Maïs sucré, Avertissement No 8, 27 août 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Maïs sucréVer-gris occidental des haricots : les captures de papillons sont en diminution, des dommages aux champs sont observés. Ver de l’épi : quelques captures de papillons sont survenues sur des sites dans quelques régions, soyez vigilant. Légionnaire d’automne : suite des captures et d’observations de dommages au champ, soyez vigilant. Autres : pyrale du maïs, puceron et rouille par endroits. Tâche goudronneuse à surveiller.
 
 
VER-GRIS OCCIDENTAL DES HARICOTS
 
Les captures de papillons de ver-gris occidental du haricot (VGOH) sont en grande diminution depuis les deux dernières semaines. La présence de larves et de dommages nous est rapportée dans plusieurs régions. Il y a cependant peu de nouvelles masses d’œufs. Des traitements sont réalisés ou sont prévus par endroits. Si un traitement est requis, celui-ci doit être fait après l’émergence de la croix et l’émergence des œufs. Pour connaître les traitements homologués, cliquez ici. Du parasitisme par des trichogrammes dans certaines parcelles est constaté : les œufs matures sont de couleur mauve foncé alors que les œufs parasités deviennent gris foncé et noirs. Lorsque les larves de VGOH sortent des œufs, elles mangent la coquille, ne laissant qu’une tache à la place des œufs. Lorsque les trichogrammes ont émergé des œufs, ces derniers gardent leur coloration grise/noire, mais sont percés (trou d’émergence des trichogrammes). Si le dépistage révèle la présence de masses d’œufs non parasitées ou de larves, il est important d’intervenir pendant que les larves sont petites, après l’émergence de la croix et avant qu’elles n’entrent dans les épis. Référez-vous à la fiche technique Le ver-gris occidental des haricots dans le maïs sucré.


Évolution d’œufs de VGOH sains et parasités
Photos : J. Saguez (CÉROM)




1 : Coccinelle mangeant une masse d’œufs de VGOH partiellement parasitée par des trichogrammes
2 : Masse d’œufs de VGOH avec trichogramme en ponte   3 : Larves de VGOH dans une croix en émergence   4 : Larves de VGOH dans un épi
Photos : Y. Auger, agr. (MAPAQ)

 

VER DE L’ÉPI
 
Dans la dernière semaine, des captures de papillons ont été enregistrées à cinq sites situés dans plusieurs régions. Au cours de l’été, des captures ont été enregistrées dans les régions plus périphériques. En revanche, les captures habituelles plus tardives du début de l’automne semblent débutées dans les régions les plus chaudes. Aucun dommage à la récolte ne nous a été rapporté dans les deux dernières semaines. Des risques de migrations de papillons par le centre des États-Unis ont aussi été présents dans les derniers jours.

Le piégeage des papillons avec un piège à phéromone sur chaque ferme est fortement recommandé dans les champs avec soies fraîches. Le tableau suivant, extrait de la fiche technique Le ver de l’épi du maïs, présente les intervalles de traitements en fonction du nombre de papillons capturés et des températures maximales journalières. La fréquence des pulvérisations est plus élevée par temps chaud, car certains insecticides (ex. : pyréthrinoïdes) se dégradent plus rapidement dans ces conditions. De plus, le développement des larves et du maïs sucré est accéléré avec une augmentation des températures.
 


Larves du ver de l’épi
Photos : Brigitte Duval, agr. (MAPAQ)

 
 
LÉGIONNAIRE D’AUTOMNE
 
Dans les deux dernières semaines, les captures de papillons de la légionnaire d’automne ont été stables. Des foyers de dommages au champ nous sont rapportés et des traitements sont prévus par endroits. Surveillez la présence de larves et de dommages dans toutes les régions. En Ontario, il est recommandé d’intervenir à partir de 15 % de plants infestés (présence de dommages frais ou d’au moins une larve) si les croix ne sont pas encore sorties. Une fois les croix sorties, le seuil économique d’intervention est de 5 % de plants infestés. Pour plus d’information sur ce ravageur, la méthode de dépistage et la stratégie d’intervention, consultez la fiche technique Légionnaire d’automne.
 

