Cucurbitacées, Avertissement No 14, 26 août 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Cucurbitacées
Absence de mildiou. Cas additionnels de tache plectosporienne dans la courgette. Quelques fruits de courge spaghetti avec pourriture sclérotique. L’anthracnose et la tache alternarienne sont en hausse dans le concombre et le melon. Pucerons en augmentation, tétranyques stables. Dégâts sur fruits de larves du perceur de la courge.

 
CONDITIONS MÉTÉO

Pour la période du 19 au 25 août, les températures ont été généralement dans les normales de saison. Comme pour la période précédente, les précipitations ont été fréquentes, mais les quantités d'eau tombées sont très variables d'un secteur à l'autre. On rapporte également de la grêle en Chaudière-Appalaches, ayant causé des dommages aux cultures. 

Le sommaire agrométéorologique cucurbitacées vous présente le tableau des précipitations et des degrés-jours cumulés pour chacune des régions. 

 
ÉTAT DES CULTURES ET AVANCEMENT DES RÉCOLTES
 
Les récoltes de concombres, de cornichons, de courgettes, de melons brodés et de melons d'eau se poursuivent. La qualité est généralement bonne. 

Les récoltes des courges plus hâtives, comme la spaghetti, la buttercup, la poivrée et la délicata, ont débuté. Les citrouilles grossissent, et d'autres sont déjà colorées. Les champs de courges butternuts sont à des stades plus variables. Certains ont des fruits sur le point d'être récoltés et d'autres sont au stade grossissement des fruits.
 
 
ABSENCE DE MILDIOU AU QUÉBEC
 
Il n’y a toujours pas de mildiou (Pseudoperonospora cubensis) au Québec, ni en Ontario. Par contre, on signale davantage de cas dans les États du Michigan, de l'Ohio et de la Pennsylvanie dans le concombre, selon le site Web IPMPipe website for CDM. 

Afin de minimiser les risques d'apparition de mildiou, détruisez rapidement les champs de concombres et de melons brodés qui ne sont plus en récolte.

 
MALADIES
 
On nous mentionne la présence de nouveaux foyers de tache plectosporienne (Plectosphaerella cucumerina/Plectosporium tabacinum) dans la courgette, en Estrie et en Montérégie. La maladie peut aussi être présente dans la citrouille.

Pour en savoir davantage sur la tache plectosporienne, consulter la fiche technique Tache plectosporienne.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de la tache plectosporienne dans la citrouille, 13 août 2024

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)

 

La pourriture sclérotique (Sclerotinia sclerotiorum) est signalée sur quelques fruits de courge spaghetti en Montérégie. Les sclérotes sont davantage visibles sur la partie du fruit en contact avec le sol. La maladie est plus à risque de se développer lorsque la température se situe entre 20 et 25 °C et que les fruits demeurent mouillés pendant au moins 48 heures (humidité relative élevée ou rosée).
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de pourriture sclérotique sur un fruit de courge spaghetti
On peut observer la présence de sclérotes noirs à la surface du fruit.

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)
 

 

La tache alternarienne est en augmentation dans le melon brodé et le concombre dans plusieurs régions. L'anthracnose (Colletotrichum orbiculare) est aussi en augmentation dans les champs de concombres ayant eu peu ou pas de pulvérisations de fongicides.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes d'anthracnose sur des feuilles de concombre, 24 août 2026

Photo : Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)

 

INSECTES ET TÉTRANYQUES

On nous rapporte la présence de foyers de tétranyques dans le concombre et le melon. Ces foyers sont souvent présents en bordure de champ, où les récoltes sont déjà passablement avancées. Détruisez ces champs dès que les récoltes sont terminées.

On signale également une augmentation de pucerons ailés et de colonies de pucerons dans plusieurs cucurbitacées. À cette période-ci de l'année, il est rare que l'on ait à traiter contre ce ravageur étant donné l'état d'avancement des cultures. Par contre, si les insectes auxiliaires sont trop peu nombreux et que les plants sont en début de récolte, un traitement insecticide est parfois nécessaire pour contrôler ces colonies importantes qui produisent un stress important aux plants et beaucoup de miellat. 

Pour connaître les seuils d'intervention utilisés au Québec, en Ontario ou dans des États américains, consultez le Recueil des seuils d’intervention contre les insectes et les maladies en cultures maraîchères.

Vous pouvez aussi consulter le bulletin d’information N° 2 du 10 juin 2026 pour connaître les insecticides et les acaricides homologués dans les cucurbitacées, en production biologique et conventionnelle.

Des dommages causés par le perceur de la courge (Melittia cucurbitae) sur des fruits de courge spaghetti et de citrouille sont signalés en Estrie.
 
Image Agri-Réseau

Dégât causé par la larve du perceur de la courge à la surface d'un fruit de courge spaghetti

Photo: Isabelle Couture, agr. (MAPAQ)

 

IMPLANTATION DE CULTURES DE COUVERTURE
 

Après la récolte de vos cultures ou l'abandon d'un champ, il est recommandé de déchiqueter et d’enfouir les résidus. Cette opération permet d'empêcher les ravageurs et les maladies de se développer et/ou de compléter leur cycle, constituant ainsi une stratégie efficace pour limiter leur impact sur les cucurbitacées avoisinantes et sur celles qui seront cultivées dans les années à venir. 
 
Après la destruction des résidus de culture, il est aussi recommandé de couvrir les sols en semant des plantes de couverture (culture simple ou mélange de plusieurs espèces de plantes). En plus d'améliorer la santé et la conservation des sols, leur implantation contribue à la valorisation des éléments fertilisants et à la bonne gestion des ennemis des cultures, notamment en compétitionnant avec les mauvaises herbes et en interférant dans le cycle de développement de certains ravageurs et de certaines maladies. Il faut toutefois attendre les bonnes conditions de sol et météorologiques pour semer les cultures de couverture afin qu'elles germent rapidement et puissent croître de manière optimale. Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus grand est le choix d’espèces qu'il est possible d'utiliser.

Référence utile : Cultures de couverture en productions maraîchères

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.


 
Cet avertissement a été rédigé par Isabelle Couture, agr., M. Sc. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Cucurbitacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.