Carotte et céleri, Avertissement No 19, 10 septembre 2026


Les récoltes se poursuivent. Augmentation de la mouche de la carotte. Mouche, punaises et pucerons dans les céleris. Maladies plutôt stables dans la carotte et les céleris. Montaison dans la carotte. Carences et branche brune dans le céleri-branche. Remerciements aux collaborateurs.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS
 

Pour la période du 2 au 8 septembre, les températures ont été fraîches et habituellement dans les normales saisonnières, de jour comme de nuit.  

Les précipitations ont été variables et certaines stations ont reçu plusieurs millimètres en peu de temps. Voir la carte des précipitations. L’humidité relative est restée élevée dans la majorité des régions.

L’ensoleillement a été bon en Montérégie, mais les autres régions ont connu des jours avec un mauvais ensoleillement en début de période.
 

 
AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS

Carottes

Tableau 1 : Stade d’avancement des cultures pour les régions où l’information est disponible

Région Stade d'avancement le plus avancé

Capitale-Nationale

Récolte

Chaudière-Appalaches

Récolte

Lanaudière

Racines de 2 cm de diamètre à récolte 

Montérégie

Cello : récolte
Nantaise : 5 feuilles à récolte

Saguenay–Lac-Saint-Jean

ND

ND : donnée non disponible


Céleris
En Montérégie, les plus petits céleris-branches mesurent 25 cm de hauteur et les raves des plus petits céleris-raves mesurent 8,75 cm de diamètre. Les récoltes se poursuivent dans les champs les plus avancés. Dans la Capitale-Nationale, les rendements sont intéressants dans les céleris-branches en récolte.

 

INSECTES

Mouche de la carotte 
Les résultats du piégeage des adultes de la mouche de la carotte sont présentés au tableau 2. 
 
Hors du réseau de piégeage du RAP, les captures de la deuxième génération de la mouche de la carotte ont fortement augmenté en fin de période en Montérégie-Ouest.
 
Tableau 2 : Captures cumulatives d'adultes de la mouche de la carotte1
Région

24 mai au 20 juin

21 au 27 juin

28 juin au 4 juillet

5 au 11 juillet

12 au 18 juillet 19 au 25 juillet 26 juillet au 1er août 2 au 8 août 9 au 15 août 16 au 22 août 23 au 29 août 30 août au 5 sept.

Total

Lanaudière

31

0

0

0

0 0 0 0 0 0 0 ND

31

Saguenay–Lac-Saint-Jean

6

3

6

0

0 0 0 ND ND 63 2 ND

80

Gaspésie

42

7 2

8

3 9 1 ND 0 9 5 2

88

Îles-de-la-Madeleine

0

0

ND

0

0 0 0 0 ND ND ND ND 0

Bas-Saint-Laurent

18

6

1

1

0 0 0 2 4 3 4 5

43

Capitale-Nationale

0

0 0

0

0 0 0 0 0 0 ND ND 0

Chaudière-Appalaches

0

0

0

0

0 0 0 0 0 0 0 0

0

Estrie

39

0

1

0

0 0 2 17 0 1 0 ND

39

Montérégie

1

0 0

0

0 0 0 0 0 0 0 ND

1

1. Données validées par le LEDP    ND : donnée non disponible


Cet avertissement (pages 2 et 3) fournit davantage d’information sur la stratégie de lutte contre la mouche de la carotte. 


Punaise terne
En Montérégie, la punaise terne (adulte et larve) justifie encore quelques traitements dans le céleri-branche et le céleri-rave. Les insectes sont sous contrôle dans le céleri-branche dans la Capitale-Nationale.
 
Pour dépister les punaises dans le céleri, il est important de bien observer toutes les folioles de chacune des feuilles et tous les pétioles. Les tissus tendres du cœur sont particulièrement attirants pour les larves de punaises, qui peuvent se cacher dans les folioles. Il est donc important d’observer les replis des feuilles du cœur pour y trouver les larves, particulièrement celles des premiers stades larvaires, qui sont plus petites. De plus, les adultes comme les larves peuvent s’échapper du plant lorsqu’ils sont dérangés. Il faut observer le sol autour du plant pour la présence de punaises.
 
  
Seuils d'intervention
Le tableau suivant indique les seuils d’intervention recommandés pour la punaise terne dans le céleri-branche. Cependant, il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes en s’attaquant au point de croissance. Pour le céleri-rave dont le feuillage n’est pas récolté, la tolérance aux dommages de punaises est beaucoup plus élevée.
 