Dommages et larve de légionnaire d’automne
Photos : Y. Auger, agr. (MAPAQ)

 
 
AUTRES PROBLÉMATIQUES
 
Pyrale du maïs
Dans les deux dernières semaines, des captures de papillons de pyrale bivoltine ont été enregistrées dans quelques régions. Le nombre de captures demeure toutefois assez faible. De la ponte et de jeunes larves sont observées par endroits. Des interventions supplémentaires sont prévues. Pour plus d’information sur la pyrale du maïs, consultez la fiche technique sur le sujet en cliquant ici.
 

Larves de la pyrale du maïs
Photos : Y. Auger, agr. (MAPAQ)



Pucerons
Des collaborateurs nous rapportent la présence et l’augmentation de pucerons dans plusieurs champs de maïs sucré. De la fumagine sur les plants est aussi constatée en lien avec le miellat produit par les pucerons, mais aussi à cause du mélange de pollen et de pluie collé sur les feuilles. Des ennemis naturels sont aussi rapportés en bon nombre dans les parcelles. Des interventions sont prévues dans quelques semis. Le seuil d’intervention recommandé en Ontario est de 10 % des épis portant plus de 20 pucerons, mais le niveau de tolérance peut être plus élevé selon l’entreprise, surtout lorsque les épis ne sont pas atteints. Maintenez la surveillance des pucerons lors des dépistages au champ. Pour plus d’information, consultez la fiche technique Les pucerons dans le maïs sucré.

Rouille
Des collaborateurs nous rapportent la présence faible et sporadique de symptômes de rouille. Ils semblent en augmentation depuis les derniers jours. Rappelons qu’un traitement fongicide contre la rouille serait utile seulement s’il est fait avant la sortie des panicules. Pour plus d’information, consultez la fiche technique La rouille commune dans le maïs sucré.

Tache goudronneuse
La tache goudronneuse du maïs (Phyllachora maydis) est une nouvelle maladie en émergence au Québec et dans le Nord-Est de l’Amérique du Nord dans les dernières années, principalement dans le maïs de grandes cultures. Un premier cas de la maladie reste à confirmer en 2026 par le laboratoire, mais nous vous invitons à surveiller les champs de maïs pour la présence de cette maladie fongique.  

Les conditions météorologiques favorables à la maladie sont des températures diurnes modérées (16 à 21 °C), une humidité relative supérieure à 75 % et des feuilles qui demeurent humides pendant environ sept heures par jour. Les conditions observées ces jours-ci pourraient donc favoriser son développement dans plusieurs régions.

La tache goudronneuse est une maladie fongique qui réduit la photosynthèse. Elle se caractérise par des taches noires, rondes ou allongées, surélevées et incrustées dans les tissus des feuilles (voir photos ci-dessous). Elles sont également luisantes, d’où l’aspect goudronneux.

Les symptômes sont parfois confondus avec :
 
  • Des excréments d'insectes : ceux-ci se délogent facilement lorsqu'on frotte la feuille après l'avoir humidifiée quelques secondes;
  • La rouille commune : les pustules laissent une trace orangée ou noire sur les doigts et présentent souvent un décollement de l'épiderme autour de la lésion (aspect de volcan);
  • Des taches produites par des champignons saprophytes sur des plants en sénescence : généralement poudreuses et non incrustées dans la feuille.

Les taches causées par la tache goudronneuse ne se délogent pas et ne laissent pas de traces sur les doigts lorsque frottées.

Nous vous invitons à rapporter vos observations au RAP - Maïs sucré (rapmaissucre@mapaq.gouv.qc.ca) en incluant idéalement des photos.

Pour plus d’information, veuillez consulter la fiche technique La tache goudronneuse du maïs.

Champ de maïs atteint de tache goudronneuse, septembre 2024
Photos : B. Duval, agr. (MAPAQ)
 

    
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.
 

 
Cet avertissement a été rédigé par Yves Auger et Brigitte Duval, agronomes (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Maïs sucré ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agronome, M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.