La dernière période a été marquée par du temps frais et humide, avec des rosées prolongées et des averses régulières dans plusieurs régions. Ces conditions ont favorisé la progression des maladies fongiques et bactériennes, notamment la tache noire alternarienne (Alternaria brassicicola) et la pourriture molle bactérienne. Dans les crucifères-fleurs, une augmentation importante des symptômes est observée particulièrement sur les inflorescences, où la présence prolongée d’eau libre pourrait contribuer au développement de ces maladies. Ces symptômes peuvent entraîner des pertes de rendement et, par endroits, le contrôle demeure difficile.
Les longues périodes de mouillure ont été favorables à la propagation des autres maladies bactériennes (nervation noire, tache bactérienne), qui sont en évolution dans plusieurs champs.
Le temps plus frais et humide a été propice aux infections et au développement du mildiou, de la pourriture sclérotique et des maladies racinaires (hernie des crucifères, fonte des semis ainsi que fusariose vasculaire).
Finalement, on rapporte toujours des cas d’asphyxie racinaire dans les zones où les sols sont plus compactés et saturés en eau (baissières, sols lourds et entrées de champ).
Comme des récoltes sont en cours, il convient de rappeler que certaines maladies, telles la pourriture sclérotique, la moisissure grise et la pourriture molle bactérienne, peuvent évoluer en entrepôt. En récoltant les légumes exempts d'eau libre (ex. : rosée, pluie), on limite les risques de développement de pourriture molle bactérienne. Il importe également de limiter les blessures lors de la récolte et de la manutention, puisqu'elles constituent des portes d’entrée pour plusieurs agents pathogènes.
Les populations de larves de fausse-teigne des crucifères et de piéride du chou sont à nouveau sous contrôle. Celle de la fausse-arpenteuse du chou demeure plutôt stable, principalement dans le sud de la province.
L'activité des altises (des navets, des crucifères et à tête rouge) varie d'une région à l'autre. Des interventions sont parfois requises, notamment dans les crucifères cultivées pour leur feuillage lorsque les dommages risquent d’affecter la qualité commercialisable de la récolte.
On rapporte une hausse de l’activité des pucerons, particulièrement dans le rutabaga, où le nombre de colonies augmente et où du miellat est observé par endroits. Dans les champs les plus infestés, une intervention est nécessaire.
Les populations de thrips sont relativement faibles, mais les interventions préventives se poursuivent afin de les contrôler avant qu'ils ne se cachent dans les pommes destinées à l'entreposage.
Dans les crucifères asiatiques, des dommages de punaise terne (déformation des feuilles au cœur des plants) sont toujours observés. Une hausse de l'activité est également signalée dans certains secteurs.
La pression de la cécidomyie du chou-fleur demeure variable et atteint des niveaux élevés dans certains champs, particulièrement dans les secteurs ayant un historique de fortes infestations. Quelques dommages aux points de croissance sont également rapportés. La destruction des résidus postrécole constitue un moyen de contrôle préventif des populations.
DESTRUCTION DES RÉSIDUS ET IMPLANTATION DE CULTURES DE COUVERTURE
Après la récolte de vos cultures ou l'abandon d'un champ, il est recommandé de déchiqueter et d’enfouir les résidus. Cette opération permet d'empêcher les ravageurs et les maladies de se développer et/ou de compléter leur cycle, ce qui constitue une stratégie efficace pour limiter leur impact sur les crucifères de la saison, mais également sur celles qui seront cultivées dans les années à venir. D'ailleurs, parmi les stratégies préventives de lutte contre la nervation noire, il est recommandé d'enfouir rapidement les résidus de culture pour accélérer leur décomposition.
Après la destruction des résidus de culture, il est aussi recommandé de couvrir les sols en semant des cultures de couverture (une seule espèce ou un mélange de plusieurs espèces). En plus d'améliorer la santé et la conservation des sols, leur implantation (travail du sol) et leur développement contribuent à la valorisation des éléments fertilisants et à la bonne gestion des ennemis des cultures, notamment en faisant compétition aux mauvaises herbes et en nuisant au cycle de développement de certains ravageurs et de certaines maladies. Il faut toutefois attendre que les conditions de sol et la météo soient idéales pour semer les cultures de couverture afin qu'elles germent rapidement et puissent croître de manière optimale.
Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus grand est le choix d’espèces qu'il est possible d'utiliser. Voici quelques documents permettant de mieux connaître les cultures de couverture à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique :
- Cultures de couverture en productions maraîchères
- Cultures de couverture - Les pratiques agricoles de conservation : Habiter le sol par les racines
- Engrais vert (Guide de gestion globale de la ferme maraîchère biologique et diversifiée)
- Feuillet - Caravane Santé des sols
- Intégration des cultures de couverture en maraîchage de terre noire
- Légumes de champ - Agri-Réseau | Documents | Recherche : cultures de couverture
- Guide des cultures de couverture en grandes cultures
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Marilou Ratté, agr. et Isabel Lefebvre, M. Sc. (CIEL), et Mélissa Gagnon, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
