
Tache goudronneuse du maïs : de nouveaux cas confirmés et quoi faire en fin de saison. Nématode à kyste du soya : c'est le bon moment pour le dépister.
TACHE GOUDRONNEUSE DU MAÏS : DE NOUVEAUX CAS CONFIRMÉS ET QUOI FAIRE EN FIN DE SAISON
M.-E. Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
M.-E. Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
Deux nouveaux cas de tache goudronneuse du maïs ont été confirmés cette semaine, dont un dans le Centre-du-Québec (MRC de Drummond) et un en Montérégie-Est (MRC des Maskoutains). Jusqu’à présent, huit cas ont été signalés au RAP Grandes cultures cette année.
La tache goudronneuse du maïs est une maladie fongique qui cause des taches noires à l’aspect goudronneux sur les feuilles et nuit à la photosynthèse. Toutefois, lorsque les symptômes apparaissent tardivement, comme c'est actuellement le cas, la maladie n’entraîne généralement pas d’impact sur le rendement du maïs-grain et ne nécessite pas de traitement fongicide. Cependant, même tard en saison, le dépistage permet de repérer les champs atteints par la maladie et de mieux orienter les stratégies de gestion pour les prochaines années.
Voici de bonnes pratiques pour limiter les risques liés à la tache goudronneuse :
- Outil d’aide : consultez la carte interactive, mise à jour régulièrement, pour connaître les MRC dans lesquelles la tache goudronneuse a été confirmée.
- Dépistage régulier : inspectez vos champs toutes les semaines à partir de la sortie des panicules et jusqu'en fin de saison, particulièrement dans les régions où la maladie a déjà été observée.
- Gestion des résidus : lorsque cela s’intègre aux pratiques de l’entreprise, incorporez les résidus de maïs infectés afin de favoriser leur dégradation et de réduire la quantité d’inoculum pouvant survivre jusqu’à la saison suivante.
- Rotation de cultures : faites une rotation avec des cultures non hôtes de la tâche goudronneuse, soit des cultures autres que le maïs-grain, le maïs ensilage ou le maïs sucré.
- Choix des hybrides : privilégiez des hybrides tolérants à la tache goudronneuse en vous informant auprès de votre semencier.
Si vous observez de la tache goudronneuse, vous pouvez la signaler à rapcerom@cerom.qc.ca en indiquant la municipalité et la date de l’observation, et en joignant quelques photos, si possible. Toute information supplémentaire sur l’importance des symptômes dans le champ peut également être utile. Vous pouvez aussi communiquer avec votre responsable régional du MAPAQ.
Pour plus d’information, consultez la fiche technique La tache goudronneuse du maïs.
NÉMATODE À KYSTE DU SOYA : C'EST LE BON MOMENT POUR LE DÉPISTER
M.-E. Cuerrier1 et B. Duval1
1. Agronome (MAPAQ)
Le nématode à kyste du soya (NKS) représente la plus grande menace pour la culture du soya à l’échelle mondiale. Comme il est impossible à éradiquer et qu’il peut entraîner des pertes de rendement allant jusqu’à 30 % sans produire de symptômes apparents, sa détection est importante. Heureusement, des pratiques agronomiques adaptées permettent de limiter ses effets.
Bien que le NKS soit désormais présent dans toutes les régions productrices de soya, il ne provoque pas toujours de symptômes visibles, même lorsque les populations augmentent. La période idéale pour le dépister est à la maturité du soya ou juste après la récolte, lorsque les densités de kystes sont les plus élevées.
Voici quelques conseils pour l’échantillonnage :
- Dirigez-vous vers des endroits du champ présentant des symptômes du NKS (consultez l’avertissement N° 17 du 24 juillet 2026 à ce sujet).
- Prélevez 25 carottes de sol à l’aide d’une sonde ou d’une tarière, en insérant l’outil obliquement dans la zone racinaire des plants jusqu’à une profondeur de 20 cm.
- Mélangez le tout et prélevez 1 litre de ce mélange de sol et de racines.
- Placez l’échantillon dans un sac de plastique étanche bien identifié au nom de l’entreprise et conservez-le au réfrigérateur et à l’abri de la lumière jusqu’à son envoi au laboratoire.
- Envoyez l’échantillon au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ en joignant le formulaire de demande d’analyse.
- Désinfectez les bottes et les outils à l’eau savonneuse et à l’éthanol avant de quitter le champ.
Si la présence du NKS est confirmée, de bonnes pratiques de gestion peuvent être mises en place dès cet automne pour limiter sa dispersion et réduire les pertes potentielles lors des prochaines saisons de culture :
- Récoltez les champs infestés en dernier.
- Nettoyez en profondeur la machinerie et l’équipement après leur utilisation dans un champ infesté.
- Favorisez le semis direct ou le travail réduit du sol pour éviter d’étendre les zones atteintes.
- Évitez de déplacer de la terre contaminée d’un champ à un autre.
- Appliquez les mesures de biosécurité lors de la présence de visiteurs sur l’entreprise.
D’autres moyens peuvent être mis en œuvre au printemps suivant. La rotation des cultures avec des cultures non hôtes, comme le maïs ou le blé, et l’utilisation de cultivars résistants contribuent à limiter les populations de NKS.
Pour en savoir plus
- Fiche technique Le nématode à kyste du soya
- Webinaire Le nématode à kyste : un ennemi silencieux causant des pertes bien réelles (12 juin 2026, durée : 2 h 04)
- Trousse d’information La biosécurité dans le secteur des grains
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Edith Cuerrier, agr. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
