
Baisse de luminosité à venir : prévenir les maladies avant leur apparition. Mildiou des cucurbitacées et mildiou de la pomme de terre : pas encore de cas observés, vigilance pour les prochaines semaines.
BAISSE DE LUMINOSITÉ : PRÉVENIR LES MALADIES AVANT LEUR APPARITION
À partir de la mi-août, la diminution du rayonnement et le raccourcissement des journées modifient progressivement l'équilibre climatique des cultures. Comparativement au début de l'été, les cultures disposent d'une photopériode réduite d'environ deux heures. Le rayonnement disponible, la quantité d’énergie fournie par le soleil par m2, diminue également, souvent de 20 à 25 %, en raison de cette diminution de la photopériode, mais aussi parce que les rayons solaires frappent l’hémisphère nord avec moins d’intensité.
Cette transition ralentit l'assèchement du couvert végétal, prolonge les périodes d'humidité relative élevée et augmente les risques de condensation, particulièrement lors des transitions jour-nuit et des périodes nuageuses successives. Dans ce contexte, les maladies favorisées par l'humidité deviennent plus préoccupantes, notamment le blanc (oïdium) (photo 1), la moisissure grise (Botrytis) (photo 2), la moisissure olive (cladosporiose) (photo 3), ainsi que diverses maladies opportunistes associées au maintien prolongé d'un couvert végétal humide.
La diminution du rayonnement solaire réduit également la consommation d'eau des cultures et raccourcit la période disponible pour le lessivage. Si la stratégie d'irrigation n'est pas ajustée, les substrats ont tendance à demeurer plus humides et moins oxygénés, ce qui peut limiter l'activité racinaire et augmenter les risques de maladies racinaires. De plus, lorsque la charge en fruits devient trop importante par rapport au rayonnement disponible, une perte de vigueur peut s'installer et accentuer les stress subis par la culture. Selon l'état des plants, un ajustement de la charge fruitière peut contribuer à maintenir l'équilibre végétatif-génératif et à préserver un système racinaire actif et fonctionnel.
Les interventions les plus efficaces sont :
- Une déshumidification active : effectuer des pulses de chauffage avec ouverture des ouvrants;
- Un maintien d'un mouvement d'air continu dans le couvert végétal;
- Un effeuillage permettant l’aération et la pénétration de la lumière;
- Une modification de la charge fruitière, en fonction de la vigueur des plants;
- Un ajustement progressif des volumes d'irrigation et de leur fréquence;
- Dans le cas d’une culture en fertigation continue, un réglage de la conductivité électrique de la solution nutritive selon les modifications apportées à la fréquence d’irrigation.
Pour une stratégie de mesures adaptées à votre production, référez-vous à votre conseiller.
Pour plus de détails sur la gestion de l’humidité en serre pour prévenir plusieurs maladies et désordres, nous vous invitons à consulter la fiche gestion d’humidité et maladies reliées.
Concernant le contrôle du Botrytis, vous pouvez vous référer à l’avertissement N° 1 du 16 juin 2025.
À SURVEILLER : MILDIOU DES CURCUBITACÉES (PSEUDOPERONOSPORA CUBENSIS) ET MILDIOU DE LA POMME DE TERRE (PHYTOPHTHORA INFESTANS)
Le mildiou des cucurbitacées et le mildiou de la pomme de terre sont des maladies pouvant fortement endommager respectivement les concombres et les tomates de serre. Les deux maladies sont causées par des champignons différents, mais pour les deux maladies, la principale source d’infection primaire sont les spores qui sont transportés par les vents sur de longues distances.
Aucun signalement au Québec de ces deux maladies, en serre comme en champ, n’a encore été rapporté jusqu’à maintenant. Cependant, il est possible que des symptômes se manifestent dans les prochains jours ou semaines. Une vigilance est donc de mise en posant les bons gestes afin de prévenir la maladie, et en agissant rapidement en cas de détection.
Le mildiou de la pomme de terre est un organisme réglementé par la loi et la découverte d’un cas implique le suivi de certaines obligations. Pour plus de détails, veuillez consulter l’alerte N° 1 du sous-réseau Cultures maraîchères et fruitières en serre du 30 juillet 2025.
Pour en savoir plus sur le mildiou des cucurbitacées, veuillez consulter l’avertissement N° 7 du 18 août 2025.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Jenny Leblanc, agronome et Isabelle Fréchette, agronome (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Cultures maraîchères et fruitières en serre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agronome, M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d’en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.