Crucifères, Avertissement No 5, 15 juin 2017

Réseau d'avertissements phytosanitaires, RAP, réseau Crucifères, avertissement

Le mildiou a fait sa première apparition de la saison dans Lanaudière. À surveiller : les captures de cécidomyie du chou-fleur dans vos pièges à phéromone, les chenilles défoliatrices et les altises.
 
 
 
PREMIÈRE OBSERVATION DE MILDIOU SUR DES RUTABAGAS DANS LANAUDIÈRE
 
 
Du mildiou sur des rutabagas dans Lanaudière a été vu pour la première fois cette saison. Pour l’instant, la maladie n’est présente que sur de vieilles feuilles et ne nécessite pas d’intervention. Le mildiou qui attaque les crucifères est causé par le champignon Peronospora parasitica (ou Hyaloperonospora parasitica) qui doit rester en association avec la plante durant tout son cycle vital afin de croître et de se multiplier (parasite obligatoire). Ce champignon produit plus d’une génération au cours de la saison de production. La multiplication et les dommages qu’il cause peuvent rapidement augmenter si les conditions sont propices à son développement, c’est-à-dire lorsque le temps est frais (entre 15 et 20 °C) et humide. En fait, l’abondance et la présence répétée d’eau ainsi que le niveau d’humidité (humidité relative, pluie, rosée) sont les principaux facteurs influençant le développement et la présence du mildiou. Dans ces conditions, les spores germeront et produiront un mycélium qui pénétrera à l’intérieur de la plante. Les premiers symptômes foliaires sont des taches jaunes de formes irrégulières visibles sur les surfaces supérieures des cotylédons ou des jeunes feuilles. Les parties aériennes de la plante, soit les feuilles, les tiges et les parties commercialisables (ex. : pomme de chou et inflorescence) constituent les parties de la plante pouvant être affectées par le mildiou. Par  temps  frais  et  humide, on  peut également apercevoir la présence d’une croissance mycélienne en plaques et d’un duvet blanchâtre sur la surface inférieure des feuilles. Si les conditions demeurent optimales, la maladie  progressera et les zones attaquées sur les parties aériennes de la plante s’agrandiront et deviendront parcheminées et ocre. La maladie peut aussi se développer dans des conditions climatiques qui ne sont pas optimales, mais son développement sera moins rapide. La liste des produits homologués contre le mildiou dans les crucifères est disponible dans le bulletin d’information N° 2 du 10 mai 2017.
 
 
CAPTURES DE LA CÉCIDOMYIE DU CHOU-FLEUR EN HAUSSE DANS CERTAINES RÉGIONS
 
 
Les captures de la cécidomyie du chou-fleur dans les pièges à phéromone sont en hausse dans quelques régions. Consultez le tableau qui suit pour connaître les niveaux d’infestation dans votre région. Toutefois, la répartition de l’insecte étant très aléatoire, il est recommandé d’installer des pièges dans tous vos champs de crucifères afin d’intervenir au moment approprié, soit lorsque l’insecte est présent.

 
RÉSEAU DE PIÉGEAGE DE LA CÉCIDOMYIE DU CHOU-FLEUR 2017 – DONNÉES PAR RÉGION

 
* Le piégeage n’est pas commencé dans ces régions.


Actuellement, le seuil d’intervention dans les cultures maraîchères au Québec est atteint aussitôt qu’il y a présence de l’insecte dans les pièges à phéromone. Des essais réalisés au Québec ont démontré que des dommages importants pouvaient être causés par la cécidomyie du chou-fleur au-delà de ce seuil si les crucifères ne sont pas protégées par des traitements. Nous vous rappelons que le relevé des pièges doit être effectué au minimum 2 fois par semaine afin d’appliquer le traitement au bon moment, ce qui permet d’obtenir un meilleur contrôle de l’insecte.
 
 
AUTRES RAVAGEURS
 
 
La ponte de la mouche du chou a beaucoup diminué dans l’ensemble des régions, mais des traitements sont encore nécessaires par endroits afin de contrôler les asticots (larves) qui ont survécu au premier traitement. De plus, dans les crucifères à racine tubéreuse telles que le radis asiatique (daïkon), le contrôle des asticots demeure difficile, causant d’importantes pertes de rendement. Également, les mouches des semis (Delia platura et/ou Delia florilega) demeurent très actives, notamment dans les crucifères asiatiques comme le chou chinois, où des asticots continuent de causer des dégâts dans le feuillage. Ce problème a été rapporté dans les régions de la Capitale-Nationale, de Lanaudière et de la Montérégie. Ces larves s’alimentent de matière organique en décomposition, mais aussi de cotylédons, de tiges et des systèmes racinaires des plantes.
 
Dans les régions à proximité de Montréal, il semble que l’activité des altises demeure relativement faible, mais le temps plus chaud pourrait les faire s’activer. D’ailleurs, leur activité s’est intensifiée dans les régions plus à l’est telles que Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et Saguenay–Lac-Saint-Jean.
 
Comme c’est le cas depuis quelques semaines, malgré que les papillons de la piéride du chou se montrent discrets, quelques œufs ont été vus dans la plupart des régions où dépistent nos collaborateurs. De plus, quelques dommages causés par des chenilles de fausse-teigne des crucifères ont été observés près du cœur des jeunes plants, principalement dans les régions à proximité de Montréal. Toutefois, aucun avis de de traitement n’a été rapporté.
 
 
Oeufs de piéride du chou
Photo : Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ
Larve de fausse-teigne des crucifères (Plutella xylostella)
Photo : MAPAQ
 
 

Cet avertissement a été rédigé par Isabel Lefebvre, M. Sc., professionnelle de recherche et Mélissa Gagnon, agronome. Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
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