Tableau 3 : Seuils d'intervention en fonction du stade du céleri-branche

Moins de 10 cm 1 individu par plant
De 10 à 45 cm 1 individu par 5 plants 
Plus de 45 cm 1 individu par 10 plants 


Autres insectes dans les céleris
En Montérégie, des traitements ont été effectués contre la mouche de la carotte et les pucerons dans le céleri-rave. Sinon, les populations d'altises, de tétranyques et de vers gris sont tolérables.  

Autres insectes dans la carotte et le panais
On ne rapporte toujours pas d’intervention contre les altises, les cicadelles, les pucerons et les punaises dans la carotte, ni contre les tétranyques dans le panais.

 

MALADIES

Carotte
Tache cercosporéenne (Cercospora carotae), tache alternarienne (Alternaria dauci) et tache bactérienne (Xanthomonas sp.)
La tache cercosporéenne est stable ou en augmentation dans toutes les régions, selon les traitements effectués. L’incidence de la maladie demeure plutôt faible, sauf dans certains champs en Montérégie et dans Lanaudière, particulièrement dans les variétés plus sensibles. La tache alternarienne est peu observée, et des symptômes s’apparentant à ceux de la tache bactérienne sont présents sans être problématiques. Les régies fongicides se poursuivent en Montérégie et dans Lanaudière. 
 
Carottes hâtives vendues en bottes avec le feuillage
Les traitements débutent dès l’apparition des premières taches, étant donné que le marché exige un feuillage parfait.

Carottes hâtives vendues en cellophane (sans feuillage)
Il peut être justifié d’intervenir au besoin selon l’intensité de l’infestation. La plupart du temps, la maladie ne se répand pas suffisamment pour nuire à la croissance de la carotte ou à la récolte.


Autres maladies dans la carotte et le panais
Dans Lanaudière, les foyers affectés par la pourriture molle bactérienne sur les racines sont en augmentation. De la pourriture au collet, ressemblant au rhizoctone commun, est aussi rapportée dans Lanaudière et en Montérégie.

Les cas de jaunisse de l’aster sont en légère augmentation dans Lanaudière et en Montérégie. Dans la Capitale-Nationale, la tache bactérienne est stable dans le panais. Finalement, des symptômes de pourriture sclérotique sont observés sur les feuilles basales des carottes dans certains champs de Lanaudière. 

 
Céleri
En Montérégie, la septoriose et la cercosporose sont stables ou augmentent faiblement dans le céleri-rave. Des traitements préventifs sont effectués afin de limiter ces maladies, ainsi que la pourriture sclérotique. La pourriture bactérienne est élevée, mais stable dans le céleri-branche, et on observe peu de nouveaux cas d'anthracnose.     



DÉSORDRES PHYSIOLOGIQUES


Dans la carotte, une forte incidence de montaison prématurée est observée dans certaines variétés. Plusieurs facteurs de stress peuvent être en cause. 

Dans les céleris, les interventions contre la gerçure du pétiole (carence en bore) et le cœur noir se poursuivent. La branche brune demeure problématique dans certains champs de céleris-branches.

 

CULTURES DE COUVERTURE


Avec l’avancement des récoltes, des champs se libèrent pour l’implantation de cultures de couverture. Celles-ci jouent plusieurs rôles importants, dont la protection contre les érosions hydriques et éoliennes, surtout en terre noire. Cette pratique permet aussi d’accumuler les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus par lessivage, comme l’azote, et d’accroître la biodiversité et l’activité biologique du sol. Les cultures de couverture jouent ainsi un rôle dans la gestion des mauvaises herbes et la lutte contre les agents pathogènes du sol. Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus il y a de choix d’espèces disponibles.
 

