'utiliser. Voici quelques documents permettant de mieux connaître les cultures de couverture à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique : 
 

  • Cultures de couverture en productions maraîchères
  • Cultures de couverture - Les pratiques agricoles de conservation : Habiter le sol par les racines
  • Engrais vert (Guide de gestion globale de la ferme maraîchère biologique et diversifiée
  • Feuillet - Caravane Santé des sols
  • Intégration des cultures de couverture en maraîchage de terre noire
  • Légumes de champ - Agri-Réseau | Documents | Recherche : cultures de couverture
  • Guide des cultures de couverture en grandes cultures

 

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.




Cet avertissement a été rédigé par Marilou Ratté, agr. (CIEL) et Isabel Lefebvre, M. Sc. (CIEL). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Eve Bérubé, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.