  • Intégration des cultures de couverture en maraîchage de terre noire
  • Cultures de couverture en productions maraîchères
  • Optimiser les cultures de couverture en production maraîchère (p. 13)
  • Guide des cultures de couverture en grandes cultures
  • Cultures de couverture - Les pratiques agricoles de conservation : Habiter le sol par les racines
  • Engrais vert (Guide de gestion globale de la ferme maraîchère biologique et diversifiée)
  • Légumes de champ - Agri-Réseau | Documents | Recherche : cultures de couverture
  

À moins que des événements particuliers ne surviennent au cours des prochaines semaines, cet avertissement devrait être le dernier de la saison. Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) repose sur un vaste réseau de conseillers agricoles qui acceptent généreusement de mettre leur expertise au service de la collectivité et de fournir des données. Les principales personnes ayant collaboré cette année au sous-réseau Carotte et céleri sont présentées dans les deux listes qui suivent. La première présente les collaborateurs qui ont fourni des informations en lien avec le dépistage des cultures, tandis que la seconde présente ceux qui ont participé au réseau de piégeage de la mouche de la carotte.

Principaux collaborateurs du sous-réseau Carotte et céleri en 2026 :

Organisme Collaborateurs
Club Agroenvirotech Anne Leblond, technologue professionnelle 
Eve-Marie Cyr
Isabelle Martineau, agronome
Mustapha Kerdjou 
Club Les Productions Écolo-Max François Demers, agronome
DG Agri-Consultants inc. Danielle Gardner, technologue professionnelle 
Mélanie G. Thériault, technologue professionnelle 
Orion Sessou, agronome
Léontine Ndour
Armand Paquin

Groupe multiconseil agricole
Saguenay–Lac-Saint-Jean

Audrey Laroche, technologue professionnelle
Anne-Catherine Guay, technicienne
Mathieu Parent
Audrey Bouchard, agronome
Pr'Eau maraîcher conseil inc. Katy Gaudreault, agronome
Amélie Laporte, technicienne
Karine Mayer, agronome
Kathleen Morin, technicienne
PRISME Carl Dion Laplante, agronome 
Emma Fortin  
Jacinthe Ricard-Piché  
Mireille Morin, agronome  
Roxanne Letendre 
Samuel Tremblay 
Réseau de lutte intégrée Bellechasse Denis Giroux, agronome
Andrée-Anne Rochon, agronome
Réseau de lutte intégrée Orléans Patrice Thibault, agronome
Anne-Marie Lefrançois, agronome
Alexandre Pouliot, agronome
Service Conseil Profiteausol Catherine Beaulieu
Renaud Harvey, agronome
Laurianne Ladouceur, agronome
Sabrine Hrimech
Alexander Campbell, agronome
Emilie-Rose Daoust St-Jean, technicienne 
Sara Lemire, technicienne
Mélanie Lord-Lacasse

Collaborateurs du réseau de piégeage de la mouche de la carotte :
Organisme Collaborateurs
GMA Saguenay–Lac-Saint-Jean, Alma Audrey Laroche, technologue professionnelle
Réseau de lutte intégrée Bellechasse, Québec Denis Giroux, agronome
Andrée-Anne Rochon, agronome
MAPAQ (DRGIM), Caplan Dominique Martin, agronome
Marjolaine Bernier-Leduc, agronome
Club Les Productions Écolo-Max, Saint-Nicolas François Demers, agronome
MAPAQ (DRL), Mont-Laurier Jacques Gagnon, agronome
MAPAQ (DRE), Sherbrooke Geneviève Legault, agronome
Julie Marcoux, technicienne agricole
MAPAQ (DRMLL), L'Assomption Mélissa Gagnon, agronome 
Camille Legault-Coulombe
Léa Bédard
Noémie Yelle 
MAPAQ (DRGIM), Cap-aux-Meules Clovis Beaulieu-Côté, agronome
MAPAQ (DRBSL), Rivière-du-Loup Caroline Bélanger, agronome
Théophile Taminiaux 


Parmi les autres personnes qui collaborent à ce sous-réseau, il est aussi important de mentionner :

  • les producteurs, membres de clubs ou non, qui acceptent généreusement que l’on recueille de l’information sur leur ferme;
  • les conseillers reliés à la vente des produits qui fournissent de l’information utile au sous-réseau;
  • le personnel du Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) (phytopathologie et entomologie) du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), dont l’expertise est essentielle pour l’identification précise des différents problèmes observés dans les cultures;
  • l’équipe du secrétariat du RAP qui révise et publie tous les communiqués de ce sous-réseau avec rapidité et professionnalisme;
  • l’équipe de la Direction territoriale Montérégie qui nous appuie dans notre mandat de diverses façons et particulièrement Caleb Doamba, étudiant en agronomie, qui s'est investi de plusieurs façons dans les mandats de ce sous-réseau. 


Donc, nos plus sincères remerciements à tous!

 

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.